DD said:
Prend pas tes désirs pour la réalité.

Il y a différence objective, c'est simplement qu'il n'y a pas lieu de parler de "gravité", terme obscene pour comparer des régimes criminels.
Ces différences objectives sont mineures quand on regarde les éléments dominants de la structure. C'est en cela qu'il n'y a "pas de différences". Regarde le bolchevisme de 1917-19 et le stalinisme, où sont les différences notables, objectives ? Pourtant, l'un est qualifié de totalitarisme et l'autre d'autoritarisme.
Démiurge Déicid said:
Je ne détourne rien (ou en tous cas ne le fais pas expres, excuse moi.) Je voulais simplement montrer qu'apeller au génocide pour tout et rien galvaude la puissance du terme.
Je n'appelle pas à appeller "génocide" tout et n'importe quoi, nuance. Je parlais de détourner, car la discussion du "cas palestinien" est restreinte (
et pour l'instant interdite, les enfilades ad hoc étant momentanément fermées pour cause de vacances modérales).
DD said:
Pas d'accord. Dire que ce sont des exceptions ou des monstres n'a rien à voir avec l'absence de risque que cela recommence. Encore une fois, j'ai bien postulé précedemment la monstruosité en puissance de tout à chacun.
J'ai bien compris ce que tu disais, je suis juste ne désaccord avec les conséquences qu'implique une diabolisation des ces "monstres/exceptions".
DD said:
Ce ne sont pas les conclusions de Milgram qui travaille sur l'obéissance. C'est vers cela que ces expériences sont tournées. Encore une fois, je n'ai jamais dit que le monstre était rare et unique.
Les conclusions de Milgram concernent autant les "verrous sociaux" que l'obéissance. Cela participe de processus mentaux liés. L'un des facteurs-clés exposés par Milgram était justement l'impunité : beaucoup de ses sujets passaient à l'acte non pas lorsqu'il utilisait l'argument d'autorité, mais bien lorsqu'il leur disait qu'ils ne risquaient aucune sanction. Si la grande majorité du public n'a retenu que l'obéissance, le petit domaine de la criminologie a bien vu les corollaires au niveau de l'impunité. Eh, çà fait plus d'un siècle que l'impunité est vue par diverses branches de la crimino comme étant un facteur pousse-au-crime.
DD said:
Je ne te suis plus... Je ne vois pas le rapport.
Regarde les dictatures actuelles ? On ne peut pas dire qu'elles respectent les droits de l'homme. Pourtant, aucune n'est à ce point forte et stable qu'elle puisse vraiment se permettre des atrocités, soumises qu'elles sont au risque d'une réaction internationale ou interne en cas d'excès.
Regarde la dictature la plus forte, la Chine : c'est probablement l'un des, si pas le, pays le moins regardant sur les DH.
DD said:
Plus dehors que dedans. C'est facile d'apposer l'étiquette de psychopathe. C'est stalinien d'ailleurs

(Je plaisante

Juste une petite pique

)
Oh non, c'est loin d'être facile, détrompes-toi. Il y a quantité de méthodes utilisées pour déterminer si un individu est un psychopathe ou pas, et encore plus de méthodes utilisables. Et il y a également de nombreuses et diverses formes.
Mais tu as bien raison sur un point : il y en a beaucoup plus en dehors que dedans. Même beaucoup plus de psychopathes "refoulés", qui n'ont pas encore franchi le pas, parce qu'ils n'en n'ont pas encore eu l'occasion (
ou que le contrôle social a été suffisamment strict que pour les réguler).
DD said:
Pas d'accord. Il n'est pas obligé qu'il y ait un ou des leaders, comme celui ci peut etre faconné (de lui même ou par autrui, par meme la foule parfois) pour l'être. Ces leaders sont d'ailleurs souvent à la base plus cultivés, riches ou imposants que la moyenne de la foule.
Tu te trompes. Il y a plus de chances qu'un individu plus charismatique, cultivé, riche et/ou imposant que le reste de la foule soit le leader, mais pas beaucoup plus. Et une foule a toujours besoin d'un "élément déclencheur". Une foule est à la base apathique,
conformiste. Si personne ne bouge, elle ne bougera pas, elle restera inerte. Mais dès que quelqu'un bouge, toute la foule suivra, que ce soit dans un mouvement de panique ou une crise de violence.
Cet "élément déclencheur" n'a pas besoin de prendre le "commandement" réel de la foule ; au contraire, l'individu charismatique/cultivé/riche/imposant dont tu parles a plus de chances que n'importe qui de devenir ce leader "déclaré". Mais le vrai leader, au sens de celui qui a montré le chemin, est tout aussi souvent un simple membre de la foule.
Je n'ai sans doute pas été assez clair : j'ai utilisé leader dans le sens "élément déclencheur", tu l'as compris dans le sens de "chef". Le premier est absolument nécessaire, le second est optionnel.
DD said:
Vrai. Et ? Dans les cas des Staline, Mussolini et autre Hitler, il n'y avait plus de foule.
Si. Des millions. Tout leur pays, ou en tout cas ceux qui les suivaient. Ne te méprends pas sur le terme utilisé, j'ai utilisé foule parce que "groupe" n'est pas aussi explicite, et parce que ces théories ont été élaborées au sujet des émeutes, manifestations et autres démonstrations où il y a de vraies foules. Mais la théorie est plus générale que çà.
DD said:
Le paralelle me dérange. Staline a hérité d'un pays en phase dictatoriale ou même pour certains proto totalitaire. Hitler a monté de toutes pieces un régime fait pour être totalitaire. Staline a été un bon élément du modèle avant de transcender le système quand Hitler l'a crée de toutes pièces. HItler a crée la machine quand Staline l'a huilé et customisé. Ils n'ont été conforté, à mon sens, que par eux-même, grisés par leur puissance, leur autorité : leur mégalomanie et leur paranoia. Voilà le lien que je reconnais : le culte du Je et l'autorité. La foule ne les a pas fait, ne les controlait pas, ils ont utilisé la foule... Ils ne sont pas les seuls, mais pour moi, la foule n'est pas à l'origine du phénomène.
Et pourtant...
A mon avis, c'est parce que tu réfléchis en pensant à "foule" en tant que "masse rassemblée physiquement à un endroit", et pas dans son acception plus générale (
que j'utilise peut être abusivement, mais c'est ainsi que je l'ai appris).
DD said:
Mais elle l'a permise ; et pire encore : chaque individu l'a permis, et c'est précisément la quintessence du régime totalitaire.
C'est la quintessence du "comportement de foule". Ce n'est pas propre au "totalitarisme". Je ne crois pas que quiconque ait été jusqu'à dire que
tout individu placé dans la même situation qu'Adolf ou Iosef aurait agi de la même manière (
et encore, je crois que çà a été dit du côté de certains psychologues/sociologues), mais en tout cas il a été dit que la majorité des individus, placés dans la même situation, pourraient faire la même chose.
DD said:
Nous ne sommes pas d'accord, et je ne vais pas répeter ce que je viens d'essayer maladroitement de théoriser, d'expliquer... :s
"Ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement, et les mots pour le dire viennent naturellement."
DD said:
Autre débat encore interessant à tenir mais l'explication par le groupe ne me satisfait pas. Ce qui est permis ou effectué l'est avant tout par les individus,(1) et s'explique par eux même(2).
1) oui
2) non, l'appartenance au groupe est un élément de l'explication. Pas le seul, c'est un fait, mais pas des moindres non plus. Et c'est l'élément prépondérant en cas d'infraction commise en groupe.
DD said:
Science de l'étude des peines appliquées aux criminels (
sens large). En ce compris l'étude des prisons, de la répression et de la prévention des infractions, l'étude des délinquants eux-même, etc. Certains ont même analysé les punitions dans un cadre autre que légal/pénitentiaire (
punitions au travail ou dans la famille).
DD said:
PPS : Tu veux pas avouer que j'ai raison ? Je passe un temps fou sur le net avec ce thread

Mais j'avoue que tu m'aide bien
Je peux pas avouer quelque chose que je sais être erroné.
