1-Duplessis pouvait certes brandir le drapeau québécois, mais c'était pour des fins politiques. Je l'ai cotoyé pendant un an et demi en reconstituant les débats parlementaires de la session 1953-1954 et c'est évident que l'autonomie et le communisme étaient pour lui, avant tout, des chevaux de bataille plutôt que des fondements idéologiques. Il était nationaliste, forcément, mais pas plus que Taschereau ou Gouin avant lui.
2-Le nationalisme québécois est né dans les années 1950? Si tu te réfères au sens moderne de l'expression, c'est-à-dire un nationalisme centré sur un État-nation, il faut plutôt attendre les années 1960 pour le voir s'affirmer, bien que les germes aient été semés à la fin des années 1950 (Alliance laurentienne). Cependant, avec le début des années 1920, le modèle du nationalisme canadien, véhiculé par Henri Bourassa et Wilfrid Laurier, pour ne nommer que ceux là, est un échec. L'abbé Groulx devient à ce moment le nouveau leader nationaliste, prônant un repli sur le Québec. On s'intéresse alors aux excès de l'industrialisation, urbanisation, américanisation au Québec. En ce sens, je dirais que le nationalisme québécois a vraiment pris racine aux lendemains de la Première Guerre mondiale. Il a fallu le coup de barre des années 1960 pour que ce nationalisme se politise davantage.
Si tu te réfères au nationalisme en général au Québec, là tu te trompes car le nationalisme canadien-français est apparu au 19e siècle.