Port militaire de Santos, 04h51 le 15 Août
Le port débordait d’activité, des marins tout de blancs vêtus chargeaient d’énormes caisses tandis que des officiers supervisaient l’arrivée de véhicules chargés par des grues dans les navires. Plus loin sur des rampes en métal des centaines et des centaines de soldats s’embarquaient leurs bardars sur le dos, le casque à la main, le fusil à l’épaule.
Cependant malgré toute cette agitation, toute cette vie, le port semblait désespérément calme, pâle, mort.
Un silence pesant régnait entrecoupé par les grincements des vieilles grues de marques allemandes.
Au loin on entendait la sirène du phare et les grondements du tonnerre, les hommes accélèrent la cadence. Des marins couraient dans tout les sens afin d’éviter d’oublier quelque chose.
Dans une des cabanes en taule du port, le Colonel Eochaid recevait ses ordres du Général Rays, ce dernier sortît finalement par le petit escalier fragile de bois laissant le Colonel seul dans ce bureau exigu entouré de cartes et de feuilles de journaux déchirés.
Boultano entra à ce moment là dans un bel uniforme bleu horizon.
"Comment vous me trouvez ? "
Eochaid leva la tête difficilement, il fit mine de sourire au journaliste mais il n’en avait même pas le courage.
"Qu’est ce qu’il y a mon brave ? Vous ne me semblez pas dans votre assiette, c’est pas un petit exercice de nuit qui va vous mettre dans cet état "
Eochaid soupira lentement, puis se remit droit, cambrant ces épaules et s’avançant face à boultano
"Soldat Boultano, si je vous est sorti des griffes de la censure ce n’est pas pour que vous plaisantiez à nouveau, j’ai reçu l’ordre formel de vous surveiller et vous avez mon ordre formel de vous tenir juste à relater objectivement les faits de cette opération. Et je n’aime pas vraiment ses familiarités, ne me prenez pas pour un imbécile, vous savez que ce n’est pas un jeu et je n’ai pas envie de rire"
Eochaid se dirigea vers la petite porte, il se retourna :
" Je vous attends à votre cabine dans dix minutes et vous avez intérêt à vous tenir tranquille "
Boultano haussa les épaules et laissa filer un rire innocent. Le colonel disparut derrière les marches
"De toute façon je n’ai pas bien le choix mon bon colonel, je préfère encore l’odeur des balles a celle des produits qu’on vous fait ingurgiter par le bas dans une salle crasseuse et mal éclairée. La vie n’a pas vraiment de sens pas vrai ? Et puis j’ai toujours voulu mourir en héros, l’occasion était trop belle… Vraiment trop. J’vais pas non plus vous laisser là mon colonel, vous allez avoir besoin de moi…"
Un instant
"Pero, zut, il faut que je lui écrives, il faut qu’il sache "