Splendeurs et détresses du royaume anglo-angevin…
En 1156, rien ne semble en mesure d’empêcher l’hégémonie du Plantagenêt : le Roi de France, suzerain théorique des fiefs continentaux d’Henri, a beau réussir à lui soutirer l’hommage lige, ce n’est pas son alliance avec le Comte de Blois-Champagne et avec le Duc de Bourgogne qui peuvent contrebalancer la nouvelle organisation. Henri II semble donc totalement libre de ses mouvements…
Côté face : l’impérialisme du Plantagenêt
Henri II, flanqué de son fidèle Thomas Beckett qu’il nomme chancelier dès son accession au trône, va développer pendant la première partie de son règne une politique agressive contre ses voisins.
_ En 1159, il profite de quelques droits obscurs que lui confère le titre ducal d’Aquitaine pour réclamer l’hommage du Comte de Toulouse. Celui-ci, affolé, appelle à l’aide Louis VII qui, visiblement, préfère rester terré dans son petit domaine royal plutôt que de risquer une guerre aventureuse. Raymond de Toulouse entre dans ainsi, contraint et forcé, dans la mesnie du Plantagenêt.
C’est juste pour le soleil, hé...
_ En 1166, le Duc de Bretagne Konan IV, ancien compagnon de Henri, doit abdiquer sous la pression de son vieil ami de trente ans… Il laisse son duché à sa fille Constance, mariée à Geoffroy, fils de Henri, qui ont respectivement 5 et 8 ans. Autant dire que, après l’Aquitaine et Toulouse, c’est une nouvelle principauté qui bascule dans l’orbite du Plantagenêt.
Là, c’est si je veux voir la mer...
_ En 1170, une falsification d’une ancienne bulle papale pousse Henri II à se mêler à l’imbroglio irlandais, et à réclamer la souveraineté sur toute l’île. Avant que quiconque ait pu réagir, près de 15000 chevaliers et gens d’armes anglais et français débarquaient dans l’île, et écrasaient les uns après les autres les roitelets insulaires. En une campagne, tout était terminé, et tandis que la moitié sud de l’Irlande était redistribué à divers seigneurs fidèles, la moitié nord était mise sous protectorat.
Mais avant de penser vacances, le plein de Guiness…
La puissance du Plantagenêt faisait frémir à Paris et à Toulouse, dans les montagnes d’Ecosse ou dans les prairies d’Irlande. Mais cette force apparente cachait en réalité bien des faiblesses…
Côté pile : des troubles intérieurs dévastateurs
Redouté et respecté chez ses voisins, le Plantagenêt fit face, dans son propre royaume, à des oppositions aussi surprenantes que virulentes.
_ La plus terrible fut le grand soulèvement de 1161, qui portait la signature de la reine Aliénor elle-même. Peu encline à voir son duché de plus en plus étroitement contrôlé par les angevins, celle-ci réussit à provoquer une levée impressionnante des barons anglais, qui semblèrent un temps en mesure de briser l’autorité d’Henri sur l’île. Ce n’est qu’au prix de terribles combats, pendant près de dix ans, que l’Angleterre sera définitivement pacifiée. Aliénor, sentant le vent venir, avait déjà préféré se retirer à sa cours de Poitiers pour éviter toutes représailles.
Oh la sal*** … la sal***…
_ Ceci ne l’a pas empêchée de nuire : profitant de la fin nominale de la grande alliance plantagenêt, Aliénor incita ses barons gascons à se jeter à l’attaque du comté de Toulouse. Furieux de ce nouvel affront, Henri ne put que compter les points, soulagé cependant que la crise s’achève sur une restauration, intacte, de son système…
_ Plus insidieusement, il y eut aussi le retournement de Thomas Beckett. Installé comme Archevêque de Canterbury par le roi en personne, voilà que le fidèle décide de remplir son rôle et de défendre la cause de l’Eglise et du Pape ! Ce scandale incroyable s’achèvera par l’assassinat de l’Archevêque par quelques fidèles d’Henri, mais ce n’est pas ce genre de geste qui allait ramener la sérénité dans un royaume par trop agité.
Moi quand on m’en fait trop, j’correctionne plus, j’dynamite, j’diperse, j’ventile...
En 1174, alors que les temps semblent enfin s’éclaircir, et pour soulager sa conscience chargée, Henri accepte de faire pénitence pour ses injustices, et passe une nuit entière à prier dans le tombeau d’un saint récemment canonisé par le Pape : St-Thomas Beckett…
Le royaume plantagenêt est exsangue après tant de troubles et de conflits extérieurs, mais tous pouvaient imaginer que le pire était passé… Erreur…
Toujours là, le Louis ? T’inquiète, j’arrive…
à suivre…