Voila, je ne savais pas trop ou poster cet article, alors je me suis dit qu'ici, ca attirerait surement Oexmelin. 
Une belle histoire pour le forum Histoire, en tout cas.
J'ai toujours été fasciné par les voyages d'explorations, en particulier de la marine a voile. Et vous ?
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3238,36-373800,0.html
"La Boudeuse" vogue vers les peuples des eaux
LE MONDE | 27.07.04 | 13h31
Pendant vingt-quatre mois, ce trois-mâts va parcourir les océans et les mers de la planète, à la manière de Bougainville.
Calvi (Corse) de notre envoyé spécial
Ouf ! Finis les palabres officielles et les ronds dans l'eau pour touristes éphémères. En route pour une nouvelle aventure de 60 000 km autour du monde ! Douze escales prévues aux Amériques, en Asie, en Océanie, en Afrique. La Boudeuse, nouvelle version, toutes voiles dehors, devait lever l'ancre mardi 27 juillet dans la soirée de son port d'attache corse pour un nouveau périple de vingt-quatre mois "à traverser cinq océans et sept mers" .
Mission assignée au trois-mâts par son infatigable capitaine aventurier Patrice Franceschi : redécouvrir les "derniers peuples de l'eau". Vivre et souffrir pendant des mois avec certains d'entre eux, "difficiles d'accès ou en voie d'extinction culturelle". Etudier leur environnement, les observer et répertorier leurs us et coutumes dans cet esprit des Lumières qui caractérisait déjà le fameux Voyage autour du monde du grand ancien, Louis Antoine de Bougainville, capitaine de La Boudeuse des origines en 1766, découvreur de la "Nouvelle Cythère" (Tahiti) pour le roi de France et premier marin français à boucler un tour complet de la planète.
Pour réussir son voyage, Bougainville avait deux navires, 314 marins et 46 canons à sa disposition. Franceschi se contentera d'un capitaine en second, d'un médecin de bord, d'un mécano et d'une quinzaine de gabiers permanents qui ont presque tous accompli l'aventure précédente dans les îles oubliées de l'Insulinde entre 1999 et 2001.
A ces hommes et femmes rompus à la manœuvre et à l'aventure s'ajouteront, pour des périodes variables de un à six mois, une douzaine d'invités divers, scientifiques, botanistes, ethnologues, écrivains et jeunes gens motivés, sélectionnés sur concours pédagogiques dans toutes les régions de France qui ont accepté de soutenir l'expédition.
L'Unesco, dont le pavillon flotte au grand mât de La Boudeuse sous la fameuse tête de Maure de l'emblème corse cher au cœur du capitaine Franceschi, a accepté de parrainer l'expédition dans le cadre de son programme "jeunesse internationale" pour que ces petits groupes de 4 ou 5 jeunes, parfois handicapés ou en difficulté, qui se succéderont à bord tous les mois, soient en quelque sorte les ambassadeurs des jeunes Français auprès de leurs homologues oubliés de ces lointaines contrées.
"Je reçois une dizaine de candidatures à l'embarquement chaque jour", se félicite Franceschi. Mais, pour la première étape qui le conduit en Amazonie colombienne à la recherche des derniers des Yuhup, un petit clan nomade des Macuje déjà rencontrés par le capitaine aventurier lors d'une ancienne expédition, le navire est déjà plein comme un œuf.
Vingt-huit personnes dont un auteur, Gérard Chaliand, qui sera chargé d'écrire le premier des douze livres qui seront consacrés à l'expédition sous la houlette d'Encyclopædia Universalis, partenaire du périple. Laure Adler, Jean-Claude Guillebaud, Jean-Marie Gustave Le Clézio, Edwy Plenel, directeur de la rédaction du Monde, Antonio Tabucchi, et quelques autres suivront.
Il n'y aura pas de privilégiés sur La Boudeuse, prévient Franceschi. Tous les passagers, "sans exception", martèle en souriant le maître de bord, devront mettre la main à la pâte, laver les ponts, éplucher les légumes, accepter les quarts et les corvées. Et que ça saute, moussaillon !
Pour Franceschi, on ne s'en va pas chercher l'universalité au bout du monde et tenter d'améliorer le très fragile "dialogue des cultures" sans essayer de s'améliorer un peu soi-même au passage à l'intérieur de "ce fabuleux laboratoire de relations humaines"qu'est un trois-mâts de 42 mètres de long sur un peu plus de 6 de large.
Attention aux incompatibilités d'humeur, aux ego surdimensionnés et aux sales caractères. "La discipline de bord, rappelle le capitaine, est capitale." Pour permettre au navire de fonctionner, bien sûr, mais aussi aux personnels de vivre en toute sécurité et aux missions d'être remplies.
"Lors de la précédente expédition, se souvient Franceschi, j'ai dû débarquer d'autorité quatre ou cinq lieutenants qui semaient la zizanie ou ne respectaient pas les règles d'or de solidarité qui doivent présider à la vie en communauté." C'était à bord de La Boudeuse moderne, première version, qui gît aujourd'hui par 4 000 mètres de fond au large de Malte. Cette jonque chinoise de haute mer était équipée d'une électronique de pointe, ce qui pourtant ne l'empêcha pas de couler à pic (sans pertes humaines) en mars 2001, au retour de l'expédition asiatique intitulée "L'esprit de Bougainville".
La Boudeuse numéro deux, qui prend aujourd'hui le large, était naguère un navire-école de la marine suédoise, construit en 1916 dans des chantiers hollandais. Sa coque est en acier, son poids de 217 tonnes, son tirant d'eau faible, à 2,70 mètres, et il est doté d'un gréement mixte qui lui permet de naviguer partout, de la haute mer aux grands fleuves comme l'Amazone.
Une année de travaux de réaménagement et de rééquipement, avec démâtage des trois vergues du mât de misaine, des mâts de flèche du grand mât et de l'artimon sur les chantiers de Camaret, grâce au soutien de l'Arsenal de Brest et de la marine nationale, ont été nécessaires à l'adaptation du voilier en navire d'exploration, armé pour les expéditions les plus lointaines.
La coque et les structures ont été renforcées, les capacités de stockage considérablement agrandies, les outils de navigation et de communication complètement modernisés. Il y a trois ordinateurs à bord et deux systèmes de communication par satellite. "Le bateau est désormais une véritable caisse à outils, qui devrait nous permettre d'être autonomes pendant deux ans", se réjouit le capitaine.
Les cabines de deux, trois ou quatre personnes sont petites, leur confort rudimentaire, mais elles sont vivables. La cuisine possède tous les équipements modernes, le carré détente est agréable et doté d'une petite bibliothèque de quelques centaines d'ouvrages.
Belle, racée et majestueuse comme les voiliers d'antan, la nef a cependant conservé tout le profil d'une "frégate de corsaire du XIXe", se félicite Franceschi.
C'est dans Le Monde 2 que Patrice Franceschi, pour qui l'écriture a toujours été consubstantielle à l'aventure, publiera, une fois par mois, à partir d'octobre, son journal de bord. Ecrivain, président de la Société française des explorateurs, et à l'occasion cinéaste, le capitaine de La Boudeuse, qui a fait installer à bord une salle de montage complète, a également prévu de fournir douze documentaires de 52 minutes, un pour chacun des douze "grands travaux" assignés à l'expédition, à la chaîne France 5 qui est aussi partenaire de l'aventure. Bon vent, La Boudeuse !
Patrice Claude
De l'Amazonie à la Mauritanie
Amazonie.
A la recherche des derniers Yuhup, une tribu d'Indiens nomades de la jungle colombienne.
Ile de Pâques.
L'équipage de La Boudeuse entend "pénétrer graduellement l'intimité" des Pascuans en abordant successivement chacune des côtes de l'île perdue du Pacifique.
Polynésie.
Tuamotu, Tonga, Toubouaï, Pago Pago... Il s'agit de naviguer dans les archipels les moins connus pour redécouvrir "le mythe des mers du Sud".
Ile de la Pentecôte.
Dans l'archipel mélanésien de Vanuatu, l'expédition espère retrouver une tribu pratiquant le rituel du saut dans le vide à partir d'une tour en bois de 30 m de haut.
Nouvelle-Guinée.
Au pays des Papous, l'expédition remontera jusqu'aux sources du fleuve Wapoga pour découvrir "l'une des dernières cultures humaines préservées".
Moluques.
Dans l'île de Céram, les aventuriers de La Boudeuse tenteront d'établir le contact avec la mystérieuse tribu des guerriers chamans des Bati.
Iles de la Sonde.
A la rencontre des harponneurs traditionnels des baleines de Lamalera, la moins connue des îles d'Indonésie.
Birmanie.
Au large des côtes birmano-thaïlandaises, les Moken forment l'une des dernières communautés de marins nomades vivant entre mer et forêt.
Oman, Yémen, mer Rouge.
Quelques mois de vie partagée avec les derniers bâtisseurs omanais de navires traditionnels, les pêcheurs de perles yéménites, les trafiquants de la mer Rouge.
Congo.
Direction, le lac Télé, dans l'extrême nord du pays, où vivent les "danseurs de Dieu", des Pygmées.
Mauritanie.
Entre le Sahara et l'Atlantique vivent les Imraguen, qui vouent un culte étrange et particulier aux dauphins, leurs principaux alliés et compagnons de pêche.
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 28.07.04
Une belle histoire pour le forum Histoire, en tout cas.
J'ai toujours été fasciné par les voyages d'explorations, en particulier de la marine a voile. Et vous ?
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3238,36-373800,0.html
"La Boudeuse" vogue vers les peuples des eaux
LE MONDE | 27.07.04 | 13h31
Pendant vingt-quatre mois, ce trois-mâts va parcourir les océans et les mers de la planète, à la manière de Bougainville.
Calvi (Corse) de notre envoyé spécial
Ouf ! Finis les palabres officielles et les ronds dans l'eau pour touristes éphémères. En route pour une nouvelle aventure de 60 000 km autour du monde ! Douze escales prévues aux Amériques, en Asie, en Océanie, en Afrique. La Boudeuse, nouvelle version, toutes voiles dehors, devait lever l'ancre mardi 27 juillet dans la soirée de son port d'attache corse pour un nouveau périple de vingt-quatre mois "à traverser cinq océans et sept mers" .
Mission assignée au trois-mâts par son infatigable capitaine aventurier Patrice Franceschi : redécouvrir les "derniers peuples de l'eau". Vivre et souffrir pendant des mois avec certains d'entre eux, "difficiles d'accès ou en voie d'extinction culturelle". Etudier leur environnement, les observer et répertorier leurs us et coutumes dans cet esprit des Lumières qui caractérisait déjà le fameux Voyage autour du monde du grand ancien, Louis Antoine de Bougainville, capitaine de La Boudeuse des origines en 1766, découvreur de la "Nouvelle Cythère" (Tahiti) pour le roi de France et premier marin français à boucler un tour complet de la planète.
Pour réussir son voyage, Bougainville avait deux navires, 314 marins et 46 canons à sa disposition. Franceschi se contentera d'un capitaine en second, d'un médecin de bord, d'un mécano et d'une quinzaine de gabiers permanents qui ont presque tous accompli l'aventure précédente dans les îles oubliées de l'Insulinde entre 1999 et 2001.
A ces hommes et femmes rompus à la manœuvre et à l'aventure s'ajouteront, pour des périodes variables de un à six mois, une douzaine d'invités divers, scientifiques, botanistes, ethnologues, écrivains et jeunes gens motivés, sélectionnés sur concours pédagogiques dans toutes les régions de France qui ont accepté de soutenir l'expédition.
L'Unesco, dont le pavillon flotte au grand mât de La Boudeuse sous la fameuse tête de Maure de l'emblème corse cher au cœur du capitaine Franceschi, a accepté de parrainer l'expédition dans le cadre de son programme "jeunesse internationale" pour que ces petits groupes de 4 ou 5 jeunes, parfois handicapés ou en difficulté, qui se succéderont à bord tous les mois, soient en quelque sorte les ambassadeurs des jeunes Français auprès de leurs homologues oubliés de ces lointaines contrées.
"Je reçois une dizaine de candidatures à l'embarquement chaque jour", se félicite Franceschi. Mais, pour la première étape qui le conduit en Amazonie colombienne à la recherche des derniers des Yuhup, un petit clan nomade des Macuje déjà rencontrés par le capitaine aventurier lors d'une ancienne expédition, le navire est déjà plein comme un œuf.
Vingt-huit personnes dont un auteur, Gérard Chaliand, qui sera chargé d'écrire le premier des douze livres qui seront consacrés à l'expédition sous la houlette d'Encyclopædia Universalis, partenaire du périple. Laure Adler, Jean-Claude Guillebaud, Jean-Marie Gustave Le Clézio, Edwy Plenel, directeur de la rédaction du Monde, Antonio Tabucchi, et quelques autres suivront.
Il n'y aura pas de privilégiés sur La Boudeuse, prévient Franceschi. Tous les passagers, "sans exception", martèle en souriant le maître de bord, devront mettre la main à la pâte, laver les ponts, éplucher les légumes, accepter les quarts et les corvées. Et que ça saute, moussaillon !
Pour Franceschi, on ne s'en va pas chercher l'universalité au bout du monde et tenter d'améliorer le très fragile "dialogue des cultures" sans essayer de s'améliorer un peu soi-même au passage à l'intérieur de "ce fabuleux laboratoire de relations humaines"qu'est un trois-mâts de 42 mètres de long sur un peu plus de 6 de large.
Attention aux incompatibilités d'humeur, aux ego surdimensionnés et aux sales caractères. "La discipline de bord, rappelle le capitaine, est capitale." Pour permettre au navire de fonctionner, bien sûr, mais aussi aux personnels de vivre en toute sécurité et aux missions d'être remplies.
"Lors de la précédente expédition, se souvient Franceschi, j'ai dû débarquer d'autorité quatre ou cinq lieutenants qui semaient la zizanie ou ne respectaient pas les règles d'or de solidarité qui doivent présider à la vie en communauté." C'était à bord de La Boudeuse moderne, première version, qui gît aujourd'hui par 4 000 mètres de fond au large de Malte. Cette jonque chinoise de haute mer était équipée d'une électronique de pointe, ce qui pourtant ne l'empêcha pas de couler à pic (sans pertes humaines) en mars 2001, au retour de l'expédition asiatique intitulée "L'esprit de Bougainville".
La Boudeuse numéro deux, qui prend aujourd'hui le large, était naguère un navire-école de la marine suédoise, construit en 1916 dans des chantiers hollandais. Sa coque est en acier, son poids de 217 tonnes, son tirant d'eau faible, à 2,70 mètres, et il est doté d'un gréement mixte qui lui permet de naviguer partout, de la haute mer aux grands fleuves comme l'Amazone.
Une année de travaux de réaménagement et de rééquipement, avec démâtage des trois vergues du mât de misaine, des mâts de flèche du grand mât et de l'artimon sur les chantiers de Camaret, grâce au soutien de l'Arsenal de Brest et de la marine nationale, ont été nécessaires à l'adaptation du voilier en navire d'exploration, armé pour les expéditions les plus lointaines.
La coque et les structures ont été renforcées, les capacités de stockage considérablement agrandies, les outils de navigation et de communication complètement modernisés. Il y a trois ordinateurs à bord et deux systèmes de communication par satellite. "Le bateau est désormais une véritable caisse à outils, qui devrait nous permettre d'être autonomes pendant deux ans", se réjouit le capitaine.
Les cabines de deux, trois ou quatre personnes sont petites, leur confort rudimentaire, mais elles sont vivables. La cuisine possède tous les équipements modernes, le carré détente est agréable et doté d'une petite bibliothèque de quelques centaines d'ouvrages.
Belle, racée et majestueuse comme les voiliers d'antan, la nef a cependant conservé tout le profil d'une "frégate de corsaire du XIXe", se félicite Franceschi.
C'est dans Le Monde 2 que Patrice Franceschi, pour qui l'écriture a toujours été consubstantielle à l'aventure, publiera, une fois par mois, à partir d'octobre, son journal de bord. Ecrivain, président de la Société française des explorateurs, et à l'occasion cinéaste, le capitaine de La Boudeuse, qui a fait installer à bord une salle de montage complète, a également prévu de fournir douze documentaires de 52 minutes, un pour chacun des douze "grands travaux" assignés à l'expédition, à la chaîne France 5 qui est aussi partenaire de l'aventure. Bon vent, La Boudeuse !
Patrice Claude
De l'Amazonie à la Mauritanie
Amazonie.
A la recherche des derniers Yuhup, une tribu d'Indiens nomades de la jungle colombienne.
Ile de Pâques.
L'équipage de La Boudeuse entend "pénétrer graduellement l'intimité" des Pascuans en abordant successivement chacune des côtes de l'île perdue du Pacifique.
Polynésie.
Tuamotu, Tonga, Toubouaï, Pago Pago... Il s'agit de naviguer dans les archipels les moins connus pour redécouvrir "le mythe des mers du Sud".
Ile de la Pentecôte.
Dans l'archipel mélanésien de Vanuatu, l'expédition espère retrouver une tribu pratiquant le rituel du saut dans le vide à partir d'une tour en bois de 30 m de haut.
Nouvelle-Guinée.
Au pays des Papous, l'expédition remontera jusqu'aux sources du fleuve Wapoga pour découvrir "l'une des dernières cultures humaines préservées".
Moluques.
Dans l'île de Céram, les aventuriers de La Boudeuse tenteront d'établir le contact avec la mystérieuse tribu des guerriers chamans des Bati.
Iles de la Sonde.
A la rencontre des harponneurs traditionnels des baleines de Lamalera, la moins connue des îles d'Indonésie.
Birmanie.
Au large des côtes birmano-thaïlandaises, les Moken forment l'une des dernières communautés de marins nomades vivant entre mer et forêt.
Oman, Yémen, mer Rouge.
Quelques mois de vie partagée avec les derniers bâtisseurs omanais de navires traditionnels, les pêcheurs de perles yéménites, les trafiquants de la mer Rouge.
Congo.
Direction, le lac Télé, dans l'extrême nord du pays, où vivent les "danseurs de Dieu", des Pygmées.
Mauritanie.
Entre le Sahara et l'Atlantique vivent les Imraguen, qui vouent un culte étrange et particulier aux dauphins, leurs principaux alliés et compagnons de pêche.
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 28.07.04