La Reconquista touche à sa fin
Jour de l'An mil quatre cent soixante-dix-neuf
Isabella Reine d'Espagne, à la cérémonie des voeux à Sa Majesté Catholique (surnom attribué par le Pape à Juan après la prise de Grenade), rétorqua en les termes désormais usuels à son
valido:
"Je ne suis pas satisfaite de tes médiocres services. Le dévouement ne peut pas compenser la médiocrité. Je suis lasse de tes bonnes raisons. Tu as deux heures pour quitter Madrid, et n'y reviens plus jamais."
Ainsi dit
Isabella, avant de se tourner vers un de ces sujets les plus en faveur:
"Joseph, je te confie le gouvernement de mon royaume. Porte le fer contre les Infidèles, le Sultan du Maroc nous défie, tu devras le détruire. Aussi tu trouveras un moyen d'augmenter nos ressources fiduciaires, parce que dès que je veux entreprendre quelque chose il faut négocier avec les Gênois.
- Bien , Majesté, je m'engage à vous servir comme vous-même servez le Tout Puissant. Les armes royales terroriseront les Maures, ainsi que vous le désirez."
Facile à dire, mais justement ces païens avaient le don de nous énerver. Bien entendu il était hors de question de reconnaître publiquement que la situation était mauvaise, mais en Algérie l'Oranie, l'Atlas et l'Aurès étaient passés aux mains de brigands berbères. Il fallut donc ramener le calme dans ces régions.
Alors justement que le calme revenait à Oran il apparut opportun à notre Souveraine que nous tournions nos armes contre le Sultan. Le 22 octobre deux hérauts se présentèrent simultanément, l'un à Lisbonne où il fut accueilli avec joie par le Roi qui accepta de nous apporter son concours, l'autre à Marrakech où seule sa rapidité à revenir lui permit de conserver sa tête. En effet nous le récupérâmes sous les murs de Fes, pourchassé par toute l'armée du Sultan (13000 hommes). Bien qu'à deux contre un nous connûmes le désespoir de la défaite, au lendemain de Noël. Après un nouvel échec, nous parvinmes enfin à bousculer l'armée maure le 3 août 1480, victoire qui nous livra le pays.
Deux ans et trois mois plus tard, le Sultan refusant obstinément d'abdiquer, nous lui laissâmes sa région natale de Toubkal, conservant nos autres conquêtes (Fes, Tassaret, Sahara, Anti-Atlas, Mdennan et Azaouad).
En septembre 1483 une grande nouvelle réjouit toute la Chrétienté, des nobles Grecs ayant chassé l'Infidèle de leurs terres proclamèrent l'indépendance de leur patrie (Morée et Hellade). En Afrique comme en Europe les Croyants trouvaient leur salut! Un Te deum solennel fut donné en la cathédrale de Santander où résidait la cour à ce moment-là, et ordre fut donné de faire de même dans tout le Royaume.
Tout allait à merveille. Les armées espagnoles avaient vaincu des Infidèles terrés dans leurs palais d'Algers et de Toubkal, vivant leurs derniers moments dans la décadence propre à ces gens.
Les colons enthousiastes partaient bonifier les riches terres conquises sur le Maroc (Mdennan et Azaouad), et avec les Frères Dominicains de grands projets d'évangélisation de l'Andalousie, de l'Algérie et du Maroc se montaient, quand le Roi Ferdinando, félon parmi les félons, s'avisa de se rebeller contre notre Juste Souveraine. Comme de bien entendu le vil Anglois se mêla de la partie. Or avec 20000 hommes seulement en Castille notre situation était mauvaise. Mieux aurait valu une guerre en Afrique, où étaient rassemblées nos meilleures troupes. Bref il fallut faire face.
Curieusement le Pape rejoignit le camp de nos adversaires... c'était bien la peine d'avoir multiplié les croisades (deux contre Grenade, trois contre l'Algérie une contre le Maroc en soiante-cinq ans)...

Mais au premier février 1486 nous payâmes tribut au Roi d'Angleterre contre la restitution de Pau (50
reales), et nous pûmes concentrer nos efforts sur le Félon. Bientôt les succès vinrent, Valence tombant (16 mai 1487), puis Saragosse (4 juin 1488), enfin Pampelune (12 novembre).
Cependant aucune négociation de paix ne fut ouverte, la balance n'étant pas jugée assez favorable à nos armes. Quelques mois supplémentaires et Barcelone serait tombée, mais la Reine me fit appeler, le prmier janvier mil quatre cent quatre-vingt-neuf, et me déclara sans ménagement:
"Je t'avais demandé d'éradiquer les Infidèles, et au lieu de les combattre tu te complais dans le massacre de nos frères chrétiens. Je t'avais demandé de moins dépendre des Gênois pour nos ressources, et au contraire ils s'engraissent plus encore qu'avant sur les impôts de mon peuple. Et en plus tu as eu l'audace de nommer ton frère gouverneur de Fès! Tu m'as déçu. Tu as deux heures pour quitter Madrid, et n'y reviens plus jamais."
Ainsi je dus me retirer dans mes terres d'Estremadure aprsè avoir encouru le courrous de notre Souveraine.
Et le pire c'est que suite à l'un ou l'autre événement le Portugal vient de chuter en termes relationnels à -64! Soit près de 120 points perdus en dix ans. On a 18% d'inflation (bof, j'ai connu pire) et toujours pas découvert l'Amérique. J'espère qu'en 1529 on aura encore des conquistadors (Pizarro, oui, De Soto peut-être).
La sauvegarde