KriegHund said:
pour info, je suis en train de lire un livre sur la IIIe rep, et apparement, en 1912 (grace aux informations du systeme des fiches), seulement 10% des officiers sont republicains. Ca s'ameliore par la suite, mais bon...
il faut faire attention pour l'interprétation de ce système des fiches
de 1, il a été mis en place à une époque différente. Mais la réactualisation plus ou moins officieuse s'est faite sur des bases un peu surannées. A nouveau, le républicanisme de 1912 n'est déjà plus celui de de 1890. Cette fois-ci, les qualifications de "républicain" sont plus déterminées par le débat cléricalisme/anticléricalisme. Tout le processus d'adhésion (ou au moins d'acceptation) de la République s'est fait à partir de glisements successifs autour de débats à l'origine secondaires, qui se sont révélés prendre l'ascendant par rapport au débat précédent. L'opposition république/monarchie a été progressivement vampirisée par la dérive boulangiste, puis par le débat sur l'Affaire Dreyfus, puis sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Etre républicain est progressivement devenu plus "exigeant" en quelque sorte, a demandé des adhésions secondaires sur des thèmes périphériques qui à chaque fois rejetaient l'opposition dans "l'anti-républicanisme". Alors il est certain qu'une large proportion des cadres de l'armée étaient anti-dreyfusards, et cléricaux, et conservateurs, mais on se rend compte que par rapport à l'interrogation originelle sur le républicanisme, on a suivi de multiples et successifs détournements/ajustements
de 2, la notation des attitudes politiques des officiers servait avant tout dans le champ politique (on compte ses forces, ses soutiens). En 1912, la crainte d'une infidélité de l'armée à la nation républicaine avait quand même pas mal dégonflé par rapport à ce qu'elle avait pu être
de 3, un peu à la manière du carnet B, il ne faut pas prendre au pied de la lettre la paranoïa des services de renseignements (ça c'est général, ça ne compte pas seulement pour l'armée française du début du XXè. J'ai eu l'occasion de travailler sur des rapports des RG sur une autre époque, ils ne brillaient pas par leur mesure, leur clairvoyance et leur exactitude)
Tout ça pour dire qu'il y a tout un spectre entre volonté de renverser le régime et se rallier à lui. Les événéments marquants de la période 70-14 ont été comme des taquets pour les différentes populations, qui ont dû se déplacer et se fixer provisoirement sur ce spectre. Et rappelons surtout que ce que ce spectre politique qui s'est construit sur les oppositions binaires république-monarchie, gauche-droite, etc, ce spectre donc, et la manière de percevoir les oppositions politiques, ont été organisés par un certain type d'acteurs, tandis que les autres étaient contraints de suivre les termes du débat tel qu'ils leur étaient imposés (construction de l'affaire Dreyfus comme une Affaire, politique anticléricale très volontariste...). Ces acteurs déterminants ce sont ce qui se faisaient appeler les républicains. C'est sur leur vision des choses que nous discutons aujourd'hui. C'est un peu comme si pour étudier la 1GM, on n'étudiait que les sources en langue française, ou des Alliés, en laissant de côté celles en allemand.