Cabinet du docteur Siegmund, janvier 1423
LE comte Reinald IV, décidé par ses proches conseillers, s'est décidé à consulter. C'est dire la confiance que les dits conseillers mettent en lui...
Docteur Siegmund - Prrenez place, prrenez place, votre Majesté. Excusez-moi, mais pourr la durrée de la thérrapie, je vais devoirr oublier les usages. C'est pourr votrre bien, c'est pourr votrre bien!
Allongez-vous sur ce divan
Reinald s'exécute, mal à l'aise, il commence à parler:
- Voici. Mes conseillers s'inquiète d ela manière dont je conduis la politique de la nation, à laquelle ils ne comprennent rien. J'ai beau leur expliquer ma stratégie machiavélique
-
maquia-qoi?
- Laissez tomber. Dans une autre vie, j'ai dirigé le Comté de Hollande, dans un monde légèrement différent de celui-ci, qu'on appelait EEP
-
mhmh
- Et après moult essais afin d'agrandir mon pays, j'avais appliqué la tactiuqe suivante : m'allier avec mes ennemis pour me retourner contre eux à la meilleure occasion. Car je savais que la vaste alliance française n'accepterait pas un membre de plus.
Notes de Siegmund sur son calepin :
complexe de la fidélité, figurant l'incapacité du sujet de se fixer sur autre chose que lui-même?
- Mais mes conseillers ne me suivent pas! Entre les supporters de l'alliance anglo-bourguignonne qui croient vraiment qu'on en fait nos alliés, et ceux qui ne comprennent pas qu'on s'allie au Duché alors que notre survie passe par la reconquête des terres hollandaises
- Vous semblez avoirr un carractèrre instable, dites-moi?
- Oui, j'ai dû changer un peu les choses, mais je récupère très vite. Donc le 1er avril, j'ai signé une alliance avec le roi d'Angleterre, ce qui signifiait pour nous la guerre contre la France. Bon on part conquérir la Picardie, qui est prise en Janvier 1420, on guerroie, et quelques mois plus tard l'Angleterre accepte la paix contre monnaie sonnante et trébuchante. Entretemps, la Bourgogne avait conclu une paix séparée. Justement ce que j'attendais!
Ennuyé par ces questions stratégiques, le docteur finit par sortir un :
- Ah?
- Oui, car ça nous fournissait un motif de leur déclarer la guerre
- Je ne vois pas bien...
- Il fait une paix séparée, on a de quoi lui exploser la tronche, non?
Siegmund note alors sur son calepin :
- Je commence à me représenter les choses : le patient réalise ses fantasmes agressifs dans les armes et le sang, et poursuit l'objet désiré par des voies sinueuses; parcours tortueux qui est son propre but?
- Donc le 1er avril,
-
un an jour pour jour après la conclusion de l'alliance...
- Ah oui, tiens...
Notes :
nous avons affaire à un retour sur lapsus en acte
- En tout cas, après avoir quitté l'alliance, je déclare la guerre à la Bourgogne, en espérant secrètement que l'Angleterre, avec qui j'avais conclu un mariage royal...
Notes sur le calepin...
- ... ne suive pas... Malheureusement elle le fait. Tant pis. J'envoie des mini-troupes sur les territoires bourguignons pour occuper le terrain. Ma troupe principale stationnée en France depuis la guerre attend aux portes de Dijon que les Français aient fini leur siège. Donc en fait pour moi, aucun siège n'a vraiment commencé, si ce n'est celui de la Hollande. Je tente une alliance avec Munster, qui accepte et a des troupes, mais ne bouge pas. J'attends donc la fin de la guerre entre français et bourguignons pour succéder aux premiers, qui ont pris l'Artois, la Franche-Comté et bientôt la Bourgogne même ; mais le Duc ne lâche rien, et donc l'alliance française vient nous aider dans le siège d'Anvers, qui dure des plombes. Pendant que nous prenons La Haye par nos propres forces, puis la Zeeland après que Munster se soit enfin décidé à nous prêter main forte. J'essaie d'élargir notre alliance, mais sans succès. Un coup fatal nous arrive : les Anglais assiègent notre unique province! Ils la prennent bientôt, et je suis contraint d'accepter la vassalisation!
notes:
L'Angleterre est très clairement la figure du père, qui interdit la conquête de l'objet désiré (la Bourgogne). Ce père fait finalement exemple de son autorité, à laquelle le patient finit par se soumettre.
- J'avais bien essayé de lui proposer de l'argent, mais mes argentiers refusaient de sortir plus de 25€, alors que j'avais de l'argent en quantité. C'est un bug docteur?
-
Un beugue?
- Vous ne savez pas ce qu'est un bug?
-
Hem. Siegmund pense alors à se réabonner à l'"American psychanalytical review", pour se tenir un peu plus informés des nouveaux concepts, que même ses patients connaissent
-
Mon interrprrétation est qu'il s'agit plutôt d'un acte manqué : vous désirriez, malgrré vous, la "vassalisation", comme vous dites, autrrement dit la soumission à l'Autorrité, carr vous saviez au fond de vous-mêmes que cela était la seule manièrre de rrésoudrre votrre Oedipe; vous fûtes conforrté en cela parr votrre alter ego (Munsterr), qui ne pouvait pas vous suivrre dans votrre délirre.
- mmouais... en tout cas c'est plié en janvier 22.
-
Ce serra tout pour cette séance. Rrevenez l'année prrochaine.
- Excusez-moi, mais je vois pas trop à quoi ça sert. Si ce n'est de me faire perdre mon temps alors qu'on a une guerre en cours...
Notes :
LE transfert avec le thérapeute est rejetée, l'agressivité se retourne également, comme on pouvait s'y attendre, contre celui-ci
Cabinet du docteur Siegmund, décembre 1429
Entrrez, cherr Arrnold. J'ai bien connu votre pèrre, nous avions "discuté" peu de temps avant sa mort. Il paraît que vous venez me voir pour les mêmes raisons que lui
- Oui, je suppose que ça vous amuse de voir l'adage "tel père, tel fils" se vérifier, mais je ne suis pas ici de ma propre volonté. Ce sont les Grands du Comté qui m'ont forcé à venir vous voir. Même ma tendre épouse s'y est mise
-
Parrfait, parrfait. En effet, vous rressemblez étrrangement à votrre pèrre.
- Je ne comprends pas ce qui les motive : tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes
Notes
Dissimulation
- Quand j'ai repris les rênes, nous achevions les sièges. Puis nous avons attendu plusieurs mois la Paix entre France et Bourgogne, cette dernière cédant finalement seulement l'Artois et un accès militaire, ce qui voulait dire qu'on avait la France-Comté et la Bourgogne à reprendre. Le siège commence avec notre troupe réduite au minimum. Mais un hiver survient et nous sommes obligés de faire une pause. Pendant ce temps, pendant des mois et des mois nous graissons la patte au roi de France pour qu'il permette à nos troupes restées dans le nord de venir assiéger la Bourgogne
Notes
Je tiens la figure maternelle : c'est la France évidemment! Celle dont on n'ose pourtant cherché la protection, et contre laquelle on va plutôt lutter contre son propre instinct. Cas très intéressant. Très
- Bon au bout de pas mal de temps on finit par l'obtenir, on assigèe les deux provinces. Mais alors que nous allions nous emparer de Dijon, la province voisine d'Orléans, passée sous le joug anglais et qui venait de se révolter, déverse un flot d'insurgés en Bourgogne, qui annihilent notre armée et reprennent notre siège!!!
- Ne vous énervez pas ! Mon divan! Attention avec vos ongles! c'est du vrai cuir!
- Oui enfin bon, Dijon passe aux rebelles, pendant que nous prenons Besançon. Le gouvernment bourguignon est renversé, et c'est sans gloire que nous nous approprions ses provinces
Notes
Très net fantasme de viol. L'objet désiré, enfin conquis, est dépecé, au mépris des normes sociales
- Mais on a eu ce qu'on voulait, non? Hollande, Zeelande, et surtout Flandres! Et même plus avec la France-Comté. Je me méfie seulement du savoyard à côté, je ne sais trop pourquoi.
notes :
Identification totale avec les désirs du père, et donc avec celui-ci
- Bon ensuite on a eu un dilemme : je pensais démarrer une nouvelle alliance, dès que nous pourrions rompre notre vassalisation avec l'Angleterre
Le stylo du docteur court sur son calepin.
- Mais voici que le roi nous propose de nous réconcilier. La peur de l'isolement nous pousse à accepter, et nous voici à nouveau alliés à Angleterre et Bourgogne!
Siegmund s'excite dans son fauteuil, et prend des notes avec frénésie :
Retournement de l'attitude envers le père, qui pousse jusqu'à se réconcilier avec le cadavre de l'objet désiré, violé. Allégeance à l'Autorité une fois le désir satisfait
- Enfin bon dès la fin de la trêve entre nous, nous résiliions quand même la vassalisation
notes :
refus de la soumission totale. Le sujet retourne une part de son agressivité non dépensée contre l'Autorité qui le protège.
- Bon bin après ça pas grand' chose. On se prend un camouflet diplomatique de la part de Bade, mais sans intérêt
notes
les pulsions agressives semble enfin satisfaites.
- Et puis quelques révoltes vite matées
notes:
Bonne contention des instincts
- On laisse aller, prêt quand même à toute opportunité, notamment chez les voisins, ou à suivre l'Angleterre contre la France, mais rien
notes :
choix du père contre la mère, qui signifie paix après que la relation se soit stabilisée
- Voilà. Le seul problème c'est qu'on a un emprunt en cours
-
Ah oui au fait, avec le passif de votrre pèrre, vous avez du rretarrd sur mes honorrairres
- Je paierai, je pairai. Enfin mes conseillers, je leur confie le comté pendant quelque temps, je suis un peu fatigué là. Je reviendrai dans quelques temps voir comment ça se passe
-
Je peux vous dirre que votrre rrétablissement est en bonne voie, cherr Arrnold!
Savoie, Novgorod, Brrandebourg et Géorgie se portent bien, ils vous remercient. Ce sont des gentils garçons (badboy=0), et on espère qu'ils vont le rester!
