Euh... comment dire... c'est pas vraiment ça (même si la notion de "camp" dans la guerre de Trente ans est plus que relative).
J'ai pas le temps de faire un exposé sur le thème, mais très vite :
- les noms des camps (Ligue catho vs Union évangélique) sont recevables pour un scenar EU2, et c'est tout. Leur réalité est infiniment plus complexe (les relations entre la dite Ligue Catholique et les Habsbourg étaient tout sauf simples)
- la Hongrie, ou plutôt son avatar représenté par le Prince de Transylvanie Bethlen Gabor, était tout sauf un allié de l'Empereur. Elle était d'abord sous la dépendance de la Sublime Porte (qui lui fournissait - ou pas - les subsides pour la guerre), et d'autre part de religion réformée : à peu de choses près c'était Bethlen qui aurait ceint la Couronne de Bohême si la Diète de Prague ne s'était pas finalement tournée après des hésitations vers Frédéric le Palatin (désolé d'utiliser les noms francisés).
Le Transylvain est intervenu par trois fois contre l'Empereur, et fait partie de ses adversaires les plus acharnés.
- la Bavière était le leader de la Ligue Catholique, et le bras armé de l'Empereur (ce qui a permis à Maximilien de récupérer l'Electorat "abandonné" par son cousin palatin) jusqu'à ce que celui-ci décide de prendre son indépendance en faisant lever une armée en propre par l'intermédiaire de Wallenstein (ce qui explique la haine entre les électeurs et notre condottière), qui subsistera après l'assassinat de son créateur.
- le rôle de la France est plus que trouble, et sa position d'ennemie plus que fluctuante entre 1618 et 1630. Et même plus tard, une victoire suédoise par trop nette aurait très certainement changé la donne de la diplomatie française. La France n'est intervenue que pour soutenir l'effort de guerre suédois, puis le suppléer après Nördlingen et la Paix de Prague. En fait, Louis XIII était plutôt du côté de l'Empereur en 1619, et ce sont les tensions en Italie et le soutien de l'Empereur à son cousin d'Espagne (et réciproquement) qui ont lié finalement le sort de la participation française.
- la Saxe n'est un ennemi de l'Empereur qu'entre 1632 et 1635 (paix de Prague). Autrement, l'attitude de Jean-Georges oscille entre la neutralité plus ou moins bienveillante et l'alliance effective (en 1619 et après 1635).
Moralité : la Guerre de Trente ans, je l'ai rêvé dans EU2 à de multiples reprises ; j'ai même balancé pas mal d'events sur le forum AGCEEP à ce sujet, mais en réalité il faut se rendre à l'évidence : il est impossible de retranscrire la Guerre de Trente ans dans ce jeu, et certainement pas en y installant une logique de blocs qui n'a pas de sens (le conflit religieux n'est valable qu'entre 1630 et 1635 - et encore).
