Chapteur high teen (c'est mauvais pour le coeur) : gang-bang
Palais de Buckingham, 15 novembre 1831
- Dis tonton Klou, raconte-moi encore la zoulie histoire de la princesse Chinoise.
- Vickie il est dix heures du soir, tu dois dormir. Tu as cours de manipulation des masses demain matin.
- Le professeur Niccolo il dit que j’avance très bien dans mon programme et que je serai une grande reine !
- M’étonne pas de ce vieux flagorneur de rital, grommela le Lord Protecteur.
- S’te plaît, s’te plaît, s’te plaît…
- Bon. D’accord, mais après tu dors.
- Ouais ! chic, chic, chic se réjouit la petite Victoria, adorable fillette qui du haut de ses douze ans rendait tout le monde gâteux, même un fou criminel du calibre de Lord Klou.
La petite Vickie
- Il était une fois la plus jolie princesse du monde. Elle était belle à rendre jalouse la lune. Elle était belle à lancer mille bateaux sur l’océan. Elle était belle à faire bander les anges…
- Pffff, pouffa Vickie, tu dis des bêtises Tonton : les anges ont pas de kikounette !
- C’est une image pour dire à quel point elle était magnifique. Tu vois Tata La Mort lorsqu’elle se fait belle pour moi ?
- Oh oui alors ! Je voudrais tellement lui ressembler quand je serai grande…
- Et bien encore plus jolie. Mais je nierai avoir dit ça si ta tante te le demande, compris ?
- Compris.
- Donc elle était la plus belle femme du monde. Ses yeux brillaient davantage que les émeraudes les plus pures. Sa chevelure d’ébène faisait paraître la nuit grisâtre. Ses jolies dents plus blanches que le corail éclataient dans un sourire à faire damner un saint, ourlé par les lèvres les plus pulpeuses de l’univers et d’un rouge si vif qu’elles semblaient palpiter de la vie même. Son nez était le plus mignon qui puisse se concevoir et lorsqu’elle le fronçait en riant les hommes se suicidaient par milliers comme des lemmings. Son corps répondait au parfait équilibre de son visage et d’autres milliers d’hommes s’arrosaient d’essence avant de se mettre le feu s’ils avaient eu la bonne fortune d’apercevoir le balancement de ses hanches. Bref rien que de la décrire je me sens à l’étroit dans mon pantalon.
- Qu’est-ce que tu racontes bien, Tonton. Encore.
- Cette princesse était également fabuleusement riche, si bien que tous les rois de la terre souhaitaient l’épouser. Elle les laissait venir la couvrir de cadeaux pour s’attirer son amour. Puis les narguait de son indifférence et les faisait mourir de mille cruelles façons. Car la princesse chinoise était aussi mauvaise que belle.
- Ooooooohhhhhh.
Oh oui, mets-moi à mort ma princesse !
- L’Empereur du Japon se présenta. Il lui offrit sa main et toutes les richesses de son empire. Il la couvrit de soieries et de porcelaines précieuses. Elle se moqua de lui, lui fit couper la tête et dégusta son cœur coupé en petits morceaux avec des pousses de soja et des noix de cajou.
- Ooooooohhhhhh. Qu’elle est méchante !
- Le Roi de Corée se présenta. Il lui offrit des statues de jade à son effigie. Il la couvrit d’or. Il lui amena les cœurs de dix mille prisonniers de guerre. Il s’engagea à conquérir le monde pour elle. Elle se contenta de sourire, le fit empaler devant la grande porte de son palais et dévora son foie frit avec un excellent chianti.
- Ooooooohhhhhh. Qu’elle est vilaine !
- Le Maharadjah du Bengale se présenta. Il lui offrit des tonnes d’exquis objets façonnés en ivoire. Il lui donna des fourrures des plus rares créatures de la terre. Il fit s’agenouiller devant elle un millier d’éléphants de guerre. Elle fronça les sourcils, le fit piétiner par chacun de ses éléphants et goba ses yeux à la coque.
- Ooooooohhhhhh. Qu’elle affreuse bonne femme !
- Ses méfaits furent bientôt connus de tous mais malgré cela les princes du monde continuèrent à défiler pour quérir son amour. Et elle continua de les mépriser, de les mettre à mort et de les dévorer.
- Y’ sont vraiment pas malins ces nigauds de roi !
- Puis un jour arriva le Prince d’Angleterre. Il n’avait rien à lui offrir et cela intrigua la princesse chinoise. Elle lui demanda comment il comptait obtenir son amour. Et il répondit ses mots qui entrèrent dans la légende par leur romantisme absolu : « Ton amour je m’en cogne, ma toute belle. C’est ton cul qui m’intéresse et je vais le prendre maintenant ! » Alors le Prince d’Angleterre sortit sa vaillante épée et tua tous les serviteurs de la méchante princesse. Puis il l’emmena sur la grand-place devant son palais et la viola encore et encore devant tous ses sujets.
- Ooooooohhhhhh. Bien fait pour elle !
- Puis il fit distribuer au peuple toutes les richesses amenées par les malheureux prétendants et le peuple l’aima. Enfin il appela ses amis les Princes de Russie, de Pologne et d’Autriche et ensemble ils firent subir à la méchante princesse le gang-bang du millénaire.
- Bravo ! J’aime les histoires qui finissent bien. Merci Tonton.
- Fais de beaux rêves, ma puce. Répondit tendrement le Lord Protecteur.
Partage de la Chine
Quelques années plus tôt, palais de Shangaï
Des hordes de petits êtres jaunes grouillaient autour de la table du banquet, s’affairant à servir de façon impeccable les Maîtres du Monde réunis pour fêter la disparition de leur pays. Outre Frensko Crusaderovitch (qui avait pour l’occasion troqué sa tenue habituelle en peau d’ours et cuir de loup pour d’élégantes et colorées soieries chinoises) et le Tzar Imrryran (arrivé exceptionnellement sobre dans de belles bottes fourrées souples en peau de burnes de Mandchous retournée) le Dictateur Joukov, orné d’un bavoir brodé d’or et d’argent, s’était invité tout seul. Comme il s’était servi tout seul au Sud du pays, dérobant le fructueux centre de commerce de Malacca à la barbe de Frensko et manquant de peu déclencher l’Apocalypse. Mais bon : les vacances approchaient alors à quoi bon se faire la guerre pour quelques Niakoués de plus ? Et puis La Mort aurait encore boudé en prétextant le surcroît de travail occasionné, les charges qui la ruinaient et la difficulté pour trouver des apprentis compétents (pourtant La Guerre, La Famine et La Pestilence faisaient de leur mieux pour soulager la patronne mais elle ne pensait plus qu’à ses rendez-vous romantiques avec son amant et négligeait son travail, oubliant même parfois les vieillards agonisants, au grand désespoir des familles soucieuses d’hériter enfin… euh, pardon : soucieuses d’épargner des souffrances à l’être aimé). De l’autre côté de la table se tenaient Dan La Ruine, arrivé en retard pour cause de pacification Inca il se désolait de ne pas avoir pu goûter au succulent gâteau Chinois. A ses côtés le Sultan Izno resplendissant de bagouzes, frustré par le pacifisme inattendu de son allié Anglais il boudait ostensiblement. Enfin Zalder y Zalder chipotait dans son assiette, engoncé dans les moelleux coussins de son fauteuil roulant, il ne s’était pas remis du tacle assassin d’Herbert, perdant toutes chances d’offrir un petit frère à la douce Epilacion. Lord Klou trônait bien évidemment à la place du chef en bout de table, il se leva pour porter un toast, imité par tous ceux qui pouvaient se lever.
Les Maîtres du Monde avant le banquet
- Messieurs, Avec la fin de la Chine il n’existe plus un seul pays sur cette terre qui puisse rivaliser avec nos Empires. Alors buvons à la conquête du monde ! Lança-t-il joyeusement, alléché par l’idée des réjouissances à venir, du genre cinquième Guerre Mondiale.
- A la conquête du monde, reprit Joukov, les yeux rendus fiévreux par cette perspective il s’essuya discrètement le menton avant qu’on lui en fasse la remarque.
- A la conquête du monde, rugit Imrryran en remplaçant le Champagne de son verre par de la vodka aromatisée aux champignons de shaman sibérien, la meilleure, le seul alcool au monde à titrer 101° et permettant d’avoir directement Dieu en ligne sans passer par le standard.
- A la conquête du monde, se décoinça finalement Izno en jubilant par avance à la perspective de réunifier tout l’Islam sous son autorité. A grands coups de croissants et de cimeterres dans la tronche.
- A la conquête du monde, vitupéra Dan enfin maître incontesté du continent Sud-Américain et soulagé de ses problèmes récurrents de trésorerie par l’or Azteque et Inca coulant à flots continu vers ses poches trouées.
- A la conquête du monde, hurla Frensko enfin soulagé de sa paranoïa vis-à-vis de ses deux grands voisins depuis qu’il parlait régulièrement à sa maîtresse Eve Ruggierinova de ses angoisses post-coïtums. Lesquelles angoisses n’avaient rien à voir avec le coït lui-même, enfin d’après Frensko.
- A la conquête du monde, glapit discrètement un Zalder douloureusement conscient de s’être fait éjecter d’Asie et d’être sur le point de perdre l’Afrique.
- Place au spectacle !
Le rideau s’écarta et Zaza apparut habillée en Reine d’Angleterre. Autour d’elle des Mignons de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel se déployèrent. On vit que chacun d’eux représentait une des zones du monde dessinée sur son postérieur. Ils s’alignèrent finalement devant elle puis s’agenouillèrent, les fesses relevées. Du côté gauche de la scène arriva Herbert qui portait les couleurs de l’Autriche, de la Russie et de la Pologne. Du côté gauche arriva Izverybad aux couleurs de l’Empire Ottoman, de l’Espagne et du Portugal. Les Mignons représentant les continents soulevèrent les trois vedettes du spectacle au-dessus d’eux. Et tous commencèrent à chanter :
Zaza déchaîné
I've paid my dues
Time after time
I've done my sentence
But committed no crime
And bad mistakes
I've made a few
I've had my share of sand kicked in my face
But I've come through
We are the champions - my friends
And we'll keep on fighting - till the end
We are the champions
We are the champions
No time for losers
'Cause we are the champions - of the world
I've taken my bows
And my curtain calls
You brought me fame and fortuen and everything that goes with it
I thank you all
But it's been no bed of roses
No pleasure cruise
I consider it a challenge before the whole human race
And I ain't gonna lose
We are the champions - my friends
And we'll keep on fighting - till the end
We are the champions -
We are the champions
No time for losers
'Cause we are the champions - of the world