JP said:Il y a quelque chose qui me chiffonent dans ce scénario tout de même : les armées françaises sont positionnées dans leur province d'origine avant leur mobilisation sur le front. Tandis que les armées allemandes sont d'ores et déjà placées aux frontières de leur pays prêtes à foncer sur leurs proies.
Il y a là une disparité qui crée une difficulté de plus pour les français.
Les armées allemandes ne devraient-elles pas être positionnées dans leur cantonnement et non aux la frontières ?
Ce n'est pas si anormal que ça : c'est L'Allemagne qui déclare la guerre le 3 août. Même si le conflit était inévitable (Chacun d’eux pressentait qu’il était menacé dans son existence même par l’ennemi héréditaire*; cet instinct collectif ne le trompait pas complètement puisque le «*programme de septembre 1914*» des dirigeants allemands envisageait «*l’affaiblissement de la France au point qu’elle ne puisse jamais plus devenir une grande puissance*»*; de leur côté, Delcassé, Poincaré et les chefs militaires français entendaient «*ramener l’Allemagne à sa situation d’avant 1866*»*; la politique russe de soutien aux minorités slaves de l’Empire austro-hongrois visait, à long terme, la destruction de l’État des Habsbourg*; la politique «*panturque*» du Sultan menaçait également l’empire des tsars de désintégration, etc.) la France, comme d'habitude, n'y était pas vraiment préparée militairement. Cependant l'écart entre la puissance militaire des deux nations est bien trop important car dans la réalité en 1914 la France pouvait aligner 74 divisions et l'Allemagne 94 (source Europa Universalis).
De plus il ya déja une importante garnison stationnée en Lorraine et historiquement la France comptait sur une résistance bien supérieure de la part des Russes donc ne s'attendait pas à une offensive aussi massive sur le front Belgique-Ardennes : "L’Allemagne ne croyait pas à l’intervention de l’Angleterre dans le conflit*: la surprise allait être désagréable. Les Alliés pensaient que la Russie retiendrait les troupes allemandes à l’est. Mais la lenteur de la mobilisation russe et la rapidité du plan Schlieffen des Allemands menacèrent, dès les premiers jours de la guerre, l’armée française d’un gigantesque encerclement. La guerre risquait d’être courte, mais désastreuse pour la France.
Surtout, les soldats français, en Lorraine comme à Charleroi, à l’offensive comme à la défensive, se montrèrent moins bons manœuvriers que leurs adversaires et ne subirent que des échecs. «*La chance de la France, a-t-on écrit, fut qu’ayant mal engagé l’épée, Joffre sut ne pas perdre l’équilibre.*» Ces graves revers étaient inattendus. Le succès de la retraite fut une autre surprise. Avançant au-delà de la Somme, von Kluck et von Bülow n’avaient pas réussi à envelopper l’aile gauche des armées franco-anglaises*; Gallieni invita alors Joffre et French à tenter un coup d’arrêt par une percée sur la Marne. Joffre avait réussi à ramener assez d’effectifs devant Paris pour que l’entreprise aboutît*: un vrai miracle qu’expliquent en partie l’incompétence du généralissime allemand von Moltke, les zizanies au sein de son haut commandement, la détermination tranquille de Joffre. Il est vrai que, contre toute prévision, les plans allemands avaient été bouleversés par une offensive inopinée des Russes, qui, pour respecter une des clauses secrètes des accords militaires conclus avec la France, avaient attaqué en Prusse au quinzième jour, alors que la mobilisation et la concentration de leurs forces s’étalaient sur 36 jours. Cette offensive effectuée sans l’appui des réserves surprit les Allemands à Gumbinnen, les obligeant à ramener en hâte quelques troupes du front occidental. Ces opérations, tout comme la présence d’un fort contingent anglais à l’aile gauche des troupes françaises contribuèrent également à l’échec du plan Schlieffen."
Les disparités en faveur de l'Allemagne, certes trop importantes, correspondent sans doute dans l'esprit des concepteurs à recréer la vitesse de l'offensive germanique initiale. En plus cela oblige à faire des miracles en défense puis en contre-attaque si on joue l'une des nations de la Triple Entente ce qui est toujours satisfaisant pour un stratège virtuel