Dandolo said:
Force est de constater que les Français avaient une stratégie de suiveur sur ce phénomène.
C'est un résumé des plus simplistes de la question. Certe la France n'a pas pris une part très active dans la colonisation de l'Amérique mais les raisons sont surtout structurelles, évenementielles, et je les développerais un peu plus loin.
Dandolo said:
Le Portugal a ouvert la route des explorations suite à la mise en place d'une politique volontariste maritime.
Je ne te contredirais pas sur ce point là.
Dandolo said:
L'Espagne a pris le relais en bénéficiant des effets d'expérience de son voisin.
L'Espagne ne "prend pas le relais" mais concurence efficacement le Portugal. Les portugais ne secesseront pas de découvrir, explorer et coloniser tout au long des siècles. Ce qui se trame entre portugais et espagnols n'est pas une coopération mais une véritable guerre dont l'enjeu sera la main-mise sur les richesses du monde.
Poussés par l'étroitesse de leur territoire et le manque de ressource naturelles les portugais partiront à la conquêtes des mers environnantes. Ce n'est surtout que sous Henri le Navigateur (1394-1460), et après la prise de Ceuta en 1415, que démarre l'aventure d'outre-mer.
Il reprend alors les politiques de ses predecesseurs et les découvertes des Génois (Madère et Açores ou s'expérimentera la culture du sucre) que ceux-ci n'avaient pu développer faute de moyens financiers et techniques. Et lance des explorations en directions du Sud, vers la routes des Epices...
Mais l'exploitation de ces routes et l'exploration ne sera possible qu'avec la création d'un nouveau navire, la Caravelle. Une "nouveauté" obtenue, par les portugais et les génois, en mélangeant la nef latine et la cogge de la Mer du Nord. Une innovation somme toute prévisible que tout le monde finira par adopté (c'est du darwinisme économique, tout le monde aurait pu en faire autant).
Les aventures Portugaises, et ses richesses (des mines de Guinés et du poivre de Malaguette principalement), aiguisent l'appetit d'Isabel la Catholique, qui, en dépit de la bulle papale de 1455 donnant les terres au delà du Cap Bojador au portugais, entamera une première guerre coloniale en 1475. Le traité d'Açovas (1479), mettant fin à ce conflit, reconnaîtra la souveraineté du Portugal sur ces terres en échange des Cannaries.
Le conflit est ancien et ne fera que se renforcer au fil des années. C'est dans ce contexte de lutte pour la souverainetté sur les mers, d'expansions territoriales et commerciales que se présente un italien, un "fou", un dénommé Christophe Colomb.
Il rencontre tout d'abord au Roy du Portugal, Jean II, et lui propose de découvrir une route maritime vers la Chine et qui passerait par l'Ouest. Basée sur une erreur de calcul plaçant la Chine en Floride sa propostion sera repoussée (et par les cours Anglaises et Française). Et ce d'autant plus que Colomb a des prétentions exhorbitantes, inacceptables, pour une route qui ne fera que renforcer l'Espagne (à cause des traités signées par le Portugal avec l'Espagne) au détriment du Portugal.
L'Espagne ne prend alors le "relais" que par un effet d'émulation. Il est a noté que les acteurs de ces conquêtes et explorations sont majoritairement italiens.
Dandolo said:
Les conquêtes de l'Amérique ont ensuite été menées par de faibles quantités de personnes, la nécessaire mise en place d'une administration, le partage et la mise en valeur des terres conquises, déclenchant un phénomène migratoire.
La conquête a été mennée avec de faibles quantités de personnes. Mais la nécessité existait-elle d'une présence plus forte ?
La colonisation ibérique à celà de particulier qu'elle se fait par les armes en asservissant des populations importantes. Le besoin d'une immigration forte ne se fait alors pas sentir. D'autant plus qu'en dehors de la masse de la noblesse espagnole, avide de gloire, la proportion de population prête à iimigrer doit-être faible (mais sur ce point pas je ne suis pas sûr je ne connaît pas l'exemple ibérique assez bien).
Le besoin de mise en valeur doit lui aussi être plus faible que pour des territoires comme le Cannada. Par essence la colonisation espagnole est une colonisation de conquête et non de peuplement, quand les populations indigènes disparaissent les espagnols partent ailleurs. C'est ce qui c'est passé dans les petites antilles ou les autres puissances Européenes on profité du vide créé pour s'implanter.
Dandolo said:
Angleterre et France ont suivi petitement. La première chassait au début sur les terres espagnoles et il a fallu la guerre civile pour que la colonisation débute véritablement en Amérique du Nord. Pour la France, les quelques tentatives en Floride et au Brésil sont à mettre principalement sur le compte d'un effet d'imitation des Britanniques.
Encore une fois je ne suis pas d'accord et de loin. La France n'a pu se permettre d'avoir une politique forte en Amérique pour une raison fort simple, elle était trop accaparée par ses ambitions continentales et ensuite par la guerre de Religions. Les années 1490 voient le début des guerres d'Italie, pays riche qui exerce un attrait considérable sur les rois français. Ensuite viendra les guerres contre l'Espagne et les Habsburg avant que le royaume ne sombre dans la guerre civile.
Mais ce n'est pas pour autant que la France s'est désintéressé de la question des Terre Neuve et de l'exploration. Les premières tentatives seront motivés par la circumnavigation de Magellan/El Cano de 1422. Elle attisera les espérances des marchands et banquiers lyonnais (italiens) et rouannais/dieppois de découvrir le "passage du Nord-Ouest" vers la Chine. Ceux-ic feront participer François Premier au finnancement de l'expédition de Verrazano.
Cette tentative vers les richesses de l'Asie seront reconduites dans les années 30 sous patronage royal (expéditions de Cartier). François premier contestera même auprès du Pape le(s) traité(s) de Tordesillas qui limitera le partage aux terres déjà découvertes. L'idée de colonisation, qui apparaitra après le deuxième voyage de Cartier, se fera toujours en concomitance avec la recherche d'un passage vers la Chine et la volonté de découvrir le royaume merveilleux du Saguenay.
Mais le début de la guerre contre Charles QUint marquera la fin des ambitions coloniales de la France pour une vingtaine d'années.
Les tentatives de colonisations au Brésil et en "Floride" seront motivés par la volonté de Coligny Amiral de France, et protestant réformé, de réunir catholique et protestant de France en luttant contre l'ennemi espagnol.
Ces premières tentatives se tournèrent d'abord vers la baie de Rio de Janneiro, mais pourquoi le Brésil ? Tout simplement parce que les marchands normands et du Saintonge y maintenant une présence forte depuis le début du XVI° siècle. Si à l'époque on recherche une présence permanente française en Amérique on ne la trouvera que sur les côte du Brésil (et sur les banc de Terre Neuve), ou elle existe par le biais de "truchements" (de jeune mattelot laissé pour vivre par mis les indiens pour devenir des interprètes).
Puis au cours de la décénie 1560 les tentatives se dirigeront vers la "Floride" espagnole et ce pour des raisons géostratégiques (les gallions espagnoles ne passent pas loin, présence des Grandes Antilles et territoire vierge, non occupé) et idéologiques (rassemblement des français malgré les différences religieuses). Malheureusement pour ces colons ils partirent le jour même du début des guerres de Relioion (1563).
Une France imitatrice ? Je le crois pas, du moins pas complètement, mais c'est tellement plus simple de la traité de suiveuse tout simplement car ce n'est point elle qui a été la première.