Lieutenant_Dan said:
Moralement, c'est pas bien de saisir les perches qu'on te tend. J'veux dire...
Bien sûr je ne parle que de ma petite expérience, mais j'ai cotoyé dans ma vie des gens de milieux très différents (oh je ne dis pas qu'hitler est le centre de leurs préoccupations... ni qu'ils savent bien qui il est précisément. Mais en gros ils savent que c'est un dictateur et une ordure, et qu'il y a un lien avec l'allemagne et les juifs)
En outre, je ne sais pas d'où tu sors ce chiffre de 40%... Tu as une source?

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Non, bien sûr.
Et je n'ai pas ton expérience. Ou plutôt je l'ai eu, une fois.
Bourgeois, fils de bourgeois, j'ai fait mon service militaire. Etudiant et plutôt gâté par la vie, j'estimais que c'était le minimum (putain, qu'est-ce que ça fait moralisateur...)
Bref, là, j'ai vu. Des gens que je ne connaissais pas. NG moyen 03 et j'avais 2 étudiants parmi les 40 gugusses : c'était d'ailleurs, humainement, les plus cons.
Je n'ai pas vu des gens mieux ou moins bien (sans pseudo-humanisme) mais des gens que je ne connaissais pas, des aliens.
Il ne s'agit pas de lycées ou de collèges défavorisés, ces types n'en avaient jamais approché.
Dans ma section j'avais un mélange Ch'tis-Normands-Caledos : ne pas remuer avant de servir.
Il y avait aussi un type qu'on avait sorti de prison pour faire son service : les caledos ont estimé qu'un passage par la fenêtre du 1er étage lui ferait du bien...
Un type à été violé ; un de ceux qui a assisté à ça, sans rien faire, a pété les plombs : j'ai passé une 1/2 journée à lui tenir la main gauche, de la la main droite il n'a pas lâché le radiateur... Le violé à été libéré, ce dont il était plutôt fâché.
Comprends : je ne veux pas faire pleurer Margot, mais un an avec ces personnes m'a fait ressentir que je ne vivais pas sur la même planète qu'eux. Je savais, je sais, qu'ils existent mais ils me sont, au fond, aussi étrangers que des Inuits.
A cette époque, 0,7 % d'une classe d'âge obtenait une licence ou plus. C'était mon lot commun, mon environnement, ma classe, peut-être.
Ceux-là m'ont appris à écouter, à être attentif et à me taire quand quelqu'un parle. J'ai entendu, pas compris toujours, et j'ai essayé d'entendre... J'essaye de ne pas oublier.
40% c'est n'importe quoi, évidemment, un sentiment, un impression ; mais arrêtes-toi au hasard, un village, une ville, une banlieue et pose la question "Adolf H. ?" je ne suis pas sûr de me tromper de beaucoup. Et je t'assure que ça ne traduit aucun mépris de ma part ; autres, c'est tout.
Dernier point : la télé n'est pas un témoin de notre époque : on le sait, mais on se fait quand même avoir. Seule solution : ne pas la regarder...
A la réflexion d'ailleurs, je ne vois pas pourquoi on ergote à ce propos,
vu que les gens qui ne connaissent même pas le nom d'hitler n'iront jamais voir la chute : alors les risques de dérapage dus à une mauvaise compréhension de ce film

, ça n'a aucune sorte de pertinence...
Ca, je suis d'accord : dans la continuité regarde le nombre d'entrée en France : une poussière, un plaisir d'intello. On joue à "hou ! hou ! fait moi peur !"
Et puis d'abord gna, etc.
Je me relis. Je laisse. Mais je n'ai pas réussi à faire passer ce que je voulais : il faudra que tu fasses un effort de bonne volonté.