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unmerged(5184)

Démon blond
Aug 3, 2001
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Originally posted by viper37
j'aime les noms des personnages :D

Sans rien révéler, il me reste encore 170 ans de jeu... Il y en aura bien d'autres encore... ;)


Originally posted by Polak
Euh....

Peut-on m'expliquer pourquoi on voit le blason de la Baviere alors que c'est le hesse qui est joué?

Ou alors, j'ai raté un épisode

Bien noté. :)

Je me suis dit que (1), comme ça fait longtemps que la plupart des gens ont changé pour EU2, ça serait bon de montrer les vieilles provinces, et (2), ça met un peu de couleur.

Je n'ai jamais réussi à poster des images de jeu, alors je suis allé sur un AAR qui avait été fait il y a quelques mois sur le forum, et j'ai pris une carte de l'Allemagne... Ça fait la job pour l'instant. :cool:
 

unmerged(5184)

Démon blond
Aug 3, 2001
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Dixième extrait: Rencontre au sommet


Tiré de la collection: Moments déterminants de l'histoire allemande.
Plusieurs dignités du landgravat de Hesse s'étaient réunies en ce froid matin du 17 février 1619 au château du roi Moritz... La salle dans laquelle ils se trouvaient était illuminée de flamboyantes bougies, et l'effet de la brillante lumière sur les lustres et les peintures attribuait à la pièce une allure jusqu'à un certain point féérique. Un splendide et imposant buste du roi Moritz trônait dans un coin de la salle, perçant du regard les invités de Feschen. Comme on pouvait s'y attendre, immédiatement à la droite de Feschen se trouvait l'esclave à la peau d'ébène mini-Apwebe, descendant du célèbre Apwebe. À quelques pas plus loin, se trouvait A-Lien, le cousin de Feschen, dont la présence avait suscité bien des bouleversements au sein de la Hesse. Un peu plus loin, Vehp XXXIX, descendant d'une famille de nobles autrichiens s'étant démarqué sur les champs de bataille (spécialement lorsque venait le temps d'écorcher les paysans). Enfin, un peu en retrait, se trouvait un homme que les autres convives n'avaient jamais rencontré auparavant... Homme de petite taille aux formes généreuses, dont le visage était souligné par quelques rides et un menton proéminent, il imposait le respect aux autres membres de l'assemblée, tant par son habillement raffiné que par la certaine hauteur qui émanait de lui.

Ce fut Feschen qui, le premier, s'éclaircît la voix et débuta la conversation...

Feschen: "Bonjour, gentilshommes. Comme vous le voyez, je ne suis pas resté inactif pendant mon voyage autour du monde. Lors d'un séjour à Rome, j'ai fait la connaissance d'un noble romain, le comte Oexmelius. À ma demande, il sera présent parmi nous pour une période de temps indéterminée, afin de nous faire part des enseignements italiens en matière de gestion d'un royaume."
A-Lien: "C'est pour moi un honneur de faire votre connaissance, m'sieur Oexmelius. Rome est loin d'ici, si je puis me permettre, et le voyage est long et précaire. Vous savez, tous ces brigands sur les routes... Mais je vois que vous êtes très légèrement vêtus; vous devez avoir été éprouvés par notre terrible hiver."
Oexmelius: "L'oiseau dont le froid aura eu raison chutera de sa branche sans jamais ne s'être plaint de son sort."
A-Lien, adoptant un air intéressant: "Très juste, en effet. J'ai également entendu dire qu'une marmotte, lorsqu'elle tombe d'un arbre, garde toujours la bouche ouverte."

Ne sachant trop quoi répondre à cet énoncé quelque peu déroutant, les délégués se turent pendant d'interminables secondes.

Feschen: "Hum... Tu as peut-être raison. Mais ne perdons pas de temps; nous devons entrer dans le vif du sujet. Poussés par nos alliés, Venise, nous avons récemment dû déclarer la guerre à l'empire ottoman. Or, nos dernières actions militaires ne se sont pas révélées particulièrement fructueuses; nous aimerions en apprendre davantage sur les technique de nos amis italiens."
Oexmelius: "J'aimerais en tout premier lieu que vous me détailliez vos stratégies offens..."
Vehp XXXIX: "CHHHHAAAAAARRRRRRGEZZZZZZZZZZZ!!!!"
Feschen: "Bref... Nous adoptons une stratégie essentiellement offensive..."
Oexmelius: "La ruse, mon cher, est une manoeuvre autrement plus efficace. Les mots s'avèrent bien souvent plus redoutables que les mousquets."
A-Lien, désirant probablement rattrapper son précédent et peu glorieux commentaire: "N'est-ce pas d'ailleurs Sun Tzu qui relatait, dans son Art de la guerre: "Il ne faut pas avoir peur de faire un virage à 360°"?"

Oexmelius semblait bien peu impressionné par les interventions de A-Lien. Feschen dut de nouveau intervenir afin de rétablir la situation...

Feschen, avec un rire forcé: "C'est ce qui fait qu'on l'aime tant, ce A-Lien; toujours si imprévisible... Ahem. Un autre point d'interrogation; après plusieurs décennies d'hostilité envers les Saxons, il semble que nous soyions désormais en mesure de coopérer; nous sommes partenaires au sein d'une alliance, et nous avons maintenant scellé le mariage de la fille du roi Moritz avec un prince saxon. Toutefois, nous reluquons toujours la riche province d'Anhalt. Que nous proposez-vous dans cette situation?"
Oexmelius: "Je vous répondrai en vous relançant la balle; quelles sont vos dispositions envers ce gênant voisin?"
Vehp XXXIX: "PAS DE QUARTIEEEEER! BRIIIIISEZ LEURS LIGNES! PASSEZ-LES AU FIL DE L'ÉPÉE!!!"
A-Lien: "C'est vrai, après tout; ces Saxons sont si impolis et impertinents..."
Feschen, tentant tant bien que mal de sauver la situation: "En résumé, nous aimerions leur donner une leçon d'humilité."
Oexmelius: "Je ne sais trop que dire; pourquoi, tel que nous l'enseigne la brillante Reconquista, ne pas s'allier à des voisins conservant une certaine haine envers la Saxe, afin de l'isoler et d'éventuellement la dépouiller de ses parties vitales?"
A-Lien, y allant d'un dernier effort: "Semble-t-il que la grenade est un fruit très populaire en Espagne par les temps qui courent; on dit qu'ils se sont même battus pour savoir qui allait bénéficier de ce fruit..."
Vehp XXXIX: "À L'ATTAAAAAAQUE!"

Le seigneur Oexmelius bondit de sa chaise, écumant de rage.

Oexmelius: "Quelle monstrueuse perte de temps! Vous n'êtes que des individus abjects, des être méprisables! Vous ne valez pas mieux que ces insectes que nous écrasons du bout de la semelle, chez nous à Rome! Vous tentez de diffuser une image gracieuse de vous, et pourtant, vous êtes restés des barbares sans imagination aucune au plus profond de votre conscience! Ce landgravat n'est qu'une comédie, une mascarade... une dérision! Vous cuirez en enfer, écervelés que vous êtes!"

Sur ce, il claqua les talons et s'en fut dignement, pour ne plus jamais être vu en Allemagne. Désemparé mais soulagé, A-Lien se pencha vers son voisin et lui confia...

A-Lien: "En bout de compte, on s'en est plutôt bien tiré, pas vrai?
Vehp XXXIX: "Assez perdu de temps! J'ai des Turcs à maltraiter!"

Quelques secondes plus tard, mini-Apwebe s'approcha de Feschen...

Apwebe: "Poulquoi avez-vous invité ce Oexmelius, monseigneu'? Poul sa statule, sa plestance, son savoil...?"
Feschen: "Rien de tout cela, mon cher mini-Apwebe. C'est juste que je trouvais qu'il a un nom tout à fait hilarant."


PS: Désolé, cet extrait est un peu long... Je crois qu'il en vaut tout de même la peine... ;)
 

Polak

Léonard devint ch'ti
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Sep 24, 2001
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Je n'ai jamais réussi à poster des images de jeu, alors je suis allé sur un AAR qui avait été fait il y a quelques mois sur le forum, et j'ai pris une carte de l'Allemagne... Ça fait la job pour l'instant. :cool: [/B]

Oh le petit filou.....;)
 

unmerged(5184)

Démon blond
Aug 3, 2001
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Originally posted by Polak


Oh le petit filou.....;)

Tant que j'aurai pas de meilleure solution... :( ;)

Beaucoup de travaux m'empêchent de continuer pour l'instant. Je vais essayer de poursuivre le CRP dans les prochains jours.

Bien à vous,
Pat!
 
Dec 20, 2000
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Je trouves qu'il faudrait effacer ce thread, l'éliminer, l'interdire, convevoir un virus qui en détruit toutes les copies & lobotomiser son auteur...

Il est tellement bon, qu'il me fait honte au regard du mien...
 

unmerged(5184)

Démon blond
Aug 3, 2001
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Originally posted by Alien
Je trouves qu'il faudrait effacer ce thread, l'éliminer, l'interdire, convevoir un virus qui en détruit toutes les copies & lobotomiser son auteur...

Il est tellement bon, qu'il me fait honte au regard du mien...

Si je n'étais pas à 6000 kilomètres de la Suisse la plus proche, je commencerais à m'inquiéter... ;)

Nouvel extrait dans plus ou moins 24 heures.
 

unmerged(5184)

Démon blond
Aug 3, 2001
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Onzième extrait: Plaisir à deux (première partie)


24 février 1631. Feschen était confortablement installé dans un fauteuil, carte de l'Allemagne en main. Son attention fut soudainement détournée de ses projets d'invasion par des clameurs et des cris de paniques venant du dehors, et semblant s'approcher graduellement. Les portes de la salle s'ouvrèrent alors brusquement, cédant le passage à Vehp XXXIX et A-Lien qui traînaient de peine et de misère un homme solidement bâti, au visage noble et beau, mais apparemment fort inquiet.

Vehp XXXIX, d'une voix forte: "Nous avons capturé un traître espion à la solde du Hanovre sous nos murs! Il répond au nom de Joachim von Kordehl, monseigneur."
Feschen: "Que viens-tu faire ici?"
von Kordehl: "Monseigneur, je suis en mission diplomatique. J'étais venu vous remettre des voeux de bonne volonté de la part du comte de Hanovre."
Vehp XXXIX: "Votre Grandeur. Usez de votre logique. Il vient de Hanovre; il ne peut dire la vérité!"
Feschen: "En effet... Il y a quelque chose qui m'échappe. Nous allons donc procéder, en accord les règles les plus élémentaires de sagesse, à un petit interrogatoire."


10 minutes plus tard, dans une salle de torture à la fine pointe de la technologie moderne...


A-Lien: "Pourquoi ne pas lui arracher les cheveux un par un?"
Vehp XXXIX: "Beaucoup trop aimable. Je propose qu'on lui fasse ingurgiter de l'eau jusqu'à ce que le Rhin soit vidé."
A-Lien: "Un peu long... Un bon vieil écartèlement, c'est ce qu'il lui f..."
Feschen, autoritaire: "En voilà assez! C'est moi qui commande! Mon bon Apwebe fils, qu'en penses-tu?"
Apwebe: "J'dois avouer que lui fai' boiw' tout le Lhin, ça selait assez diveltissant. Mais, une fois encole, c'est vous qui avez laison!"
Vehp XXXIX: "J'ai une idée... On pourrait le pendre par les pieds!"
Feschen: "Ça va faire! Sortez tous! La torture, c'est un sport d'équipe..."
Feschen: "... Et l'équipe, c'est moi! Allez, dehors!"
A-Lien: "Si on ne peut même pas s'amuser un peu." Apwebe fils, A-Lien et Vehp XXXIX sortirent, laissant Feschen et le pauvre prisonnier seuls dans la pièce sombre.

von Kordehl: "Est-ce que je peux crier à l'aide, monseigneur?"
Feschen: "Pourquoi pas? Si ca peut te faire plaisir..."
von Kordehl: "Est-ce que quelqu'un m'entendra?"
Feschen: "Hmmmm... Laisse-moi y penser... Non."
von Kordehl: "À L'AIIIIIIIIIIDEEEEEEEEEEEE!!!!!"


Plus tard dans la journée. Feschen sort de la salle de torture en trombe, là où se tiennent déjà depuis un moment ses trois acolytes apparemment surexcités.


Feschen: "Pfiou! Terminé! Qu'est-ce que ça dit?"
A-Lien: "Top chrono! Attends un peu... 2 heures, 12 minutes, 48 secondes!"
Feschen: "!$&?%"$&?%"$!!! Calvaire! À moins de six minutes de mon record! C'était pas facile, j'dois dire."
Vehp XXXIX: "C'est vrai que le gars avait l'air robuste..."
Feschen: "Ho non, c'est pas ça... Il a tellement crié que je n'ai pas été capable de lui soutirer les mots de la bouche. C'est à peine s'il ne se rendait pas compte que j'étais en train de le torturer. Quelle lavette!"
Apwebe: "Et alow, votle seigneulie... Quels sont les lésultats de votle entletien?"
Feschen: "Mon cher Apwebe fils... Des temps difficiles semblent se pointer à l'horizon. D'après ce que j'ai pu comprendre, le Hanovre profiterait de notre faiblesse et de l'effet de surprise pour nous envahir brutalement. L'arrivée de cet espion a été providentielle, mes amis."

D'une voix grave et solennelle, Feschen reprit...
Feschen: "Avant la fin de l'année, nous irons botter des derrières hanovriens."
 

unmerged(5184)

Démon blond
Aug 3, 2001
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Onzième extrait: Plaisir à deux (deuxième partie)


A-Lien: "Bonne nouvelle!"
Apwebe: "Que fait-on du plisonnier, m'sieu'?"
Feschen: "Ce que tu voudras, mon bon ami. J'ai plus important à penser. Je dois faire face à mon festin... Hum... destin."

C'est ainsi que pendant les mois qui suivirent, Feschen et ses acolytes consacrèrent leurs efforts au recrutement d'une armée à toutes fins pratiques invincible. Un excellent général, Eberstein, fut également engagé afin de seconder le puissant Vehp XXXIX. Wilhelm IV, à la tête de Hesse depuis 1627, accorda à l'offensive un appui sans équivoque. Lorsque Feschen fit parvenir à l'ambassadeur hanovrien la déclaration de guerre de son pays, le moral des fantassins était à un niveau encore jamais atteint. Lorsque Vehp prit la route de la ville d'Hanovre, rien ne semblait pouvoir empêcher un triomphe rapide et incontesté. C'est à ce sujet que Feschen consacre quelques lignes, en 1631...


Extrait du journal intime de Feschen, 12 juin 1631:

*%!"$&?%$!"$*?%!$!!!!! Calvaire! Les débris de mon armée sont arrivés ce matin. Vehp avait l'air tout à fait dépité, son lieutenant Eberstein faisait pitié à voir, et il manque étrangement 7000 hommes à l'armée qui est partie de ma capitale il y a un peu plus d'un mois. Comme si je devais être surpris de toute façon. Si, au moins, c'était juste ça... Non! Non seulement mon armée est défaite, mais il y a à deux jours de marche une armée hanovrienne toute en puissance, avec à sa tête un des meilleurs généraux d'Europe, et il est fort probable qu'elle assiège ma capitale et la pille de fond en comble... C'est juste à moi que ça arrive, ces choses-là. J'ai vu mon psychologue tantôt; il m'a dit de ne pas m'en faire, que même si ça va mal, au moins il me reste la santé... Crétin.


L'armée du landgravat de Hesse fut de nouveau vaincue sous les murs de Kassel, en Hesse, et dut retraiter en direction de Clèves tandis que l'armée hanovrienne de Luneburg mettait le siège à la capitale. Feschen se trouvait ainsi coupé du monde extérieur, et il cherchait désespérément un moyen de communiquer avec son armée, afin de lui ordonner de contre-attaquer l'ennemi. Par ailleurs, comme dans tout siège, les vivres vinrent bientôt à manquer...

Feschen, alors qu'il mangeait un délicieux morceau de viande: "Nous pourrions tenter de percer leurs lignes?"
Serviteur anonyme: "Impossible, sire. Leur général aurait tôt fait de nous mettre en pièces."
Feschen: "C'est vrai... Je sais! Pourquoi n'enverrions-nous pas des signaux de fumée?"
Serviteur anonyme: "Nous risquerions de faire brûler la ville, sire."
Feschen: "C'est juste... J'ai une idée! Envoyons un pigeon voyageur!"
Serviteur anonyme: "Monseigneur... Vous êtes en train de manger le dernier."
Feschen, s'étouffant: "!$&?!/%?&!"/&?%!!! Calvaire!"

La situation, toutefois, n'était pas désespérée; le général Vehp XXXIX, après avoir fait appel à quelques volontaires additionnels, lança une contre-attaque sur la capitale. Évidemment, il perdit de nouveau, mais son adversaire subit de telles pertes que, en nombre insuffisant et risquant d'être anéanti, il dut retraiter sur ses terres, abandonnant ainsi Kassel. Vehp XXXIX lança un assaut et parvint à éliminer définitivement l'armée hanovrienne, mettant le siège sur la ville le 2 avril 1632. Le château était gigantesque, et il fallut près de trois ans (durant lesquels, sans surprise, l'hiver fut particulièrement glacial, tuant ainsi plusieurs hommes) pour enfin en venir à bout. Elle capitula finalement le 20 septembre 1635, et fut aussitôt annexée aux possession de Wilhelm IV, roi de Hesse. La province, grâce à son commerce de tissu prospère, sa manufacture et ses forteresses imposantes, allait se révéler un atout considérable pour Hesse dans les années à venir.

Sur le chemin du retour, Feschen, croisant les écuries, remarqua un homme petit, à la peau pâle et osseuse, auquel il manquait deux dents, une partie de l'oreille droite, et ayant le dos courbé et de terribles et repoussantes blessures aux bras et aux jambes. Feschen se tourna vers son éternel confident, Apwebe fils...


Feschen: "Il me semble l'avoir déjà vu quelque part... Avez-vous une idée qui c'est?"
Apwebe: "Il se nomme von Koldehl, maîtle... On lui a lécemment donné un tlavail dans les éculies pal pitié."
Feschen, indifférent: "Non... Ça ne me dit rien."
 

unmerged(5184)

Démon blond
Aug 3, 2001
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Douzième extrait: Pionniers d'un monde nouveau


Juin 1648.

"Y'a toujours ben des osties de limites!"

C'est en ces termes que s'est exclamé un jeune homme fougueux au moment où il pénétrait dans une salle occupée par nul autre que Feschen, le premier assistant du roi de Hesse, ainsi que son cousin A-Lien. Il était coiffé d'un chapeau en peau de castor, et habillé d'une veste carrottée, de bottes énormes ainsi que d'une ceinture fléchée, accoutrement fort peu orthodoxe pour un Européen. Aucune des sentinelles n'ayant pu s'interposer, l'homme se plaça directement en face de Feschen, le forçant à engager la discussion...

Inconnu: "On dirait que tout le monde essaie de se crisser dans mon chemin pour m'empêcher d'vous dire ma façon de penser! Déjà, sur l'océan, un espèce d'imbécile heureux d'Anglais s'est mis dans mon chemin et a essayé d'me faire payer une taxe. J'ty ai crissé ma hache entre les deux yeux, ç'a pas été long. J'cré ben qu'y reviendra pu m'faire chier avant un bout d'temps!"
Feschen, grandement étonné: "Quel est votre nom, jeune homme?"
Inconnu, avec un air de défi: "Je viens d'un des fiefs d'Amérique du royaume d'Hesse, Rimouski. Je n'ai pas de noms précis; certains m'appellent Schnee, d'autres Kälte, certains Eis, et enfin mon épouse m'appelle Frost."
A-Lien, chuchotant à l'intention de Feschen: "Mon allemand est toujours hésitant... Que veut dire Frost, en français?"
Feschen: "Gel. Ça veut dire gel."
Frost: "Sainte-Anne, ben sûr que ça veut dire gel! Ça parait que vos p'tites fessses dorées ont jamais été se geler ben drette sur nos rivages glacés! On vous reverrait deux mois plus tard, vos dents danseraient comme des clackers!"

Suite à ces cordiaux échanges, Feschen en arriva au vif du sujet.

Feschen: "Qu'est-ce qui explique votre présence, monsieur?"
Frost: "Comme j'vous ai dit tal'heure, j'suis venu direct de Rimouski jusqu'ici. Si j'suis v'nu, c'est pas pour rien, sois en ben sûr! Pendant que vous perdiez votre temps à mater des révoltes contre ces crétins de paysans d'Hanovre, nous on a eu à affronter une meute de simonac d'Indiens qui sont v'nus nous voler nos terres. Ha, par Sainte-Anne, on s'est battus comme des chefs; j'vous le dis, au moment où j'vous parle, ces bâtards-là sont en train d'engraisser la mauvaise herbe! On leur a fait manger un gros char de marde! On..."
Feschen, agacé: "Oui, oui... Continuez, ne vous perdez pas dans les détails."
Frost: "C'est bon. Com' j'disais, les Indiens ont attaqué nos bâtisses. Y'ont beau pas être ben ben brillants, les bâtards, y'étaient dix fois plus que nous. On a fini par se faire sacrer une râclée. Y'a plein d'mes potes qui sont morts. La province a perdu toute son dynamisme. Pis moi j'suis venu vous voir pour vous d'mander des renforts pour qu'on botte le cul à ces imbéciles d'indigènes."

Feschen réfléchit un instant...

Feschen: "C'est impossible."
Frost, dépité: "C'ment ça, criss?"
Feschen: "Premièrement, Rimouski est trop loin d'ici, et elle nous rapporte que peu de revenus. Sa reprise ne justifie pas qu'on lance une opération de grande envergure. Deuxièmement, nous aurons besoin de tous nos hommes en Europe; les habitants d'Hanovre menacent de se révolter, et nous prévoyons agrandir notre territoire sous peu. Enfin, nous venons de rembourser un emprunt fait pour annexer Hanovre... Ce n'est pas le temps de se lancer dans les dépenses folles."
Frost: "Ten peu, toé... Si j'comprends bien, pis j'suis pas fou, tu m'dis que t'iras pas nous aider?"
Feschen: "En effet. D'autre part, un voyage nous serait impossible; nous ne disposons d'aucune flotte. La région d'Oldenburg ne permet pas la fabrication et l'entretien d'une force maritime suffisante."
Frost: "Tu veux dire que t'es allé annexer une ville qui génère pas ben ben de revenus, qui ne peut pas se faire de bateaux, mais qui peut facilement se faire envahir par la mer? C'est pas du gros génie, ça!"
A-Lien, pointant en direction de Feschen: "C'était son idée. J'étais pas encore là quand il l'a fait!"

Il fallait, tôt ou tard, que cette discussion tire à sa fin...

Feschen: "Je crains ne rien pouvoir faire afin de me porter à votre secours, mon brave. Veuillez agréer mon plus grand désarroi face à cette situation. Ma décision, toutefois, demeurera inflexible."
Frost: "J'veux ben, mais là vous m'dites que y'a pas moyen de retourner chez moi. Ça veut dire que j'suis coincé icitte?"
Feschen: "Je le crains, en effet. Mais ne vous faites point de souci; vous serez traité avec bienveillance."
Frost: "Ben là, sacrament, j'espère ben. Ça serait le boutte d'la marde qu'on me traite comme un chien sale!"
Feschen: "J'aime votre franchise, monsieur. Je vous offre une place sur mon conseil. Vos suggestions, ainsi que celles de vos fils, auront désormais une grande influence sur le destin de cette nation, et même sur celui du monde."

Frost: "Ha ben, bout d'viarge! À matin, j'étais un simple paysan, et maintenant j'suis un noble, moé, m'sieur! Ça doit être ca, le grand rêve européen! Je m'aime!"
 
Last edited:

unmerged(5184)

Démon blond
Aug 3, 2001
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Pause!

Comme vous l'avez remarqué, la partie a atteint (et même dépassé) la moitié. Dépendant du point de vue du lecteur, le verre de vin symbolisant le CRP est soit à moitié plein, soit à moitié vide. Personnellement, j'en ai rien à battre. Pour certains, ça veut dire "Enfin, on a atteint la moitié... il n'en reste plus qu'une et on sera débarrassés de Pat pour un bout de temps". Pour d'autres, ce sera plutôt, "Heureusement qu'il reste encore une pleine moitié, d'autres bons moments en perspective." Peu importe. :cool: ;)

J'ai perdu un peu de mon rythme récemment; peu importe ce que vous dira Viper37, j'ai effectivement du travail à faire, et j'suis présentement dans ma période "intensive". En plus, avec des voisins de plus en plus forts, ce n'est plus aussi facile de faire ce que je veux. C'est pourquoi je vais interrompre mon CRP pour quelques jours (2 à 3 semaines, probablement) afin de consacrer ne serait-ce que quelques heures à mes études, et avancer un peu la partie. 30 ans d'avance sur l'écriture, ça me donnera plus de marge de manoeuvre. Plus de qualité, mes chers lecteurs. :)

Comme d'habitude (...), sentez-vous libres de rajouter tout commentaire. Si vous avez un point négatif que vous aimeriez me transmettre, faites-le de la manière la plus blessante possible; ça donne des débats plus intéressants. :D Mais, siou plait, ne me menacez pas de m'envoyer sur le forum anglophone; mes intentions, à la base, sont bonnes.

C'est quelque chose que je ne souhaiterais pas à mon pire ami. Vous devriez avoir honte! :mad:

Bien à vous,
Pat!, écrivain émérite
 

unmerged(5184)

Démon blond
Aug 3, 2001
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Aucun message.

Même pas un minuscule petit message.

Quoi qu'il en soit, je suis plutôt occupé ces temps-ci. J'avais réussi à jouer un peu hier, mais 10 ans de temps de jeu se sont subitement volatilisés alors que mon ordinateur m'a fait... défaut.

*C'était seulement un petit message pour faire remonter le thread (il était sur le point de disparaître complètement) et pour signifier que le AAR/CRP est loin d'être complété. Au contraire!

Pat!
|--> vous allez bientôt me voir sous un nouveau nom :)
 

viper37

Lord Translator
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Apr 27, 2001
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  • Europa Universalis III Complete
  • Age of Wonders III
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duh! J'avais pas remarqué :D

je viens de voir ça et je me suis dit "tient, ça fait un bout de temps qu'il ne l'a pas mis à jour :D "
 

unmerged(5184)

Démon blond
Aug 3, 2001
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Treizième extrait: Hippies avant l'heure


Tiré de l'oeuvre Histoire impartiale de l'Allemagne, par l'historien Johannes S. Vihmes, imprimée au XIXième siècle: Paix en Allemagne au milieu du XVIIième siècle; le triomphe de la civilisation avec un grand C.: Je ne vous apprendrai certes rien en vous mentionnant que, très tôt, les Allemands firent preuve d'une magnanimité exemplaire. Ne dit-on d'ailleurs pas de ceux-ci qu'ils sont "nés pour rendre service"? S'ils se démarquent par ailleurs de la masse par leur courage et leur détermination hors du commun, ils ont été depuis toujours loués par leurs adversaires les plus acharnés pour leur piété, leur générosité ainsi que leur esprit chevaleresque. Nulle part ailleurs n'a-t-on vu de peuple aussi vaillant. Il ne faut donc pas se surprendre que ce soit précisément en Allemagne, au milieu du XVIIième siècle, que l'on aperçoit les premiers signes d'un mouvement de pacification qui s'étendra ensuite à l'Europe entière.


ARTICLE DE JOURNAL PARU DANS LE QUOTIDIEN Chroniques de Kassel, 12 octobre 1652:

De récentes études ont démontré que le besoin de sécurité figure parmi les préoccupations les plus déterminantes sur la santé d'un individu. Il semblerait en effet que les hommes sont plus productifs lorsqu'ils savent qu'ils ne mourront pas d'ici peu. Cette surprenante conclusion viendra sans doute valider la position des monarques européens qui, depuis quelques années, adhèrent massivement à la position de l'assistant principal du landgrave de Hesse, Feschen. Celui-ci, qui en étonne plus d'un par son exceptionnelle longévité, avait déclaré en juillet 1648 qu'il était grand temps qu'après plusieurs siècles de tensions et de déchirements, il était nécessaire que les puissants de la Chrétienté mettent un terme à leur dispute afin de consacrer une plus grande partie de leurs efforts à l'amélioration des conditions de vie de leurs sujets. Dans un discours mémorable, il avait souligné l'importance d'assurer l'équilibre de la scène politique européenne et d'instaurer la confiance au sein des relations entre états. "Il est absolument injustifiable, a-t-il déclaré, de s'en prendre à un autre pays sans raison valable, que ce soit pour des raisons politiques, économiques ou religieuses."

Feschen a par ailleurs indiqué qu'il avait envahi le Palatinat en août 1648, donc un mois plus tard, pour des motifs tout à fait différents. "Il existe", a-t-il mentionné avec conviction.

Le général Vehp XXXIX, lorsqu'on l'a interrogé, abondait dans le même sens. "Nous ne pouvons tout simplement tolérer davantage de violence. Nous en sommes rendus à un moment critique; soit nous unissons nos forces, soit nous continuons à nous battre et à nous affaiblir mutuellement. Le choix n'est pas bien difficile. Dans le cadre de cette nouvelle théorie, mes hommes se sont abstenus, lors de la campagne au Palatinat, de tout pillage, de tout massacre, et de tout viol."

De tout viol?

"Bien... Nous y sommes allés avec modération. Nous avons été un peu plus sévères avec les Hanovriens, toutefois, dont la révolte nous a forcés à se retirer de Palatinat, et à ne réclamer que la province de Mainz en retour de la paix."

"La guelle donne un mauvais exemple poul nos enfants", a de son côté noté Apwebe fils, conseiller de Feschen, alors qu'il effectuait une séance de torture en compagnie de son bambin de 7 ans. "Nous tentons de leu' enseigner des valeu's, et la dispute n'est définitivement pas l'une d'elles. Nous devons applendle à contlôler les éléments destlucteu's de notle envilonnemTU VEUX PAS PAWLER, HEIN? On va passer à l'écaltèlement, ça va peut-êtle t'inciter à être plus coopélatif."

Un proche parent de Feschen, un dénommé A-Lien, s'est quant à lui exclamé: "Les paroles d'un pasteur berlinois, Johann Lenhon, me reviennent à l'esprit; imaginez tous les hommes de la Terre, races et religions confondues, oubliant un instant leurs différences, s'entraidant et se tenant la main, sans amertume aucune... En y pensant bien, tous sauf les Anglais. Je n'ai jamais vraiment aimé les Anglais."

Après tout, qui aime les Anglais?



*L'article est une adaptation d'un article qui peut être trouvé sur SatireWire.com, et que j'avais trouvé excellent. :D
** Une suite viendra dans les prochaines 72 heures... L'électeur palatin en a plein les bras. :eek:
 

viper37

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La guelle donne un mauvais exemple poul nos enfants"
c'est quoi une guelle? :D
 

unmerged(5184)

Démon blond
Aug 3, 2001
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Originally posted by viper37
c'est quoi une guelle? :D

Une guerre...

Regarde moi pas comme ça! C'est Apebe/Apwebe qu'il faut blâmer! :D


Originally posted by Apebe
pour ma part je ne te conseille pas trop d'avoir trop d'avance . C'est ce que j'ai fait pour mon AAR et du coup quand le moment d'écritre fut venu, je suis resté en panne.
Le mieux s'est de coller au plus près. Il faut transposer tes sentiments lorsque tu joue le plus vite possible en texte.
Stick to it baby !

C'est ce que j'ai remarqué aussi. Quand on joue et écrit simultanément, on peut toujours se souvenir d'un petit détail intéressant (une crise, un emprunt, un investissement) qu'on ne prend d'habitude pas le temps de noter.

Le problème, toutefois, est que c'est beaucoup plus facile et rapide d'écrire que de jouer. Ce qui fait que si j'avais toujours un 15 ans d'avance, je pourrais probablement aller deux fois plus vite, minimum.

Ça fait durer le plaisir... ;)
 

Sam Vimes

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ouais la suite :)

j'avoue que j'aime beaucoup la défénition de la pacification allemande au 17eme siècle :p


ps: pourquoi un nouveau pseudo? et c'est qui Scylax, c'est ton vrai nom :D?
 

unmerged(5184)

Démon blond
Aug 3, 2001
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Quatorzième extrait: Quand l'ennemi est à genoux...


Extrait du journal intime de Feschen, 13 août 1653:
Il semble bien que notre mouvement de pacification n'ait pas obtenu les résultats escomptés; il semble que l'Europe entière, sauf Hesse, soit en guerre. Tant mieux; ce n'est pas en fumant le calumet de la paix et en chantant des ballades que nous forgerons un empire. D'ailleurs, j'ai d'autres plans en tête. Le Palatinat n'a opposé qu'une faible résistance à mes armées lors de l'invasion de 1648-50. N'eût été de cette terrible révolte au Hanovre, il m'aurait probablement été possible de rayer la couleur noire de la carte. Le Palatinat ne sera pas capable de m'opposer de résistance si je l'envahis à nouveau; la capture de l'Helvétie, de Baden et du Pfalz m'apporteraient les revenus nécessaires à la conduite d'une guerre contre la Saxe. Et le Brandebourg. Et la France. Et l'Angleterre. Et la Suède. Et l'Autriche. Et... bref. Comme le dirait ce bon vieux Frost s'il était présent, on va leur mettre le cul au pied, ou quelque chose comme ça.


Dès 1653, les préparatifs allèrent bon train; de nouvelles cohortes de mercenaires furent levées partout à travers le landgravat, un programme de fortification des grandes villes fut entrepris (programme auquel participa le landgrave Wilhelm VI lui-même, alors qu'il finança d'importants travaux dans le Munster), et les Hanovriens furent durement châtiés, par mesure de prévention. À l'expiration de la trêve de cinq ans occasionnée par la conclusion de la paix en 1650, Feschen déclara de nouveau la guerre au Palatinat, et dirigea ses armées sur le pauvre état de nouveau dépassé.

Ce fut une campagne brève et sans histoire. Pris par surprise, l'électeur palatin n'eut d'autre choix que de fuir sa capitale à l'approche de l'ennemi, capitale qui tomba le 19 octobre 1657. Le Baden tombera par la suite le 18 février 1659, au terme d'un siège long et éprouvant. Comme il fallait s'y attendre, un hiver a évidemment ravagé les rangs des troupes de Hesse.
(NDLR: Non, ce n'est pas des farces. Je vous le jure, on dirait qu'à chaque fois que j'entreprends un siège, la province est miraculeusement victime d'un hiver "frisquet". Et, bien sûr, les défenseurs du château ne sont jamais atteints; c'est toujours moi qui souffre.)

L'électeur palatin, se retrouvant dans une position fâcheuse, choisit alors de retraiter en Helvétie avec le gros de son armée. C'est ainsi que, lorsque Baden tomba, près de 8,000 fantassins étaient stationnés dans les montagnes suisses, attendant l'assaut inévitable. Feschen intima à ses généraux l'ordre d'attaquer dans les plus brefs délais. L'armée de Vehp XXXIX, toutefois, connut un cinglant échec, et Feschen dut rapidement se rendre à l'évidence; jamais il ne serait capable de vaincre l'armée palatine. Dans ces conditions, il offrit à son adversaire la paix, en retour de la province de Baden. L'entente fut scellée à Mainz, le 4 juillet 1659.


13 juillet 1659. Feschen tente de justifier sa décision devant le landgrave Wilhelm VI, fort mécontent.
Wilhelm VI, hors de lui: "Qu'est-ce qui vous a pris, monseigneur? Le Palatinat était à genoux. Qu'est-ce qu'on fait, dites-moi, avec un homme à genoux? On l'aide à se relever? Non! On le frappe plus fort encore, afin de s'assurer que plus jamais il ne se relèvera! Pourquoi diable avez-vous laissé filer l'opportunité d'annexer à notre territoire plusieurs provinces fort alléchantes?"
Feschen, désemparé: "Maître... Le Palatin était si bien retranché que sa position était imprenable. Il nous aurait fallu, pour le déloger, des ressources que nous ne possédions pas; le siège de l'Helvétie aurait été de plus très fastidieux. Je me suis dit qu'il serait mieux d'attendre le moment propice; notre armée est encore intacte, après tout."
Apwebe: "Si je peux me pelmettre, maîtle, notle almée est intacte, celtes, mais il y a un petit ploblème..."
Feschen, impatient: "Quoi, Apwebe? Parle!"
Apwebe: "Notle génélal, Vehp XXXIX, a commis une petite elleul... Comme sa boussole était défectueuse (c'est ce qu'il affilme, du moins), il s'est diligé vels le sud, et ses hommes et lui sont maintenant stationnés dans le Milanais, qui appaltient à la Pologne."
Feschen: "Quel est le problème? Qu'on les rapatrie!"
Apwebe: "Votle honneu' ne complend pas... Poul levenil en tellitoile de Sa Majesté, Vehp devlait passer par l'Helvétie. Ol, l'Électeu' palatin lefuse coûte que coûte de le laisser passer, et comme nous avons signé la paix, il n'est plus possible de tlavelser le pays sans son applobation. Nos tloupes sont donc coincés indéfiniment dans le Milanais et, bien qu'elles soient devenues complètement inutiles, elles continuent de demander leu' plein salaile."
Feschen: "!"$?%"¤£¢¬²¢£¬¤@!/$&?%"$&¤¢£¤¢£¢£@¦¢%"$*&$*&%!!!!!!"


Suite à cet accès de colère, plusieurs hommes durent réconforter le chétif Wilhelm VI, qui ne fut malheureusement plus jamais le même. Terrifié, il sombra graduellement dans la folie et ne quitta bientôt plus son lit. Dans un rare moment de lucidité, il put confier à ceux qui, à son chevet, veillaient sur lui: "Cette journée-là, les murs tremblèrent."



NDLR: Désolé pour cet extrait somme toute plutôt moyen. Je n'avais pas beaucoup de temps, et des évènements beaucoup plus inspirants s'en viennent bientôt. Ne désespérez pas. :)

Sam: Scylax n'est pas mon nom, bien que ça me ferait certainement plaisir. Tout sauf mon abominable Pierre-Luc. Scylax est le nom d'un explorateur grec qui, à la solde du roi perse Darius, explora les côtes maritimes de l'Inde en vue de sonder le terrain et de préparer une expédition. Il semble que le périple était fort risqué, et Scylax en a par la suite récolté de la gloire et des richesses. :cool:
 

unmerged(5184)

Démon blond
Aug 3, 2001
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Quinzième extrait: Quand on y prend goût; la 1ière Grande guerre du Nord (1ière partie)


12 novembre 1661. La chambre de Feschen n'est éclairée que par la faible lumière de l'aube, tandis qu'il se levait, une importante idée en tête. Il allait convoquer une réunion d'urgence lorsque sa porte claqua violemment, laissant entrer un Apwebe fils apparemment bouleversé.

Feschen: "Tu me sembles préoccupé, mon cher Apwebe... Que t'arrive-t-il donc?"
Apwebe, d'une voix brisée: "Il est allivé quelque chose de tlès glave à votle demi-flèle, A-Lien, votle glâce..."
Feschen, agacé: "Qu'a encore fait cet insouciant?"
Apwebe: "Votle Honneu'... Il a été lenvelsé pal une challue..."
Feschen: "Une quoi?"
Apwebe: "Une challue."
Feschen: "Ha... Tu veux dire, une charrue."
Apwebe: "Effectivement! Je lacontais donc, votle demi-flèle s'est fait lenvelsé pal une challue alo's que, levenant de son voyage en Plusse, il tlavelsait le Blandebou'g. Il est mo't su' le coup."
Feschen, effondré: "Donne-moi des détails, Apwebe, je t'en prie!"
Apwebe: "Bien... Nous sommes allivés sul place dès que possible. Nous avons essayé d'intelloger votle demi-flèle, mais sans lésultat plobant... Il n'était pas palticulièlement volubile, vous savez. Quoi qu'il en soit, les plemiers lésultats de notle enquête démontlent que s'il n'y avait pas eu de loute à cet endloit, l'accident ne se selait jamais ploduit."
Feschen: "À la lumière de cette conclusion, Apwebe, le seul responsable de cette tragédie serait donc le Brandebourg!"
Apwebe: "C'est une bonne déduction."
Feschen: "Alors, il nous faut les châtier sans plus attendre. Sinon, j'ose à peine qui sera la prochaine victime de leurs terribles machinations. Donnez l'ordre de regrouper nos armées, nous attaquerons dès que possible. (plus bas) Qu'en penses-tu, Apwebe?"
Apwebe: "C'est une heuleuse décision, puisque c'est la vôtle."


C'est ainsi qu'en un temps record, Hesse, dont les effectifs avaient été amoindris par la guerre face au Palatinat, tourna ses énergies vers le Brandebourg, nation fort puissante qui s'imposait alors comme le maître d'Allemagne de l'Est. Si le Brandebourg, en 1661, était plus puissant que la Hesse, celle-ci avait par ailleurs deux bonnes raisons d'espérer la victoire.
Primo: L'alliance de Hesse avec la Pologne, absolument inutile jusque là, permettrait de tenailler le Brandebourg et de diviser ses forces sur deux fronts.
Deuxio (...): La guerre que menait le Brandebourg contre l'alliance prusso-suédoise commençait à l'affaiblir gravement.
Avec en main ces conditions gagnantes, Feschen, une fois ses armées mises sur pied, déclencha le 5 septembre 1662 les hostilités avec le Brandebourg, assisté de son allié saxon. Du côté de Hesse s'alignaient par ailleurs la Pologne, Venise, ainsi que les cités italiennes de Gênes et de Modène.

"Modène?", s'exclama Feschen. "Très réjouissant."

L'effet de surprise fut total, et les armées stationnées à la frontière du Brandebourg furent bousculées, tandis qu'était entrepris le siège de la ville de Brême. Sans doute pour éviter qu'on l'oublie, le monarque danois, bien qu'ayant toutes les raisons du monde de se venger du Brandebourg qui lui avait pris le Jylland, jugea préférable de déclarer la guerre à Hesse le mois suivant. Bien sûr. Ce furent pas moins de 20,000 Danois qui débarquèrent en Oldenburg, sans doute pressés de mourir.

La puissante cité de Brême tomba finalement le 27 septembre 1663, suite à un an de siège, mais l'armée de Vehp XXXIX dut ensuite retraiter en Hesse afin de contrer une offensive menée conjointement par la Saxe, le Brandebourg, le Danemark et (joie!)la Russie (alliée des Danois). Comme à son habitude, il échoua lamentablement, étant vaincu à plusieurs reprises. Des sièges furent entamés dans les provinces de Hanovre et de Mainz, tandis que Baden tombait aux mains des rebelles. Même la présence depuis le début de 1663 d'un landgrave compétent, Wilhelm VII, à la tête du royaume ne put retourner en la faveur de son pays le sort des armes. Dans cette situation déjà défavorable, une autre tuile s'abattit sur les la tête déjà chancelante de Feschen...


Conseil de guerre de Hesse, 7 novembre 1664:

Feschen: "Je considère donc qu'il faut attaquer sans plus att..."
Messager, l'interrompant: "Sire! Le Palatinat vient tout juste de nous déclarer la guerre!"
Feschen: "/&?%"$²¬¤¢¦¤¢£%?$/!!!!! C'est à croire que personne ne nous aime!!!"
Apwebe, s'étouffant: "Ben..."
Feschen, retournant la tête: "Que signifiait donc cet éclat de voix, Apwebe?"
Apwebe, embarrassé: "Absolument lien, votle Glandeu'!"
Feschen: "Voudrais-tu insinuer que nos voisins ne seraient pas en bons termes avec nous, Apwebe?"
Apwebe, embarrassé: "Hum... Non, non."
Wilhelm, embarrassé: "Ahem... C'est complètement... absurde..."
Frost, embarrassé: "Tout le monde nous... nous aime, c'est ça!"
Diplomate polonais, embarrassé: "Je peux confirmer; votre nom est... adulé. partout dans le monde."
Apwebe, embarrassé: "Vous voyez?"

Feschen, rassuré: "Vous me réconfortez, mes chers amis!"
 
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