L'enfilade de VP sur l'histoire de la géographie m'a fait re-réfléchir sur la question de la périodisation en histoire. Je sais que, comme personne n'est contre la vertu, il est d'usage de dénoncer la séparation artificielle qu'introduit la périodisation, séparation que rend trop tangible la formation académique en «moderniste», «médiévistes» et autres -istes.
VP a répété souvent dans cette discussion qu'un des problèmes sur l'histoire de la géographie est le regard rétrospectif jeté sur la période par des modernistes qui ne connaissent rien au Moyen Âge. Il a sans doute raison: comme moderniste, je confesse aisément que je n'y connais pas grand'chose. J'ai peut-être le problème inverse avec les médiévistes. Plusieurs d'entre eux, soucieux de lutter contre l'image de temps obscur associé à leur période, en font la source de toute «modernité»: naissance de l'État, de l'opinion publique, des grandes découvertes, de la découverte de l'«Autre», Renaissance carolingienne, etc. Autant de concepts de maniement difficile pour les modernistes que les médiévistes reprennent sans trop d'état d'âme... À vouloir chercher dans le Moyen Âge le début de tout, est-ce qu'on n'efface pas tout de même les distinctions bien réelles entre - disons - le 13e siècle et le 16e siècle ? Est-ce que les modernistes veulent vraiment trop marquer la rupture entre leur époque et le passé ? Remarquez, je reproche aussi à beaucoup de modernistes (surtout du monde politique), aveuglés par la Révolution, d'ignorer le 19e siècle.
Alors, y a-t-il vraiment quelque chose comme des caractères originaux d'une période ? Plus loin dans le fil, VP dit quelque chose comme «Christophe Colomb est vraiment un homme du Moyen Âge». Est-ce que ça existe, un «homme du Moyen Âge» ou de la Renaissance ? Est-ce que le concept même de «modernité» (au sens où les historiens l'entendent) a une légitimité ? Y a-t-il vraiment rupture des caractères «essentiels» entre Moyen Âge et Renaissance ?
Je n'ai pas de réponses - du moins, rien de bien solide et réfléchi, mais je suis tout de même curieux d'entendre les vôtres. Ou vos propres embryons de réflexions là-dessus.
VP a répété souvent dans cette discussion qu'un des problèmes sur l'histoire de la géographie est le regard rétrospectif jeté sur la période par des modernistes qui ne connaissent rien au Moyen Âge. Il a sans doute raison: comme moderniste, je confesse aisément que je n'y connais pas grand'chose. J'ai peut-être le problème inverse avec les médiévistes. Plusieurs d'entre eux, soucieux de lutter contre l'image de temps obscur associé à leur période, en font la source de toute «modernité»: naissance de l'État, de l'opinion publique, des grandes découvertes, de la découverte de l'«Autre», Renaissance carolingienne, etc. Autant de concepts de maniement difficile pour les modernistes que les médiévistes reprennent sans trop d'état d'âme... À vouloir chercher dans le Moyen Âge le début de tout, est-ce qu'on n'efface pas tout de même les distinctions bien réelles entre - disons - le 13e siècle et le 16e siècle ? Est-ce que les modernistes veulent vraiment trop marquer la rupture entre leur époque et le passé ? Remarquez, je reproche aussi à beaucoup de modernistes (surtout du monde politique), aveuglés par la Révolution, d'ignorer le 19e siècle.
Alors, y a-t-il vraiment quelque chose comme des caractères originaux d'une période ? Plus loin dans le fil, VP dit quelque chose comme «Christophe Colomb est vraiment un homme du Moyen Âge». Est-ce que ça existe, un «homme du Moyen Âge» ou de la Renaissance ? Est-ce que le concept même de «modernité» (au sens où les historiens l'entendent) a une légitimité ? Y a-t-il vraiment rupture des caractères «essentiels» entre Moyen Âge et Renaissance ?
Je n'ai pas de réponses - du moins, rien de bien solide et réfléchi, mais je suis tout de même curieux d'entendre les vôtres. Ou vos propres embryons de réflexions là-dessus.