C'est pourtant Vauban qui a inventé la bayonette annulaire (celle qui permet quand meme de tirer, car elle se met autour du canon). Avant Vauban, les bayonettes étaient des bayonettes-bouchons: Elles étaient enfoncées dans le canon (avec la désagréable manie, quand elles étaient enfoncées en force, ou sous un impact, de fausser le bout du canon...).
La bayonette-bouchon (je l'appelle comme ca, mais je connais pas le terme francais. En anglais "plug-bayonet") a été inventée en 1640, pour faire disparaitre les rangs de piquiers, et assurée au porteur du mousquet une arme de contact. Les premieres charges a la bayonette sont le fait des francais pendant la Guerre de Hollande de Louis XIV.
C'est vers la fin des années 1680 que Vauban invente la bayonette annulaire ("socket bayonet"), qui se met autour du canon et permet de charger et tirer meme avec la bayonette en place.
Je suis désolé je n'ai que la traduction anglaise de ce qu'il aurait écrit: "
a soldier, with a single arm, would have two fo the best weapons in the world, a spotoon and a good fusil, with which he could fire and load quickly without removing the bayonet", Lettre de Vauban a Louvois, datée du 21 Decembre 1687, in
Vauban, sa familles ses Oisivetés et sa correspondance", 1910 vol ii p287-288 de Rochas d'Aiglun.
Trad. venant de "The Wars of Louis XIV 1667-1714", John A. Lynn, 1999
Une ordonnance de 1692 prescrit la fourniture d'une bayonette annulaire a chaque porteur de fusil ou de mousquet ("Histoire de l'infanterie en France", vol. ii, p 213 de Victor Belhomme, 5 vols, Paris 1893-1902).
Les régiments de piquiers (qui autrefois étaient nécessaire pour protéger les porteurs d'armes a feu au contact) deviennent donc inutiles, et disparaissent en 1703 (peu avant les mousquets ont disparu au profit des fusils, d'ailleurs).
Lors de l'assaut des lignes Hollandaises a Denain, le 23 Juillet 1712, a la fin de la Guerre de Succession d'Espagne, le maréchal Villars envoit 30 000 hommes a la charge qui commenca a une heure de l'apres-midi. L'infanterie francaise, grenadiers en tete, avanca ligne apres ligne dans un espace assez restreint, sans tirer un seul coup de feu, alors qu'ils encaissaient salve apres salve de mitraille (? canisters) tirées par l'artillerie ennemie. Des centaines d'hommes tomberent sous ce feu meurtier, mais les bataillons francais conserverent leur cohésion et leur élan. Les salves d'infanterie ennemie firent des trouées dans leurs rangs, mais ils arriverent finalement au contact, et déborderent les lignes ennemis. La panique s'empara des Hollandais, et Albermale ne sut contenir ses hommes. Le Prince Eugene ne pouvait qu'observer impuissant le désatre depuis les hauteurs.
Villars perdit 2 100 hommes ce jour la, tués ou blessés, la plupart dans l'assaut initial des tranchées ennemis, mais les alliés 6 500, alors que les francais détruisirent aussi les unités en faction dans leur camp.
(Toujours dans "The Wars of Louis XIV 1667-1714", John A. Lynn, 1999; traduction de moi).
Alors, OK, c'est pas de la charge en colonne, mais c'est bien de la charge a la bayonnette.
Et pan sur le bec a la légende de la guerre en dentelles...
Cat