YodaMaster said:
Ambie, il est communément admis que la population est bien celle de la ville principale et environ le dixième de la population de la province.
Je le sais bien, mais de plus en plus je me demande si c'est bien la bonne explication à donner, et si il ne faudrait pas inverser : la population représente la population campagnarde, tandis que la base tax value représente le niveau d'urbanisation de la province.
Tu vas faire

puis

:wacko: et peut être :rofl: , mais attends un peu.
Je m'explique (
c'est nécessaire et çà va être long).
La population-EU2 de la province influence les
taxes de production. La production, dans la majorité des cas (
excepté tissus, porcelaines et bois de construction - et encore, tissus et bois de construction venaient souvent des campagnes, et les porcelaines ne représentent pas que les porcelaines), ne représente pas la proto-industrie de la province, mais surtout la production "agricole" (
grain, pêche, sucre, vins, sel, thé, tabac, fourrures, coton, etc). La majeure partie de ces biens est donc produite dans les campagnes (
et même une bonne partie des tissus pour ce qui concerne les flandres, en fait). De ce fait, la population-EU2 est plus relative à la productivité des campagnes. Souvent, quel que soit le propriétaire de la province, la production totale reste la même, mais peut augmenter ou diminuer en raison de l'efficacité de la collecte des taxes ; une énorme part des progrès fiscaux développés pendant EU2 avaient trait aux taxes dans les campagnes.
La population-EU2 influence aussi la
quantité de manpower disponible. Si on ne peut recruter des hommes que dans les villes, alors que certaines régions étaient bien plus peuplées dans les campagnes que dans les villes, que d'autres pays avec plus de citadins, on a des incohérences qui apparaissent en ce que les seconds auront plus de MP que les premiers. En plus, il me semble que la plupart des soldats que l'on connaît de l'époque venaient des campagnes, les citadins préférant rester artisans ; en outre, avec la conscription en masse style franco-révolutionnaire, ce sont les campagnes qui ont été saignées à blanc (
cf Vendée).
La population-EU2 influence les
conversions religieuses. Il me semble que les plus gros troubles religieux ont toujours eu lieu dans les campagnes (
la Guerre des Paysans par exemple), et que ce sont les campagnes qui étaient les plus réfractaires aux changements touchant à la religion (
Vendée, à nouveau, mais aussi l'Amérique du Sud).
Les villes avaient souvent une production et une vie économique plus diversifiée que les campagnes ; c'étaient de mini-centres de commerce, là où les paysans apportaient leur production et achetaient ce qu'ils ne pouvaient fabriquer eux-même, etc. Il y a eu des
révoltes dans les villes, mais il me semble que globalement si un territoire était conquis, soit la ville "jouait" du côté du conquérant, soit le conquérant favorisait l'émergence d'une autre ville. Donc, les pénalités de RR pour culture/religion affectent les campagnes plus que les villes : logique, il y a plus de monde à maintenir là-bas.
Là, on arrive à un point noir dans mon raisonnement : les
pénalités taxatoires dûs à de mauvaises culture/religion. Si le RR et les difficultés de convertir les populations sont dûs à l'éparpillement de la population campagnarde, comment expliquer les pénalités sur les revenus des taxes, alors que la taxe de base est le reflet du niveau d'industrialisation, du nombre de villes dans la province, et que je viens de dire que les villes étaient plus souvent épargnées par les révoltes ? Pourquoi ces pénalités sur les revenus taxatoires et non sur les revenus de production ?
Mon explication est simple, et découle de la meilleure acceptation d'une conquête (
ou du remplacement des villes par d'autres) : mauvaise entente villes/campagnes. A cause des révoltes paysannes (
RR), des différences de mentalité/religon (
culture/religion), le développement et la bonne marche des villes locales est entravé : elles dépendent du commerce et des interactions avec les campagnes avoisinnantes. Tandis que les productions de biens sont nécessaires aux paysans, qui donc les font passer par une ville ou une autre, quelle importance ?
Alternativement, pour venir en aide aux villes acceuillantes, l'Etat peut diminuer les impôts sur les villes (
"pénalités" de RR, culture, religion), mais les garder au même niveau pour les campagnes, parce que l'Etat a besoin de pouvoir se reposer sur ces points d'appuis. Au plus grands les troubles, au plus l'Etat a besoin des villes, au moins il les impose. Cette deuxième explication est peut être même encore meilleure que la première.
Taxes, manpower, conversions, production, révoltes, quoi d'autre ? Ah oui. Pourquoi les base tax value n'augmentent pas à mesure que l'époque avance ? 1419-1819 a vu
l'agrandissement de nombreuses villes, c'est un fait. La base tax value n'augmente pas, mais la population bien, et donc de prime abord il paraît sensé de dire que si la population augmente naturellement à son rythme (
qui n'est pas faramineux, et nulle part aussi important que dans la réalité il me semble, soulignons-le), c'est parce qu'elle représente la population urbaine, qui augmente non seulement par la natalité mais aussi par l'attrait de la population des campagnes. Mais regardons d'un peu plus près les effets de l'accroissement de la population :
Code:
Multiplier Type 1 (for production and generated trade, see 1.2 and 1.6):
TPs : Multiplier equal to (TP Level + 4)/10 : Level 1: x5/10, Level 2: x6/10, etc.)
Colonies: Multiplier based on population:
- 000-199: x1/10
- 200-299: x2/10
- 300-399: x3/10
- ...
- 900-999: x9/10
Towns: Multiplier based on population:
- 1000-5000: x6/6
- 5001-10000: x7/6
- 10001-20000: x8/6
- 20001-40000: x9/6
- 40001-80000: x10/6
- 80001-200000: x11/6
- 200001-...: x12/6
Multiplier Type 2 (for Trade Tax, see 1.3) :
TP's: Multiplier equal to TP Level (Level 1: x1, Level 2: x2, etc.)
Colonies: Multiplier based on population:
- 000-199: x1
- 200-299: x2
- 300-399: x3
- ...
- 900-999: x9
Towns: Multiplier based on population:
- 1000-5000: x10
- 5001-10000: x11
- 10001-20000: x12
- 20001-40000: x13
- 40001-80000: x14
- 80001-200000: x15
- 200001-...: x16
Pour le multiplicateur 1, utilisé pour la production et la génération du commerce, la différence entre 1000 et 999.999 est simplement un doublement. La population est presque multipliée par 1000, mais le revenu ne fait que doubler. Même si on compare avec 200.000, c'est une multiplication par 200 alors que le revenu ne fait que doubler.
Et en ce qui concerne le multi2, affectant les trade taxes, c'est encore pire, car l'augmentation du revenu n'est que de 1,6 fois.
Mais alors, la taille de la population importe très peu sur le revenu de la province ? L'accroissement des taxes liées à la production et au commerce découle donc essentiellement de l'amélioration des techniques (
à la fois de production et de taxation, cf premier paragraphe) !
Mais d'ailleurs, quelle est l'augmentation de la population entre 1419 et 1819 ? Prenons une population de 5000 habitants. Stabilité moyenne tout au long, donc croissance de 4% (
en dix ans). Combien de temps faut-il pour doubler la population ? 175 années (
(70/4)*10). Donc, en 350 ans, la population quadruple ; et en 4 siècles, on peut compter qu'elle est multipliée par 4,86. C'est peu par rapport au développement de la plupart des villes, il me semble. Mais j'ai l'impression que c'est fort proche du développement démographique total de l'époque.
Je dois toutefois reconnaître qu'en l'état actuel, la base tax value n'augmente pas. Mais à celà, on peut y remédier (
facilement) avec des events. Mais est-il nécessaire de modéliser l'augmentation de la taille des villes ? Après tout, la vraie période de fondation/développement des villes, ce sont les XIIe-XIVe siècles. En 1419, la majorité des villes qui seront importantes plus tard existent déjà. Elles sont importantes en 1419, très importantes, car elles apportent une grande richesse au monarque/noble auquel elles se rallient (
il n'y a qu'à voir la politique pro-villes des monarques de la fin du Moyen Age, qu'elle soit volontaire ou forcée). Mais à la fin de la période EU2, les progrès en "management national" font que les villes-même ont moins de poids face au pouvoir royal ; l'Etat central est plus fort. Plus centralisé, sans doute, mais aussi il dépend moins du bon-vouloir des villes pour assurer son financement. Au XIXe, ce ne sont pas les villes (
au sens médiéval-renaissance) qui assurent la révolution industrielle, mais les premiers capitalistes (
issus du commerce, des individus plus que des collectivités).
Or, dans EU2, les taxes sont importantes, cruciales même, au tout début. Mais dés qu'on développe l'infra et le commerce, on en dépend nettement moins des taxes ; production et commerce deviennent les principales sources de revenus, jusqu'à représenter plus de 95% des revenus. Et, ce sont des techs maximisées qui ouvrent la porte à la révolution industrielle (
non seulement les manufactures et l'ampleur des TE/PE, mais aussi la manière dont la conversion EU2-Vicky s'opère).
Bon, je vais m'arrêter là, parce que j'ai déjà écrit une sacrée tartine. En définitive, je crois que la population-EU2 représente la population campagnarde. Les base tax value représentent les impôts versés par les villes, au sens médiéval du terme. Le développement de l'infra et du commerce, avec son double effet sur les TE/PE d'une part, et sur la construction de manus d'autre part, représente non seulement les amélioration technologiques permettant d'augmenter les productions et la "qualité" du commerce, mais aussi et surtout l'amélioration de la fiscalité (
d'où l'effet immédiat sur la production après la conquête d'une nouvelle province).
Voila, le débat est ouvert.
