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Pedro Cabral

Kubake
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Mon premier bouquin a été sur les rois de france...
Efféctivement j'ai pas mal de bouquin sur le brésil tous scanner evidement :D ...
J'en est qu'un seul sur le portugal .

BRÉSIL - Le pays 4
Le Brésil, qui nulle part n’atteint les Andes, est massif et comprend essentiellement le grand bassin de l’Amazone et de ses affluents, bordé au nord par les hauteurs des Guyanes et au sud par un immense ensemble montagneux, le plateau brésilien ou plateau Mato Grosso. En bordure de l’océan, il est ourlé, sur la plus grande partie de ses côtes, par une barrière montagneuse qui va du sud de l’État de Bahia à Pôrto Alegre et prend dans sa partie méridionale le nom de serra do Mar. Le climat est extrêmement varié; l’équateur traverse les plaines de l’Amazone: royaume de la chaleur humide enseveli sous la forêt vierge, un désert humain. Mais l’étendue en latitude est telle qu’on arrive, par une série de transitions, jusqu’au climat tempéré qui règne dans les États du Sud. Pourtant, la disposition du relief et certaines anomalies climatiques – comme les sécheresses du Nord-Est – créent des milieux régionaux originaux. L’ensemble de ces caractères physiques permet de distinguer quelques grandes régions: le Nord ou Amazonie, le Nord-Est, le Centre-Est, le Centre-Ouest, le Sud-Est et le Sud.
1. Diversité physique et humaine
Le climat, sauf dans les régions tempérées, n’est pas partout également favorable à un développement normal et au travail des Blancs, et cela explique en partie le peuplement très divers. La population est passée de 4 millions en 1808 à 17 300 000 en 1900; elle dépasse actuellement 155 millions et s’accroît à un rythme très rapide, en raison d’une natalité qui reste forte (27 p. 1 000) et d’une mortalité qui a beaucoup baissé (8 p. 1 000). Le Brésil s’est comporté comme un extraordinaire creuset racial. L’absence de toute distinction entre les races et l’abondance du métissage rendent très hasardeuses les évaluations des différents groupes; cependant, on estime généralement qu’il y a environ 50 p. 100 de Blancs formant l’aristocratie terrienne, le groupe des fonctionnaires et des professions libérales, et les colonies agricoles modernes du Sud; les Noirs, particulièrement nombreux au Brésil, représentent 10 p. 100 et travaillent surtout dans les régions agricoles du Nord-Est; les Indiens purs ne doivent plus guère être que 2 p. 100 car, déjà peu nombreux à l’origine, ils ont disparu par extinction ou par métissage; une très grande partie de la population est constituée par des sang-mêlé: mulâtres qui seraient deux fois plus nombreux que les métis, zambos (métis de Noir et d’Indienne); ces sang-mêlé forment la masse rurale des «cabocles» (caboclos ) et la plus grande partie des populations urbaines du Nord-Est. L’accroissement naturel a été renforcé par de nombreux courants de migration: aux Portugais du temps de la conquête et aux Noirs importés comme esclaves se sont ajoutés environ 5 millions de personnes venues depuis l’indépendance. Le courant d’immigration, réduit pendant la première partie du XIXe siècle jusqu’à l’abolition de l’esclavage (1888), a pris ensuite un brusque essor et a été limité à partir de 1934 par une loi des quota, renforcée en 1937, destinée à lutter contre les effets de la crise et à paralyser l’infiltration japonaise; les restrictions n’ont jamais visé l’immigration portugaise. Actuellement encore, un certain courant existe, venu surtout des pays méditerranéens européens. Mais les densités de peuplement restent faibles (18 hab./km2) et surtout très irrégulières: on ne compte qu’un habitant pour 2 km2 dans l’Amazonie, alors qu’il y en a 280 dans l’État de Rio de Janeiro et 100 dans celui de São Paulo pour 1 km2.
L’inégalité de la répartition des hommes reflète la variété des milieux physiques, mais aussi les différences dans le développement économique, explicables par les grandes distances. Le Brésil est encore un demi-continent sous-peuplé. La pénétration et la mise en valeur, nées des initiatives de la colonisation, se sont développées à partir des côtes, mais l’occupation de l’intérieur est encore très limitée. Pourtant c’est une des principales préoccupations du gouvernement brésilien. De cette évolution, on peut retenir comme symboliques les changements successifs de capitale: Bahia fut la première, de 1549 jusqu’en 1763, année où Rio de Janeiro prit le relais, pour être à son tour détrônée en 1960 par Brasília, première capitale située dans l’intérieur. L’urbanisation se poursuit à vive allure, puisque la population urbaine est passée de 31 p. 100 en 1940 à 69 p. 100 en 1990, ce qui signifie, en raison de la croissance démographique, 13 millions d’urbains en 1940 et 107 millions en 1990. Cet afflux crée des problèmes inextricables de logements – les bidonvilles (favelas ) se multiplient un peu partout, les spéculations sur le prix du sol vont bon train –, de communications, de transports, d’emplois, mais il a permis une scolarisation beaucoup plus active et a favorisé la croissance industrielle dans les grandes métropoles du Sud, où le niveau de développement était suffisant pour pouvoir attirer ou même absorber – comme à São Paulo, Belo Horizonte, ou même Rio – de nouveaux travailleurs.
2. Le développement économique
Le pays, en pleine transformation économique, se trouve dans une situation paradoxale: cinquième puissance mondiale par son étendue et sixième par sa population, il a la plus forte dette extérieure du monde (120 milliards de dollars) mais les capitaux de ses nationaux placés à l’étranger atteignent la moitié de la valeur de cette dette. Le P.N.B. par habitant en dollar (2 050 en 1988) dépasse celui de l’Argentine. L’agriculture a fait de grands progrès mais elle est encore gênée par l’extension des latifundia très mal exploités. 40 000 propriétaires détiennent encore la moitié des terres. Les gouvernements successifs ont toujours reculé devant une véritable et pourtant indispensable réforme agraire. Pourtant, excepté le café dont la production est stationnaire en raison des difficultés d’écoulement sur le marché mondial, tous les autres secteurs sont en progrès; le Brésil occupe le deuxième rang mondial pour le soja, le premier pour les agrumes, le deuxième pour le cacao et le troupeau bovin. Les cultures destinées à l’industrie ou à l’exportation ont été favorisées au détriment des cultures vivrières. L’extension de la canne à sucre est liée à la production d’alcool prévue dans le cadre d’un plan alcool lancé en 1979 afin de diminuer les importations de pétrole pour la circulation automobile. Mais les progrès les plus impressionnants ont été réalisés dans l’industrie, qui fournit plus du tiers du produit intérieur brut et 73 p. 100 des exportations (acier, automobile, avions, armes, etc.) et assure à l’économie brésilienne le neuvième rang mondial. Un tiers des capitaux investis sont d’origine étrangère. Les industries traditionnelles sont stagnantes ou en régression (alimentaire, textile) tandis que les industries modernes se développent rapidement (construction mécanique, matériel électrique, chimie-pharmacie, etc.). Pour obtenir l’énergie nécessaire, le Brésil s’est lancé dans la construction de grands barrages et a intensifié la prospection de ses ressources pétrolières (68 p. 100 de la production viennent des gisements sous-marins). Le plus beau succès est peut-être l’implantation d’une industrie automobile qui fait de ce pays le premier producteur d’automobiles du Tiers Monde et de l’usine Volkswagen la plus grande entreprise privée du Brésil. Les principaux partenaires commerciaux sont les États-Unis, l’Allemagne, le Japon. Deux difficultés pèsent sur les perspectives économiques: le problème de la dette extérieure et l’inflation.
3. Le Nord, une région inhospitalière
Le Nord est la région la plus vaste et la plus inhospitalière de tout le Brésil. Il représente 42,05 p. 100 du pays et ne renferme que 6,9 p. 100 de la population. Il s’inscrit à l’intérieur de la vaste région de l’Amazonie. Il s’adosse, au nord, au plateau des Guyanes, fragment de la masse la plus ancienne du continent sud-américain. C’est un vaste ensemble, allongé sur 1 500 km, depuis la vallée de l’Orénoque à l’ouest jusqu’au territoire brésilien de l’Amapá à l’est. Il constitue la ligne de partage des eaux entre l’Orénoque et l’Atlantique au nord et le bassin de l’Amazone au sud; les frontières suivent les points les plus élevés entre le Venezuela et les Guyanes d’une part et le Brésil de l’autre; le sommet culminant, le mont Roraima (2 810 m), est situé au point de rencontre des frontières entre trois pays (Venezuela, Guyana et Brésil). Ce morceau du vieux socle rattaché à l’ancienne masse des terres du continent de Gondwana, constitué surtout de gneiss et de granite, troué dans la partie méridionale de dykes de basalte et recouvert de coulées de lave qui forment des mesas tabulaires, est découpé en collines s’abaissant de 1 000 m à 350-500 m avant de se fondre dans la plaine amazonienne. La dense végétation de la forêt vierge, sous ce climat humide et chaud, ensevelit d’un manteau égal l’ensemble du relief et rend difficile l’exploitation des ressources minières découvertes (minerai de fer, manganèse de l’Amapá; minerai d’étain de Rondônia, pétrole, gaz, potasse, bauxite; fer, cuivre, or, nickel du Carajás, sur lesquels le gouvernement fonde de grands espoirs). Le Brésil a déclenché, à partir de 1968, l’opération «Amazone» pour essayer de vaincre l’hostilité du milieu naturel et favoriser le développement. On a d’abord créé des lots de colonisation agraire, mais depuis 1974 l’accent est mis sur des pôles agropastoraux et agrominiers dont les activités sont destinées principalement à l’exportation et sont contrôlées par des puissants groupes financiers brésiliens et surtout multinationaux. Pour les favoriser, le gouvernement a financé de gigantesques infrastructures dont la Transamazonienne. Les défrichements ont été considérables. La population a augmenté de plus de 60 p. 100 entre 1970 et 1980, et dépasse 10 millions d’habitants, dont un quart dans les deux grandes villes de la région: Belém et Manaus, dotée d’une zone franche qui continue à se développer.
Le Nord moyen
Cette région intermédiaire bien individualisée, vaste à peu près comme la France, coïncide sensiblement avec le bassin sédimentaire du rio Parnaíba. C’est un golfe de plaines limité à l’est par des crêtes de cuestas typiques, formées par les couches redressées, qui dominent (600 m) la vallée du Piauí; il est séparé à l’ouest du bassin de l’Amazone par des plateaux de grès horizontaux, les chapadas (400 m); dans l’intérieur, des tabuleiros , plateaux de sédiments horizontaux, couronnés de croûtes ferrugineuses, sont découpés de vallées, tandis qu’à l’approche de l’Océan les plaines s’abaissent à l’ouest, pénétrées par de profonds estuaires, paysage aquatique enseveli sous la mangrove et se découpant vers l’est en flèches littorales sableuses, en cordons littoraux entre lesquels s’insinue le débouché du Parnaíba. C’est une zone de transition climatique entre l’Amazonie ruisselante d’eau et le Nord-Est semi-aride: les plaines septentrionales sont chaudes et humides, couvertes par une forêt de type amazonien, tandis que, vers l’intérieur, si les températures restent élevées, les pluies diminuent; une saison sèche apparaît de juin à octobre, et l’on passe à une végétation de forêt claire, la caatinga , au sud-est du rio Parnaíba; le régime hydrographique change, les cours d’eau étant pérennes et temporaires à l’est. Cette zone climatique où les températures moyennes oscillent autour de 25 0C, avec des amplitudes annuelles de l’ordre de 1 à 3 0C, s’assèche progressivement vers le sud-est qui laisse présager l’aridité du sertão ; les précipitations passent de plus de 1,20 m au nord-ouest à moins de 500 mm au sud-est.
Un peu plus peuplé que le Nord brésilien, le bassin du Parnaíba ne compte pourtant que 13 millions d’habitants, soit une densité de 19 hab./km2, dont plus de la moitié de ruraux. Plus de la moitié des habitants vivent dans les plaines du Nord.
Le rôle des fleuves
La répartition des hommes reflète encore l’influence des fleuves, qui longtemps ont été les seules grandes voies d’accès. Les cités sont nées soit aux points de confluence comme Floriano, qui a encore vu son rôle de centre régional renforcé par la création de routes, soit aux points extrêmes atteints par la navigation comme Colinas, Balsas. Les fermes de culture sont dispersées sur les rives; quant aux maisons d’éleveurs, on les trouve n’importe où, mais elles sont rares. Les villes principales sont: São Luis (450 000 hab.), capitale de l’État de Maranhão, qui est un port et une ville industrielle où plus des deux tiers de la production régionale sont concentrés; Teresina, capitale commerciale et administrative du Piauí, qui joue également un rôle commercial; Parnaíba, petit centre économique. Les estuaires et les deltas côtiers sont peuplés de pêcheurs et de riziculteurs.
Vers l’ouest, un véritable front pionnier se déplace à partir des vallées, fondé sur le développement de la culture du riz. Cette région connaît un grand développement démographique, non seulement en raison de sa natalité élevée, mais parce qu’elle accueille des courants d’immigration périphérique, aussi bien des refoulés découragés du Nord amazonien que des affamés du Sud-Est aride.
Difficultés de la mise en valeur
C’est une région économique typiquement sous-développée: il n’y a pas de capitaux, l’organisation est faible et la rentabilité immédiate médiocre. Les conditions du travail rural sont misérables, et toutes les forces sont consacrées à produire ce qui est nécessaire à la survie; même les récoltes commercialisables ne profitent guère au paysan, qui les vend soit au négociant local soit au représentant d’une firme d’exportation qui stocke et transporte les produits et ouvre un crédit au cultivateur: le prix de la récolte est dépensé avant que celle-ci ne soit vendue; le paysan est toujours endetté et sa situation est sans espoir. Tel est le lot de la plupart des petits paysans de l’intérieur brésilien, et pas seulement du Nord-Est.
Les principales activités sont la cueillette de la noix de coco du palmier babaçu (87 p. 100 de la production brésilienne), dont on extrait l’amande expédiée vers Rio et São Paulo pour produire de l’huile, ainsi que la récolte de la cire du palmier carnauba. L’agriculture est encore souvent itinérante et se fait sur brûlis pendant un an, après quoi la terre est laissée au repos cinq ou six ans. Parmi les principales cultures vivrières, le manioc est utilisé pour l’élevage du bétail et la canne à sucre sert à la fabrication du sucre, de l’alcool local, la rapadura , et aussi à celle des carburants alcool pour les voitures; seuls les haricots et le mil sont cultivés pour la nourriture quotidienne; le riz et le coton, en quantité croissante, sont cultivés pour la vente. Dans l’intérieur, un élevage extensif de bovins fournit de la viande. Cette région vient au deuxième rang pour la pêche après celle de Rio (poisson séché, grosses crevettes). Sur la côte, on extrait 5 p. 100 du sel brésilien des marais salants. Il y a un peu d’industrie alimentaire et on travaille le coton à São Luís et Caxias.
Les transports sont cruellement insuffisants: navigation traditionnelle sur les fleuves et cabotage, deux voies ferrées d’utilité locale et de matériel vieilli et des routes que l’on développe mais qui coûtent cher et où la saison des pluies interdit souvent le trafic par camion. C’est un des obstacles principaux à la mise en valeur.
4. Le Nord-Est, une misère légendaire
Le Nord-Est, c’est l’«angle» du Brésil: la région la plus fameuse par ses anomalies climatiques, et dont la misère est légendaire. À l’ouest, elle s’étend jusqu’à la serra da Ibiapaba et, au sud, jusqu’à la basse vallée du São Francisco. La côte septentrionale, orientée de l’ouest-nord-ouest à l’est-sud-est, est rectiligne, bordée par des lignes de dunes et des cordons littoraux déviés vers l’ouest en raison des vents d’est; elle limite une plaine accidentée d’inselbergs, massifs cristallins isolés comme la serra de Baturité (1 050 m), et de tabuleiros, de 100 à 200 m; ceux-ci deviennent constants et dominent la zone côtière orientale, de direction nord-nord-est – sud-sud-ouest, où se multiplient les dunes, les cordons et les «récifs» littoraux, formés de bancs de coraux et de grès à ciment calcaire qui ont donné leur nom à la capitale régionale: Recife. L’intérieur s’élève par une série de gradins, dont les sommets aplanis sont entaillés par les vallées et qui sont, en général, constitués par des terrains cristallins très décomposés, comme le plateau de la Borborema (500 m), en arrière de Recife.
Anomalies climatiques
La côte orientale, dominée toute l’année par les masses d’air équatoriales auxquelles se mélangent en hiver des masses d’air froid venant du sud, mêlées aux alizés du sud-est, a un climat chaud et humide; elle reçoit 1 500 mm de pluie, surtout de février à juillet. L’intérieur offre, en revanche, un climat de plus en plus aride, qui par endroits s’étend jusqu’à la côte dans la zone septentrionale. Les pluies ne font pas complètement défaut, mais elles sont extrêmement irrégulières selon les années; elles tombent surtout en été et un peu en automne; l’hiver est complètement sec. Cette anomalie est le plus généralement attribuée à la présence de différentes masses d’air stagnantes et peu actives. C’est la zone la plus chaude de tout le Brésil; l’évaporation y est intense, renforcée par des vents secs et chauds qui soufflent très fort pendant la période de sécheresse; les températures sont élevées toute l’année. À Cabeceiras, à 200 km de la mer, il tombe 278 mm d’eau par an. Pourtant, dès qu’un relief se dresse, il est arrosé, surtout sur le versant tourné vers l’Océan.
Ressources
Les densités de l’occupation humaine et la nature des ressources varient profondément en fonction des conditions climatiques et se dégradent à mesure qu’on pénètre de la côte est vers l’intérieur. Le long des rivages, la pêche industrielle se développe sous l’impulsion de la Compagnie brésilienne de pêche et de conserves par le froid. Les marais salants situés dans le Rio Grande do Norte fournissent 60 p. 100 de la production brésilienne de sel. Des plantations de cocotiers de plusieurs centaines d’hectares produisent des noix pour la production d’huile. À peu de distance de la côte, c’est la zone de la Mata, une dense forêt partiellement défrichée dès les premiers temps de la colonisation pour y planter la canne à sucre: les conditions climatiques sont parfaites, avec des températures de 22 0C, mais, malgré des amendements récents, les sols sont souvent épuisés, et les méthodes sont peu modernes; la canne à sucre du Nord-Est est de plus en plus concurrencée par les grandes plantations du Sud. Le Nord-Est fournit cependant environ 30 p. 100 de la production nationale, surtout dans l’État de Pernambouc. Au-delà de la zone de la Mata, c’est l’agreste où la polyculture, qui approvisionne les villes du littoral, doit déjà rechercher les creux favorisés par l’humidité: on produit du mil, des haricots, du tabac; encore un peu de canne à sucre pour faire de l’alcool, des fruits. Autour de ces îlots mieux exploités commence le domaine de l’élevage, qui est prépondérant et extensif, le sertão : pendant la période de sécheresse et malgré la multiplication de points d’eau, les conditions sont très précaires. On cultive des plantes textiles comme l’agave ou le sisal et, dans la région septentrionale voisine de la côte, les plantations de coton se sont développées dans le Ceará, en arrière de Fortaleza.
Dans ce sertão aride, la vie est dure, c’est une des régions les plus misérables du Brésil. À la fin de chacune des périodes de sécheresse annuelle, des hommes quittent la terre et se réfugient dans les villes côtières; en cas de sécheresse exceptionnelle, les départs se font à un rythme accéléré. Le mécontentement se manifeste activement et des ligues paysannes se sont constituées dès 1955 avec l’appui d’une partie du clergé. Pourtant, la création de la S.U.D.E.N.E. (Super-intendance pour le développement du Nord-Est) a permis quelques progrès et assuré, pendant la période 1960-1978, un taux de croissance de 6,9 p. 100, proche de celui de l’ensemble de l’économie brésilienne qui fut de 7,6 p. 100; des plans de développement ont été lancés (industrie, agro-industrie). Après avoir construit les plus grands barrages réservoirs du monde, le gouvernement a installé des colons sur des périmètres irrigués. Les paysans sans terre, qui n’ont pu être fixés ni par l’agriculture ni par l’industrie, sont incités à se déplacer vers les terres inoccupées de l’Amazonie et du Centre-Ouest.
En dehors de l’agriculture, les ressources sont rares: quelques pierres précieuses et un peu de minerai de fer, de chrome et de manganèse. On a cependant découvert, à la fin des années soixante-dix, des réserves importantes d’uranium dans l’État de Ceará à 200 km à l’ouest de Fortaleza. Dans la région côtière, des usines à sucre et le travail du coton utilisent les produits locaux. Un réseau de pistes, maintenant transformées en routes, rayonne à partir des villes côtières et relie toute la région aux métropoles du sud du pays.
Recife
Recife (ou Pernambouc), la capitale du Nord-Est, est la cinquième ville du Brésil. Fondée en 1630 par les Hollandais, elle resta jusqu’en 1653 la principale ville. Son site primitif se trouvait sur le cordon littoral consolidé, le «récif», où se trouvent encore le port et une partie des grands bâtiments modernes. Les quartiers de la vieille ville ont enserré la lagune en arrière du récif avant de se développer largement vers l’intérieur: les gratte-ciel ont commencé à envahir le centre parmi les vieilles églises et les vieux couvents de la première période portugaise, qui font également le charme de la vieille ville d’Olinda perchée sur une colline voisine. Gonflée par les réfugiés du Nord-Est, Recife s’accroît rapidement: 1 183 000 habitants dans la ville mais 2 495 000 dans l’agglomération. C’est un port de pêche d’où s’élancent les légères «jongades» faites de bois insubmersible; elles servent au pêcheur artisanal tandis que des unités plus importantes sont utilisées pour la pêche industrielle; le cabotage est important vers les autres côtes brésiliennes. Un noyau industriel s’est installé tardivement sous l’impulsion des incitations fiscales de la S.U.D.E.N.E.: quelques usines alimentaires, un peu de textile, un embryon de métallurgie de transformation. Pourtant, l’électricité des barrages du moyen São Francisco ravitaille la ville.
5. Le Centre-Est, un riche sous-sol
L’Est du Brésil comprend les États de Bahia et le nord du Minas Gerais. Il présente trois bandes parallèles à la côte qui a une direction nord-nord-est – sud-sud-ouest.
La zone littorale
La zone littorale qui s’étend de la vallée du São Francisco au rio Doce est rectiligne avec quelques profondes rias; le rivage est dominé par les petites tables plates des tabuleiros et quelques collines plus élevées, cristallines, qui arrivent à la mer dans la région d’Ilhéus. La plus profonde indentation est la grande baie de Tous-les-Saints (baía de Todos os Santos), sur laquelle est construite la ville de Salvador (ou Bahia) et qui est due à un fossé d’effondrement se prolongeant au nord par la zone sédimentaire du Reconcavo, encastré entre deux môles cristallins à l’est et à l’ouest. Le climat y est humide et chaud (température moyenne 22 0C) et les pluies y tombent toute l’année (à Salvador, de 1 500 à 2 000 mm). Cette bande côtière est la zone accessible et vivante: l’économie y est très diversifiée. Le long du littoral, des artisans pêcheurs vivent dans de petits villages blottis au milieu de grandes plantations de cocotiers. Dans le Reconcavo, les cultures sont très diverses selon la nature des affleurements du Crétacé. Quand il est marneux, les grandes plantations de canne à sucre, naguère domaines privés et aujourd’hui propriété le plus souvent de puissantes sociétés, pratiquent une monoculture en cours de modernisation; les sucreries se profilent en plein champ. Sur les affleurements sableux, la forêt persiste; elle est exploitée pour faire du charbon de bois. Dans les zones intermédiaires, les pâturages servent à l’élevage des bovins; quelques bas-fonds marécageux, aménagés et travaillés par des familles souvent d’origine asiatique, produisent des cultures maraîchères. La bordure cristalline est couverte de champs de tabac. Au sud de la région de Bahia s’étend autour d’Ilhéus la zone de monoculture du cacao ; les cacaoyers sont plantés à l’abri d’un sous-bois, grandes plantations de plusieurs centaines de milliers d’arbres; les fèves, récoltées et séchées, sont exportées par le port d’Ilhéus. Peu à peu, on défriche les clairières de la forêt côtière, vers le sud, en vue de planter d’autres cacaoyers. Dans ces régions de plantations de canne à sucre ou de cacaoyers, le manque de cultures vivrières est cruellement ressenti par la population.
La découverte du pétrole dans le Reconcavo de Bahia a changé la physionomie de ce secteur: la production atteignait 30 millions de barils et constituait presque la moitié du pétrole brésilien; une partie était travaillée sur place dans la raffinerie de Mataripe, mais la plus grande partie était expédiée par le port pétrolier de Madre de Deus à destination des raffineries du sud du pays. Le pétrole, créateur de richesses, a favorisé la construction de routes, de cités ouvrières, la constitution de réserves financières et l’implantation d’un grand complexe pétrochimique à Camaçari. Il en sera peut-être de même avec le gaz qui a été découvert en 1981 à Pilar entre Récife et Salvador. La capitale régionale, Salvador, a beaucoup bénéficié de la présence du pétrole. C’est la sixième ville du Brésil. En 1990, elle comptait environ 1 500 000 habitants, soit un doublement depuis 1960. Fondée par les Portugais sur une colline cristalline, horst, où subsiste la ville haute avec ses petites maisons aux tuiles rondes, ses rues étroites, ses églises et ses couvents innombrables, elle s’étend maintenant sur les terres basses récupérées le long de la baie où se trouvent un port actif, le quartier des entrepôts, des banques et du grand commerce; les quartiers résidentiels se sont développés le long des plages. Grâce à l’activité pétrolière et à l’installation d’une vaste zone industrielle, Salvador entre dans l’ère moderne avec quelques industries métallurgiques et chimiques, qui s’ajoutent à un artisanat local pittoresque.
L’intérieur
Vers l’intérieur, on traverse successivement un plateau formé d’une série de surfaces emboîtées, entaillées dans le gneiss, ponctué d’inselbergs, et l’on passe graduellement aux hauteurs de la serra do Espinhaço, large de 50 à 100 km et qui court sur 1 000 km du nord au sud. Elle prend différents noms (chapada Diamantina au nord, dans l’État de Bahia, où elle atteint 1 100 m d’altitude). Cette serra est constituée par de vigoureuses crêtes de quartzite redressées et les vallées s’y entaillent en gorges. Le climat est plus vivifiant que sur la côte, et une saison sèche apparaît en automne et en hiver. La végétation naturelle est une forêt peu dense. C’est le château d’eau de la région. Autrefois, comme son nom l’indique, la chapada Diamantina fut le siège d’une grande exploitation diamantifère très prospère vers la fin du XIXe siècle, mais qui actuellement n’assure plus – et encore à un rythme très réduit – que la production des diamants industriels. Dans les vallées poussent quelques maigres cultures vivrières et localement un peu de tabac et de café. C’est surtout le domaine de l’élevage extensif; celui-ci a permis la floraison de marchés du bétail comme Feira de Santana ou Vitória da Conquista; une véritable transhumance existe entre le Reconcavo et ces montagnes. Vers le sud de l’État de Minas Gerais, les ressources minières deviennent considérables et ont assuré la fortune de la région.
À l’ouest, le profond fossé d’effondrement du São Francisco, allongé du sud-sud-ouest au nord-nord-est, forme la limite entre le centre-est et le centre-ouest du Brésil. Par son climat où les pluies, irrégulières suivant les années, ne dépassent pas 300 à 400 mm, il prolonge le sertão du Nord-Est. Les cultures y sont à peu près absentes sauf dans de toutes petites terrasses irriguées le long du fleuve. C’est aussi le domaine de l’élevage extensif et un foyer d’émigration. On a équipé la vallée pour la production hydroélectrique avec les grands barrages de Três Marias au sud de Sobradinho et de Paulo Afonso au nord.
6. Le Centre-Ouest, l’objectif des nouveaux pionniers
À l’ouest de la vallée du São Francisco, on pénètre dans une vaste région qui couvre 22 p. 100 du territoire brésilien, mais qui est mal connue et peu peuplée. Elle atteint à l’ouest la frontière brésilienne, au nord descend par le glacis septentrional du Mato Grosso jusqu’à l’Amazonie, et se trouve limitée au sud par les vallées des rios Grande, Paraná et Apa, affluents du Paraguay. C’est le «plateau brésilien», formé en réalité de reliefs assez variés, mais où prédominent les grandes surfaces planes plus ou moins étagées, dominées par des reliefs résiduels, entaillées par les grandes vallées et séparées par des escarpements plus ou moins vigoureux. La région la plus régulièrement élevée, formée par de hautes surfaces cristallines, occupe l’ouest, le centre et le sud-est de l’État de Goiás; elle est encadrée de chaque côté par les grands bassins sédimentaires du São Francisco à l’est, du Paraná et des affluents de l’Amazone à l’ouest et au nord-ouest: le socle cristallin a été porté ici à plus de 1 000 m d’altitude. Vers l’est et le nord-est, les couches sédimentaires de couverture s’abaissent en formant des chapadas et des cuestas au front tourné vers l’ouest et vers le sud, comme la fameuse serra Geral de Goiás. Vers l’ouest, symétriquement, les couches sédimentaires plongent vers le bassin du Paraná, donnant des lignes de cuestas multiples avec des fronts externes périphériques de 200 m de puissance. La grande dépression du Paraguay, dominée par un bel escarpement de basalte et de grès, forme une zone déprimée constituée tantôt par une pénéplaine tantôt par une zone de remblaiement, comme le fameux Pantanal dû aux divagations des méandres du Paraguay. Ce relief massif connaît un climat de savane tropical, qui devient plus humide et plus frais vers le sud-est et le sud, plus chaud et plus humide vers le nord; il est caractérisé par deux saisons bien nettes (pluies d’octobre à avril; sècheresse de mai à septembre), des températures moyennes annuelles qui varient de 19 à 26 0C et une grande amplitude diurne au cours de l’hiver sec. Dans l’Ouest, des «périodes froides» apparaissent brusquement lorsque pénètrent les vents froids polaires venus du versant oriental des Andes.
Un semi-désert
La densité de la population est très faible (6 p. 100 de la population brésilienne). L’activité majeure est l’élevage extensif (2 ha par bovin en moyenne) sur les grandes prairies naturelles; il s’est développé dès le XVIIIe siècle, lorsque les bandeirantes commencèrent à pénétrer l’Ouest en poussant devant eux leurs troupeaux.
La colonisation du Centre-Ouest a toujours été embryonnaire et elle est devenue la grande préoccupation du Brésil moderne. Pendant longtemps, la pénétration ne s’est marquée que par quelques postes fortifiés accompagnés de colonies militaires le long des voies fluviales, surtout le Paraná et le Paraguay dès le XVIe siècle. Les éleveurs ont créé quelques fazendas isolées, puis est venue la période minière: la découverte de l’or a provoqué la création de quelques petites villes, telle Vila Boa au nord de Corumbá (1725). Enfin, une voie ferrée a été construite au sud vers Corumbá et la Bolivie. Les essais de colonisation agraire, soit étrangère (allemande en 1924 près de Goiás) soit nationale (150 km au nord-ouest d’Anapolis), n’ont donné que des résultats décevants en raison de l’isolement, de la mauvaise qualité des sols qui s’épuisent très rapidement, du manque d’expérience des colons et de l’absence d’organisation. Pourtant la population, très faible, a augmenté de 80 p. 100 entre 1960 et 1980 et cela surtout sous l’influence de créations urbaines volontaires.
Conquête de l’Ouest
C’est tout d’abord Goiânia, capitale de l’État de Goiás, qui n’était encore en 1933 qu’une simple fazenda, mais dont le nombre des habitants s’élevait, en 1990, à 900 000; implantée dans la région la plus riche de l’État, elle s’est développée suivant un plan géométrique comme une vraie ville de colonisation. C’est aussi et surtout Brasília, la nouvelle capitale fédérale, choisie en fonction de cette volonté de conquête de l’Ouest. Le site est un morceau de plateau latéritique bordé, grâce à un barrage, par un lac en croissant. Le plan a la silhouette d’un avion dont le fuselage est constitué par les grands palais gouvernementaux et administratifs. Reliée par pistes et par routes à toutes les grandes régions brésiliennes, cette capitale de l’an 2000 a gagné – villes satellites comprises – 1 200 000 habitants en vingt ans.
7. Le Sud-Est: le «Brésil utile»
Composé des États de Rio de Janeiro, de São Paulo, du Minas Gerais et de l’Espírito Santo, le Sud-Est s’étend sur un peu plus de 900 000 kilomètres carrés. Sur cet espace relativement restreint, 11 p. 100 du territoire brésilien, une exceptionnelle concentration d’hommes et d’activités fait de la région le cœur du pays. La population est estimée à plus de 65 millions d’habitants en 1990, soit 43,6 p. 100 du total national. Les chiffres d’activités sont encore plus éloquents: le Sud-Est réalise les trois quarts de la production brésilienne des industries de transformation. Cet essor économique a provoqué dans la région un fort courant d’immigration interne. Par ailleurs, avec les deux plus grandes agglomérations urbaines du pays, São Paulo (15,3 millions d’habitants dans l’aire métropolitaine en 1985) et Rio de Janeiro (10,2 millions d’habitants), le Sud-Est possède les pouvoirs de commandement économique du Brésil, bien que la fonction de capitale politique ait été transférée à Brasília en 1960. L’autre grande ville du Sud-Est est aussi la troisième du pays: Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais, compte plus de 3 millions d’habitants.
Plus peuplée que les autres, plus active, plus riche, plus puissante, la région est souvent présentée comme le «Brésil utile». La réalité est plus complexe: ce Sud-Est «développé» comporte aussi beaucoup d’inégalités, tant sociales que spatiales, et sa relative richesse se fonde en partie sur des relations d’inégalité avec les autres régions, lesquelles fonctionnent par rapport à lui comme une périphérie. Enfin, l’accumulation même des activités et des hommes dans ce «centre» engendre des problèmes, en particulier dans l’agglomération pauliste.
Un milieu tropical élevé et accidenté
Région de hautes terres accidentées par des cassures, le Sud-Est s’oppose aux grandes surfaces planes et monotones de l’intérieur. Une première ligne de montagnes longe l’océan, la serra do Mar dont des éperons encadrent le site même de la ville de Rio de Janeiro, et qui se prolonge au-delà sous le nom de serra dos Orgãos. De ce fait, le littoral est fort accidenté: y alternent des côtes rocheuses à pente raide, des baies, des flèches sableuses qui prennent appui sur les «pains de sucre» et qui isolent des lagunes, de petites plaines discontinues. Derrière la serra do Mar et parallèle à elle, le fossé d’effondrement tectonique suivi par le Rio Paraíba do Sul constitue la grande voie de circulation entre Rio de Janeiro et São Paulo. La serra da Mantiqueira lui fait suite. D’une orientation identique, elle possède les altitudes les plus élevées du Sud-Est (et même du Brésil si l’on considère à part les sommets de la frontière avec le Venezuela) avec le pic da Bandeira (2 890 m) et le massif des Agulhas Negras.
La serra do Mar et la serra da Mantiqueira gardent sur leurs sommets des horizons calmes hérités de vieilles surfaces d’aplanissement antérieures au soulèvement de l’ère tertiaire et sont ciselées par l’érosion postérieure à ce soulèvement. Ce relief de massif ancien rajeuni n’est toutefois très accidenté que dans la région proche de l’océan. En direction du nord, la retombée de la serra da Mantiqueira est moins brutale que son versant sud. Elle forme le plateau du Sud-Minas qui correspond à la soudure de deux môles cristallins, à l’est du bassin sédimentaire du rio São Francisco, la serra do Espinhaço, à l’ouest et en direction de Brasília, les terres élevées qui forment plus loin l’Espigão Mestre ou serra Geral du Goiás. Quant à l’État de São Paulo, sa plus grande partie appartient à un bassin sédimentaire dont le Rio Paraná suit la gouttière centrale. Les assises géologiques s’inclinent vers l’ouest; les différences de résistance qui existent entre elles ont été mises en valeur par l’érosion, donnant un ample relief de cuesta, avec souvent une corniche vigoureuse. Des épanchements volcaniques en plateau (des trapps ) y ont donné les excellentes terres violettes.
Les altitudes valent aux «hautes terres atlantiques» une originalité climatique: pluies abondantes, en particulier sur les versants exposés aux alizés humides de l’océan, et modération des températures. Ces caractères sont assez bien circonscrits aux lieux élevés et proches de l’Atlantique. À l’intérieur de la région, outre que les altitudes sont moindres, la position d’abri explique une pluviométrie inférieure. Alors qu’à Santos, le port de São Paulo situé à 240 de latitude, les pluies atteignent 2 331 mm par an (janv. = 319 mm, août = 122 mm), aucun mois n’étant biologiquement sec, Belo Horizonte, à 800 m d’altitude et avec une température moyenne de 20 0C, reçoit par an 1 412 mm de précipitations, distribuées selon l’alternance d’une saison sèche et d’une saison humide. L’extrémité nord du Minas Gerais, le long de la vallée du São Francisco, présente des traits d’une plus grande sécheresse annonciateurs du Brésil semi-aride. Il faut donc distinguer au moins un climat tropical littoral chaud et humide, un climat tropical d’altitude plus frais, un climat tropical classique à saison sèche et saison humide alternées et un climat tropical à nuance plus sèche. Enfin, dans la partie la plus méridionale de ce Sud-Est, l’hiver peut être affecté de véritables coups de froid qui provoquent des gelées.
La végétation naturelle traduit les différences climatiques. Elle comprend des couvertures forestières, soit à feuilles pérennes sur le littoral et les versants d’où est absente la saison sèche, soit à feuilles caduques à l’intérieur dès lors qu’est bien marqué le climat tropical à saisons alternées, et la savane arbustive, le cerrado , dans le Nord-Ouest du Minas Gerais. En outre, des taches de brousse à épineux, la caatinga , correspondent au milieu plus sec du Nord.

en plus ils m'on dit "ypur message is too long..." :D :D ;)
 

Pedro Cabral

Kubake
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Merci pour la citation.. :rolleyes: :D
si tu veut je t'en remet une couche :D ;)
 

unmerged(7432)

Captain
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Originally posted by P. Alavares Cab
Mon premier bouquin a été sur les rois de france...
Efféctivement j'ai pas mal de bouquin sur le brésil tous scanner evidement :D ...
J'en est qu'un seul sur le portugal .

BRÉSIL - Le pays 4
Le Brésil, qui nulle part n’atteint les Andes, est massif et comprend essentiellement le grand bassin de l’Amazone et de ses affluents, bordé au nord par les hauteurs des Guyanes et au sud par un immense ensemble montagneux, le plateau brésilien ou plateau Mato Grosso. En bordure de l’océan, il est ourlé, sur la plus grande partie de ses côtes, par une barrière montagneuse qui va du sud de l’État de Bahia à Pôrto Alegre et prend dans sa partie méridionale le nom de serra do Mar. Le climat est extrêmement varié; l’équateur traverse les plaines de l’Amazone: royaume de la chaleur humide enseveli sous la forêt vierge, un désert humain. Mais l’étendue en latitude est telle qu’on arrive, par une série de transitions, jusqu’au climat tempéré qui règne dans les États du Sud. Pourtant, la disposition du relief et certaines anomalies climatiques – comme les sécheresses du Nord-Est – créent des milieux régionaux originaux. L’ensemble de ces caractères physiques permet de distinguer quelques grandes régions: le Nord ou Amazonie, le Nord-Est, le Centre-Est, le Centre-Ouest, le Sud-Est et le Sud.
1. Diversité physique et humaine
Le climat, sauf dans les régions tempérées, n’est pas partout également favorable à un développement normal et au travail des Blancs, et cela explique en partie le peuplement très divers. La population est passée de 4 millions en 1808 à 17 300 000 en 1900; elle dépasse actuellement 155 millions et s’accroît à un rythme très rapide, en raison d’une natalité qui reste forte (27 p. 1 000) et d’une mortalité qui a beaucoup baissé (8 p. 1 000). Le Brésil s’est comporté comme un extraordinaire creuset racial. L’absence de toute distinction entre les races et l’abondance du métissage rendent très hasardeuses les évaluations des différents groupes; cependant, on estime généralement qu’il y a environ 50 p. 100 de Blancs formant l’aristocratie terrienne, le groupe des fonctionnaires et des professions libérales, et les colonies agricoles modernes du Sud; les Noirs, particulièrement nombreux au Brésil, représentent 10 p. 100 et travaillent surtout dans les régions agricoles du Nord-Est; les Indiens purs ne doivent plus guère être que 2 p. 100 car, déjà peu nombreux à l’origine, ils ont disparu par extinction ou par métissage; une très grande partie de la population est constituée par des sang-mêlé: mulâtres qui seraient deux fois plus nombreux que les métis, zambos (métis de Noir et d’Indienne); ces sang-mêlé forment la masse rurale des «cabocles» (caboclos ) et la plus grande partie des populations urbaines du Nord-Est. L’accroissement naturel a été renforcé par de nombreux courants de migration: aux Portugais du temps de la conquête et aux Noirs importés comme esclaves se sont ajoutés environ 5 millions de personnes venues depuis l’indépendance. Le courant d’immigration, réduit pendant la première partie du XIXe siècle jusqu’à l’abolition de l’esclavage (1888), a pris ensuite un brusque essor et a été limité à partir de 1934 par une loi des quota, renforcée en 1937, destinée à lutter contre les effets de la crise et à paralyser l’infiltration japonaise; les restrictions n’ont jamais visé l’immigration portugaise. Actuellement encore, un certain courant existe, venu surtout des pays méditerranéens européens. Mais les densités de peuplement restent faibles (18 hab./km2) et surtout très irrégulières: on ne compte qu’un habitant pour 2 km2 dans l’Amazonie, alors qu’il y en a 280 dans l’État de Rio de Janeiro et 100 dans celui de São Paulo pour 1 km2.
L’inégalité de la répartition des hommes reflète la variété des milieux physiques, mais aussi les différences dans le développement économique, explicables par les grandes distances. Le Brésil est encore un demi-continent sous-peuplé. La pénétration et la mise en valeur, nées des initiatives de la colonisation, se sont développées à partir des côtes, mais l’occupation de l’intérieur est encore très limitée. Pourtant c’est une des principales préoccupations du gouvernement brésilien. De cette évolution, on peut retenir comme symboliques les changements successifs de capitale: Bahia fut la première, de 1549 jusqu’en 1763, année où Rio de Janeiro prit le relais, pour être à son tour détrônée en 1960 par Brasília, première capitale située dans l’intérieur. L’urbanisation se poursuit à vive allure, puisque la population urbaine est passée de 31 p. 100 en 1940 à 69 p. 100 en 1990, ce qui signifie, en raison de la croissance démographique, 13 millions d’urbains en 1940 et 107 millions en 1990. Cet afflux crée des problèmes inextricables de logements – les bidonvilles (favelas ) se multiplient un peu partout, les spéculations sur le prix du sol vont bon train –, de communications, de transports, d’emplois, mais il a permis une scolarisation beaucoup plus active et a favorisé la croissance industrielle dans les grandes métropoles du Sud, où le niveau de développement était suffisant pour pouvoir attirer ou même absorber – comme à São Paulo, Belo Horizonte, ou même Rio – de nouveaux travailleurs.
2. Le développement économique
Le pays, en pleine transformation économique, se trouve dans une situation paradoxale: cinquième puissance mondiale par son étendue et sixième par sa population, il a la plus forte dette extérieure du monde (120 milliards de dollars) mais les capitaux de ses nationaux placés à l’étranger atteignent la moitié de la valeur de cette dette. Le P.N.B. par habitant en dollar (2 050 en 1988) dépasse celui de l’Argentine. L’agriculture a fait de grands progrès mais elle est encore gênée par l’extension des latifundia très mal exploités. 40 000 propriétaires détiennent encore la moitié des terres. Les gouvernements successifs ont toujours reculé devant une véritable et pourtant indispensable réforme agraire. Pourtant, excepté le café dont la production est stationnaire en raison des difficultés d’écoulement sur le marché mondial, tous les autres secteurs sont en progrès; le Brésil occupe le deuxième rang mondial pour le soja, le premier pour les agrumes, le deuxième pour le cacao et le troupeau bovin. Les cultures destinées à l’industrie ou à l’exportation ont été favorisées au détriment des cultures vivrières. L’extension de la canne à sucre est liée à la production d’alcool prévue dans le cadre d’un plan alcool lancé en 1979 afin de diminuer les importations de pétrole pour la circulation automobile. Mais les progrès les plus impressionnants ont été réalisés dans l’industrie, qui fournit plus du tiers du produit intérieur brut et 73 p. 100 des exportations (acier, automobile, avions, armes, etc.) et assure à l’économie brésilienne le neuvième rang mondial. Un tiers des capitaux investis sont d’origine étrangère. Les industries traditionnelles sont stagnantes ou en régression (alimentaire, textile) tandis que les industries modernes se développent rapidement (construction mécanique, matériel électrique, chimie-pharmacie, etc.). Pour obtenir l’énergie nécessaire, le Brésil s’est lancé dans la construction de grands barrages et a intensifié la prospection de ses ressources pétrolières (68 p. 100 de la production viennent des gisements sous-marins). Le plus beau succès est peut-être l’implantation d’une industrie automobile qui fait de ce pays le premier producteur d’automobiles du Tiers Monde et de l’usine Volkswagen la plus grande entreprise privée du Brésil. Les principaux partenaires commerciaux sont les États-Unis, l’Allemagne, le Japon. Deux difficultés pèsent sur les perspectives économiques: le problème de la dette extérieure et l’inflation.
3. Le Nord, une région inhospitalière
Le Nord est la région la plus vaste et la plus inhospitalière de tout le Brésil. Il représente 42,05 p. 100 du pays et ne renferme que 6,9 p. 100 de la population. Il s’inscrit à l’intérieur de la vaste région de l’Amazonie. Il s’adosse, au nord, au plateau des Guyanes, fragment de la masse la plus ancienne du continent sud-américain. C’est un vaste ensemble, allongé sur 1 500 km, depuis la vallée de l’Orénoque à l’ouest jusqu’au territoire brésilien de l’Amapá à l’est. Il constitue la ligne de partage des eaux entre l’Orénoque et l’Atlantique au nord et le bassin de l’Amazone au sud; les frontières suivent les points les plus élevés entre le Venezuela et les Guyanes d’une part et le Brésil de l’autre; le sommet culminant, le mont Roraima (2 810 m), est situé au point de rencontre des frontières entre trois pays (Venezuela, Guyana et Brésil). Ce morceau du vieux socle rattaché à l’ancienne masse des terres du continent de Gondwana, constitué surtout de gneiss et de granite, troué dans la partie méridionale de dykes de basalte et recouvert de coulées de lave qui forment des mesas tabulaires, est découpé en collines s’abaissant de 1 000 m à 350-500 m avant de se fondre dans la plaine amazonienne. La dense végétation de la forêt vierge, sous ce climat humide et chaud, ensevelit d’un manteau égal l’ensemble du relief et rend difficile l’exploitation des ressources minières découvertes (minerai de fer, manganèse de l’Amapá; minerai d’étain de Rondônia, pétrole, gaz, potasse, bauxite; fer, cuivre, or, nickel du Carajás, sur lesquels le gouvernement fonde de grands espoirs). Le Brésil a déclenché, à partir de 1968, l’opération «Amazone» pour essayer de vaincre l’hostilité du milieu naturel et favoriser le développement. On a d’abord créé des lots de colonisation agraire, mais depuis 1974 l’accent est mis sur des pôles agropastoraux et agrominiers dont les activités sont destinées principalement à l’exportation et sont contrôlées par des puissants groupes financiers brésiliens et surtout multinationaux. Pour les favoriser, le gouvernement a financé de gigantesques infrastructures dont la Transamazonienne. Les défrichements ont été considérables. La population a augmenté de plus de 60 p. 100 entre 1970 et 1980, et dépasse 10 millions d’habitants, dont un quart dans les deux grandes villes de la région: Belém et Manaus, dotée d’une zone franche qui continue à se développer.
Le Nord moyen
Cette région intermédiaire bien individualisée, vaste à peu près comme la France, coïncide sensiblement avec le bassin sédimentaire du rio Parnaíba. C’est un golfe de plaines limité à l’est par des crêtes de cuestas typiques, formées par les couches redressées, qui dominent (600 m) la vallée du Piauí; il est séparé à l’ouest du bassin de l’Amazone par des plateaux de grès horizontaux, les chapadas (400 m); dans l’intérieur, des tabuleiros , plateaux de sédiments horizontaux, couronnés de croûtes ferrugineuses, sont découpés de vallées, tandis qu’à l’approche de l’Océan les plaines s’abaissent à l’ouest, pénétrées par de profonds estuaires, paysage aquatique enseveli sous la mangrove et se découpant vers l’est en flèches littorales sableuses, en cordons littoraux entre lesquels s’insinue le débouché du Parnaíba. C’est une zone de transition climatique entre l’Amazonie ruisselante d’eau et le Nord-Est semi-aride: les plaines septentrionales sont chaudes et humides, couvertes par une forêt de type amazonien, tandis que, vers l’intérieur, si les températures restent élevées, les pluies diminuent; une saison sèche apparaît de juin à octobre, et l’on passe à une végétation de forêt claire, la caatinga , au sud-est du rio Parnaíba; le régime hydrographique change, les cours d’eau étant pérennes et temporaires à l’est. Cette zone climatique où les températures moyennes oscillent autour de 25 0C, avec des amplitudes annuelles de l’ordre de 1 à 3 0C, s’assèche progressivement vers le sud-est qui laisse présager l’aridité du sertão ; les précipitations passent de plus de 1,20 m au nord-ouest à moins de 500 mm au sud-est.
Un peu plus peuplé que le Nord brésilien, le bassin du Parnaíba ne compte pourtant que 13 millions d’habitants, soit une densité de 19 hab./km2, dont plus de la moitié de ruraux. Plus de la moitié des habitants vivent dans les plaines du Nord.
Le rôle des fleuves
La répartition des hommes reflète encore l’influence des fleuves, qui longtemps ont été les seules grandes voies d’accès. Les cités sont nées soit aux points de confluence comme Floriano, qui a encore vu son rôle de centre régional renforcé par la création de routes, soit aux points extrêmes atteints par la navigation comme Colinas, Balsas. Les fermes de culture sont dispersées sur les rives; quant aux maisons d’éleveurs, on les trouve n’importe où, mais elles sont rares. Les villes principales sont: São Luis (450 000 hab.), capitale de l’État de Maranhão, qui est un port et une ville industrielle où plus des deux tiers de la production régionale sont concentrés; Teresina, capitale commerciale et administrative du Piauí, qui joue également un rôle commercial; Parnaíba, petit centre économique. Les estuaires et les deltas côtiers sont peuplés de pêcheurs et de riziculteurs.
Vers l’ouest, un véritable front pionnier se déplace à partir des vallées, fondé sur le développement de la culture du riz. Cette région connaît un grand développement démographique, non seulement en raison de sa natalité élevée, mais parce qu’elle accueille des courants d’immigration périphérique, aussi bien des refoulés découragés du Nord amazonien que des affamés du Sud-Est aride.
Difficultés de la mise en valeur
C’est une région économique typiquement sous-développée: il n’y a pas de capitaux, l’organisation est faible et la rentabilité immédiate médiocre. Les conditions du travail rural sont misérables, et toutes les forces sont consacrées à produire ce qui est nécessaire à la survie; même les récoltes commercialisables ne profitent guère au paysan, qui les vend soit au négociant local soit au représentant d’une firme d’exportation qui stocke et transporte les produits et ouvre un crédit au cultivateur: le prix de la récolte est dépensé avant que celle-ci ne soit vendue; le paysan est toujours endetté et sa situation est sans espoir. Tel est le lot de la plupart des petits paysans de l’intérieur brésilien, et pas seulement du Nord-Est.
Les principales activités sont la cueillette de la noix de coco du palmier babaçu (87 p. 100 de la production brésilienne), dont on extrait l’amande expédiée vers Rio et São Paulo pour produire de l’huile, ainsi que la récolte de la cire du palmier carnauba. L’agriculture est encore souvent itinérante et se fait sur brûlis pendant un an, après quoi la terre est laissée au repos cinq ou six ans. Parmi les principales cultures vivrières, le manioc est utilisé pour l’élevage du bétail et la canne à sucre sert à la fabrication du sucre, de l’alcool local, la rapadura , et aussi à celle des carburants alcool pour les voitures; seuls les haricots et le mil sont cultivés pour la nourriture quotidienne; le riz et le coton, en quantité croissante, sont cultivés pour la vente. Dans l’intérieur, un élevage extensif de bovins fournit de la viande. Cette région vient au deuxième rang pour la pêche après celle de Rio (poisson séché, grosses crevettes). Sur la côte, on extrait 5 p. 100 du sel brésilien des marais salants. Il y a un peu d’industrie alimentaire et on travaille le coton à São Luís et Caxias.
Les transports sont cruellement insuffisants: navigation traditionnelle sur les fleuves et cabotage, deux voies ferrées d’utilité locale et de matériel vieilli et des routes que l’on développe mais qui coûtent cher et où la saison des pluies interdit souvent le trafic par camion. C’est un des obstacles principaux à la mise en valeur.
4. Le Nord-Est, une misère légendaire
Le Nord-Est, c’est l’«angle» du Brésil: la région la plus fameuse par ses anomalies climatiques, et dont la misère est légendaire. À l’ouest, elle s’étend jusqu’à la serra da Ibiapaba et, au sud, jusqu’à la basse vallée du São Francisco. La côte septentrionale, orientée de l’ouest-nord-ouest à l’est-sud-est, est rectiligne, bordée par des lignes de dunes et des cordons littoraux déviés vers l’ouest en raison des vents d’est; elle limite une plaine accidentée d’inselbergs, massifs cristallins isolés comme la serra de Baturité (1 050 m), et de tabuleiros, de 100 à 200 m; ceux-ci deviennent constants et dominent la zone côtière orientale, de direction nord-nord-est – sud-sud-ouest, où se multiplient les dunes, les cordons et les «récifs» littoraux, formés de bancs de coraux et de grès à ciment calcaire qui ont donné leur nom à la capitale régionale: Recife. L’intérieur s’élève par une série de gradins, dont les sommets aplanis sont entaillés par les vallées et qui sont, en général, constitués par des terrains cristallins très décomposés, comme le plateau de la Borborema (500 m), en arrière de Recife.
Anomalies climatiques
La côte orientale, dominée toute l’année par les masses d’air équatoriales auxquelles se mélangent en hiver des masses d’air froid venant du sud, mêlées aux alizés du sud-est, a un climat chaud et humide; elle reçoit 1 500 mm de pluie, surtout de février à juillet. L’intérieur offre, en revanche, un climat de plus en plus aride, qui par endroits s’étend jusqu’à la côte dans la zone septentrionale. Les pluies ne font pas complètement défaut, mais elles sont extrêmement irrégulières selon les années; elles tombent surtout en été et un peu en automne; l’hiver est complètement sec. Cette anomalie est le plus généralement attribuée à la présence de différentes masses d’air stagnantes et peu actives. C’est la zone la plus chaude de tout le Brésil; l’évaporation y est intense, renforcée par des vents secs et chauds qui soufflent très fort pendant la période de sécheresse; les températures sont élevées toute l’année. À Cabeceiras, à 200 km de la mer, il tombe 278 mm d’eau par an. Pourtant, dès qu’un relief se dresse, il est arrosé, surtout sur le versant tourné vers l’Océan.
Ressources
Les densités de l’occupation humaine et la nature des ressources varient profondément en fonction des conditions climatiques et se dégradent à mesure qu’on pénètre de la côte est vers l’intérieur. Le long des rivages, la pêche industrielle se développe sous l’impulsion de la Compagnie brésilienne de pêche et de conserves par le froid. Les marais salants situés dans le Rio Grande do Norte fournissent 60 p. 100 de la production brésilienne de sel. Des plantations de cocotiers de plusieurs centaines d’hectares produisent des noix pour la production d’huile. À peu de distance de la côte, c’est la zone de la Mata, une dense forêt partiellement défrichée dès les premiers temps de la colonisation pour y planter la canne à sucre: les conditions climatiques sont parfaites, avec des températures de 22 0C, mais, malgré des amendements récents, les sols sont souvent épuisés, et les méthodes sont peu modernes; la canne à sucre du Nord-Est est de plus en plus concurrencée par les grandes plantations du Sud. Le Nord-Est fournit cependant environ 30 p. 100 de la production nationale, surtout dans l’État de Pernambouc. Au-delà de la zone de la Mata, c’est l’agreste où la polyculture, qui approvisionne les villes du littoral, doit déjà rechercher les creux favorisés par l’humidité: on produit du mil, des haricots, du tabac; encore un peu de canne à sucre pour faire de l’alcool, des fruits. Autour de ces îlots mieux exploités commence le domaine de l’élevage, qui est prépondérant et extensif, le sertão : pendant la période de sécheresse et malgré la multiplication de points d’eau, les conditions sont très précaires. On cultive des plantes textiles comme l’agave ou le sisal et, dans la région septentrionale voisine de la côte, les plantations de coton se sont développées dans le Ceará, en arrière de Fortaleza.
Dans ce sertão aride, la vie est dure, c’est une des régions les plus misérables du Brésil. À la fin de chacune des périodes de sécheresse annuelle, des hommes quittent la terre et se réfugient dans les villes côtières; en cas de sécheresse exceptionnelle, les départs se font à un rythme accéléré. Le mécontentement se manifeste activement et des ligues paysannes se sont constituées dès 1955 avec l’appui d’une partie du clergé. Pourtant, la création de la S.U.D.E.N.E. (Super-intendance pour le développement du Nord-Est) a permis quelques progrès et assuré, pendant la période 1960-1978, un taux de croissance de 6,9 p. 100, proche de celui de l’ensemble de l’économie brésilienne qui fut de 7,6 p. 100; des plans de développement ont été lancés (industrie, agro-industrie). Après avoir construit les plus grands barrages réservoirs du monde, le gouvernement a installé des colons sur des périmètres irrigués. Les paysans sans terre, qui n’ont pu être fixés ni par l’agriculture ni par l’industrie, sont incités à se déplacer vers les terres inoccupées de l’Amazonie et du Centre-Ouest.
En dehors de l’agriculture, les ressources sont rares: quelques pierres précieuses et un peu de minerai de fer, de chrome et de manganèse. On a cependant découvert, à la fin des années soixante-dix, des réserves importantes d’uranium dans l’État de Ceará à 200 km à l’ouest de Fortaleza. Dans la région côtière, des usines à sucre et le travail du coton utilisent les produits locaux. Un réseau de pistes, maintenant transformées en routes, rayonne à partir des villes côtières et relie toute la région aux métropoles du sud du pays.
Recife
Recife (ou Pernambouc), la capitale du Nord-Est, est la cinquième ville du Brésil. Fondée en 1630 par les Hollandais, elle resta jusqu’en 1653 la principale ville. Son site primitif se trouvait sur le cordon littoral consolidé, le «récif», où se trouvent encore le port et une partie des grands bâtiments modernes. Les quartiers de la vieille ville ont enserré la lagune en arrière du récif avant de se développer largement vers l’intérieur: les gratte-ciel ont commencé à envahir le centre parmi les vieilles églises et les vieux couvents de la première période portugaise, qui font également le charme de la vieille ville d’Olinda perchée sur une colline voisine. Gonflée par les réfugiés du Nord-Est, Recife s’accroît rapidement: 1 183 000 habitants dans la ville mais 2 495 000 dans l’agglomération. C’est un port de pêche d’où s’élancent les légères «jongades» faites de bois insubmersible; elles servent au pêcheur artisanal tandis que des unités plus importantes sont utilisées pour la pêche industrielle; le cabotage est important vers les autres côtes brésiliennes. Un noyau industriel s’est installé tardivement sous l’impulsion des incitations fiscales de la S.U.D.E.N.E.: quelques usines alimentaires, un peu de textile, un embryon de métallurgie de transformation. Pourtant, l’électricité des barrages du moyen São Francisco ravitaille la ville.
5. Le Centre-Est, un riche sous-sol
L’Est du Brésil comprend les États de Bahia et le nord du Minas Gerais. Il présente trois bandes parallèles à la côte qui a une direction nord-nord-est – sud-sud-ouest.
La zone littorale
La zone littorale qui s’étend de la vallée du São Francisco au rio Doce est rectiligne avec quelques profondes rias; le rivage est dominé par les petites tables plates des tabuleiros et quelques collines plus élevées, cristallines, qui arrivent à la mer dans la région d’Ilhéus. La plus profonde indentation est la grande baie de Tous-les-Saints (baía de Todos os Santos), sur laquelle est construite la ville de Salvador (ou Bahia) et qui est due à un fossé d’effondrement se prolongeant au nord par la zone sédimentaire du Reconcavo, encastré entre deux môles cristallins à l’est et à l’ouest. Le climat y est humide et chaud (température moyenne 22 0C) et les pluies y tombent toute l’année (à Salvador, de 1 500 à 2 000 mm). Cette bande côtière est la zone accessible et vivante: l’économie y est très diversifiée. Le long du littoral, des artisans pêcheurs vivent dans de petits villages blottis au milieu de grandes plantations de cocotiers. Dans le Reconcavo, les cultures sont très diverses selon la nature des affleurements du Crétacé. Quand il est marneux, les grandes plantations de canne à sucre, naguère domaines privés et aujourd’hui propriété le plus souvent de puissantes sociétés, pratiquent une monoculture en cours de modernisation; les sucreries se profilent en plein champ. Sur les affleurements sableux, la forêt persiste; elle est exploitée pour faire du charbon de bois. Dans les zones intermédiaires, les pâturages servent à l’élevage des bovins; quelques bas-fonds marécageux, aménagés et travaillés par des familles souvent d’origine asiatique, produisent des cultures maraîchères. La bordure cristalline est couverte de champs de tabac. Au sud de la région de Bahia s’étend autour d’Ilhéus la zone de monoculture du cacao ; les cacaoyers sont plantés à l’abri d’un sous-bois, grandes plantations de plusieurs centaines de milliers d’arbres; les fèves, récoltées et séchées, sont exportées par le port d’Ilhéus. Peu à peu, on défriche les clairières de la forêt côtière, vers le sud, en vue de planter d’autres cacaoyers. Dans ces régions de plantations de canne à sucre ou de cacaoyers, le manque de cultures vivrières est cruellement ressenti par la population.
La découverte du pétrole dans le Reconcavo de Bahia a changé la physionomie de ce secteur: la production atteignait 30 millions de barils et constituait presque la moitié du pétrole brésilien; une partie était travaillée sur place dans la raffinerie de Mataripe, mais la plus grande partie était expédiée par le port pétrolier de Madre de Deus à destination des raffineries du sud du pays. Le pétrole, créateur de richesses, a favorisé la construction de routes, de cités ouvrières, la constitution de réserves financières et l’implantation d’un grand complexe pétrochimique à Camaçari. Il en sera peut-être de même avec le gaz qui a été découvert en 1981 à Pilar entre Récife et Salvador. La capitale régionale, Salvador, a beaucoup bénéficié de la présence du pétrole. C’est la sixième ville du Brésil. En 1990, elle comptait environ 1 500 000 habitants, soit un doublement depuis 1960. Fondée par les Portugais sur une colline cristalline, horst, où subsiste la ville haute avec ses petites maisons aux tuiles rondes, ses rues étroites, ses églises et ses couvents innombrables, elle s’étend maintenant sur les terres basses récupérées le long de la baie où se trouvent un port actif, le quartier des entrepôts, des banques et du grand commerce; les quartiers résidentiels se sont développés le long des plages. Grâce à l’activité pétrolière et à l’installation d’une vaste zone industrielle, Salvador entre dans l’ère moderne avec quelques industries métallurgiques et chimiques, qui s’ajoutent à un artisanat local pittoresque.
L’intérieur
Vers l’intérieur, on traverse successivement un plateau formé d’une série de surfaces emboîtées, entaillées dans le gneiss, ponctué d’inselbergs, et l’on passe graduellement aux hauteurs de la serra do Espinhaço, large de 50 à 100 km et qui court sur 1 000 km du nord au sud. Elle prend différents noms (chapada Diamantina au nord, dans l’État de Bahia, où elle atteint 1 100 m d’altitude). Cette serra est constituée par de vigoureuses crêtes de quartzite redressées et les vallées s’y entaillent en gorges. Le climat est plus vivifiant que sur la côte, et une saison sèche apparaît en automne et en hiver. La végétation naturelle est une forêt peu dense. C’est le château d’eau de la région. Autrefois, comme son nom l’indique, la chapada Diamantina fut le siège d’une grande exploitation diamantifère très prospère vers la fin du XIXe siècle, mais qui actuellement n’assure plus – et encore à un rythme très réduit – que la production des diamants industriels. Dans les vallées poussent quelques maigres cultures vivrières et localement un peu de tabac et de café. C’est surtout le domaine de l’élevage extensif; celui-ci a permis la floraison de marchés du bétail comme Feira de Santana ou Vitória da Conquista; une véritable transhumance existe entre le Reconcavo et ces montagnes. Vers le sud de l’État de Minas Gerais, les ressources minières deviennent considérables et ont assuré la fortune de la région.
À l’ouest, le profond fossé d’effondrement du São Francisco, allongé du sud-sud-ouest au nord-nord-est, forme la limite entre le centre-est et le centre-ouest du Brésil. Par son climat où les pluies, irrégulières suivant les années, ne dépassent pas 300 à 400 mm, il prolonge le sertão du Nord-Est. Les cultures y sont à peu près absentes sauf dans de toutes petites terrasses irriguées le long du fleuve. C’est aussi le domaine de l’élevage extensif et un foyer d’émigration. On a équipé la vallée pour la production hydroélectrique avec les grands barrages de Três Marias au sud de Sobradinho et de Paulo Afonso au nord.
6. Le Centre-Ouest, l’objectif des nouveaux pionniers
À l’ouest de la vallée du São Francisco, on pénètre dans une vaste région qui couvre 22 p. 100 du territoire brésilien, mais qui est mal connue et peu peuplée. Elle atteint à l’ouest la frontière brésilienne, au nord descend par le glacis septentrional du Mato Grosso jusqu’à l’Amazonie, et se trouve limitée au sud par les vallées des rios Grande, Paraná et Apa, affluents du Paraguay. C’est le «plateau brésilien», formé en réalité de reliefs assez variés, mais où prédominent les grandes surfaces planes plus ou moins étagées, dominées par des reliefs résiduels, entaillées par les grandes vallées et séparées par des escarpements plus ou moins vigoureux. La région la plus régulièrement élevée, formée par de hautes surfaces cristallines, occupe l’ouest, le centre et le sud-est de l’État de Goiás; elle est encadrée de chaque côté par les grands bassins sédimentaires du São Francisco à l’est, du Paraná et des affluents de l’Amazone à l’ouest et au nord-ouest: le socle cristallin a été porté ici à plus de 1 000 m d’altitude. Vers l’est et le nord-est, les couches sédimentaires de couverture s’abaissent en formant des chapadas et des cuestas au front tourné vers l’ouest et vers le sud, comme la fameuse serra Geral de Goiás. Vers l’ouest, symétriquement, les couches sédimentaires plongent vers le bassin du Paraná, donnant des lignes de cuestas multiples avec des fronts externes périphériques de 200 m de puissance. La grande dépression du Paraguay, dominée par un bel escarpement de basalte et de grès, forme une zone déprimée constituée tantôt par une pénéplaine tantôt par une zone de remblaiement, comme le fameux Pantanal dû aux divagations des méandres du Paraguay. Ce relief massif connaît un climat de savane tropical, qui devient plus humide et plus frais vers le sud-est et le sud, plus chaud et plus humide vers le nord; il est caractérisé par deux saisons bien nettes (pluies d’octobre à avril; sècheresse de mai à septembre), des températures moyennes annuelles qui varient de 19 à 26 0C et une grande amplitude diurne au cours de l’hiver sec. Dans l’Ouest, des «périodes froides» apparaissent brusquement lorsque pénètrent les vents froids polaires venus du versant oriental des Andes.
Un semi-désert
La densité de la population est très faible (6 p. 100 de la population brésilienne). L’activité majeure est l’élevage extensif (2 ha par bovin en moyenne) sur les grandes prairies naturelles; il s’est développé dès le XVIIIe siècle, lorsque les bandeirantes commencèrent à pénétrer l’Ouest en poussant devant eux leurs troupeaux.
La colonisation du Centre-Ouest a toujours été embryonnaire et elle est devenue la grande préoccupation du Brésil moderne. Pendant longtemps, la pénétration ne s’est marquée que par quelques postes fortifiés accompagnés de colonies militaires le long des voies fluviales, surtout le Paraná et le Paraguay dès le XVIe siècle. Les éleveurs ont créé quelques fazendas isolées, puis est venue la période minière: la découverte de l’or a provoqué la création de quelques petites villes, telle Vila Boa au nord de Corumbá (1725). Enfin, une voie ferrée a été construite au sud vers Corumbá et la Bolivie. Les essais de colonisation agraire, soit étrangère (allemande en 1924 près de Goiás) soit nationale (150 km au nord-ouest d’Anapolis), n’ont donné que des résultats décevants en raison de l’isolement, de la mauvaise qualité des sols qui s’épuisent très rapidement, du manque d’expérience des colons et de l’absence d’organisation. Pourtant la population, très faible, a augmenté de 80 p. 100 entre 1960 et 1980 et cela surtout sous l’influence de créations urbaines volontaires.
Conquête de l’Ouest
C’est tout d’abord Goiânia, capitale de l’État de Goiás, qui n’était encore en 1933 qu’une simple fazenda, mais dont le nombre des habitants s’élevait, en 1990, à 900 000; implantée dans la région la plus riche de l’État, elle s’est développée suivant un plan géométrique comme une vraie ville de colonisation. C’est aussi et surtout Brasília, la nouvelle capitale fédérale, choisie en fonction de cette volonté de conquête de l’Ouest. Le site est un morceau de plateau latéritique bordé, grâce à un barrage, par un lac en croissant. Le plan a la silhouette d’un avion dont le fuselage est constitué par les grands palais gouvernementaux et administratifs. Reliée par pistes et par routes à toutes les grandes régions brésiliennes, cette capitale de l’an 2000 a gagné – villes satellites comprises – 1 200 000 habitants en vingt ans.
7. Le Sud-Est: le «Brésil utile»
Composé des États de Rio de Janeiro, de São Paulo, du Minas Gerais et de l’Espírito Santo, le Sud-Est s’étend sur un peu plus de 900 000 kilomètres carrés. Sur cet espace relativement restreint, 11 p. 100 du territoire brésilien, une exceptionnelle concentration d’hommes et d’activités fait de la région le cœur du pays. La population est estimée à plus de 65 millions d’habitants en 1990, soit 43,6 p. 100 du total national. Les chiffres d’activités sont encore plus éloquents: le Sud-Est réalise les trois quarts de la production brésilienne des industries de transformation. Cet essor économique a provoqué dans la région un fort courant d’immigration interne. Par ailleurs, avec les deux plus grandes agglomérations urbaines du pays, São Paulo (15,3 millions d’habitants dans l’aire métropolitaine en 1985) et Rio de Janeiro (10,2 millions d’habitants), le Sud-Est possède les pouvoirs de commandement économique du Brésil, bien que la fonction de capitale politique ait été transférée à Brasília en 1960. L’autre grande ville du Sud-Est est aussi la troisième du pays: Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais, compte plus de 3 millions d’habitants.
Plus peuplée que les autres, plus active, plus riche, plus puissante, la région est souvent présentée comme le «Brésil utile». La réalité est plus complexe: ce Sud-Est «développé» comporte aussi beaucoup d’inégalités, tant sociales que spatiales, et sa relative richesse se fonde en partie sur des relations d’inégalité avec les autres régions, lesquelles fonctionnent par rapport à lui comme une périphérie. Enfin, l’accumulation même des activités et des hommes dans ce «centre» engendre des problèmes, en particulier dans l’agglomération pauliste.
Un milieu tropical élevé et accidenté
Région de hautes terres accidentées par des cassures, le Sud-Est s’oppose aux grandes surfaces planes et monotones de l’intérieur. Une première ligne de montagnes longe l’océan, la serra do Mar dont des éperons encadrent le site même de la ville de Rio de Janeiro, et qui se prolonge au-delà sous le nom de serra dos Orgãos. De ce fait, le littoral est fort accidenté: y alternent des côtes rocheuses à pente raide, des baies, des flèches sableuses qui prennent appui sur les «pains de sucre» et qui isolent des lagunes, de petites plaines discontinues. Derrière la serra do Mar et parallèle à elle, le fossé d’effondrement tectonique suivi par le Rio Paraíba do Sul constitue la grande voie de circulation entre Rio de Janeiro et São Paulo. La serra da Mantiqueira lui fait suite. D’une orientation identique, elle possède les altitudes les plus élevées du Sud-Est (et même du Brésil si l’on considère à part les sommets de la frontière avec le Venezuela) avec le pic da Bandeira (2 890 m) et le massif des Agulhas Negras.
La serra do Mar et la serra da Mantiqueira gardent sur leurs sommets des horizons calmes hérités de vieilles surfaces d’aplanissement antérieures au soulèvement de l’ère tertiaire et sont ciselées par l’érosion postérieure à ce soulèvement. Ce relief de massif ancien rajeuni n’est toutefois très accidenté que dans la région proche de l’océan. En direction du nord, la retombée de la serra da Mantiqueira est moins brutale que son versant sud. Elle forme le plateau du Sud-Minas qui correspond à la soudure de deux môles cristallins, à l’est du bassin sédimentaire du rio São Francisco, la serra do Espinhaço, à l’ouest et en direction de Brasília, les terres élevées qui forment plus loin l’Espigão Mestre ou serra Geral du Goiás. Quant à l’État de São Paulo, sa plus grande partie appartient à un bassin sédimentaire dont le Rio Paraná suit la gouttière centrale. Les assises géologiques s’inclinent vers l’ouest; les différences de résistance qui existent entre elles ont été mises en valeur par l’érosion, donnant un ample relief de cuesta, avec souvent une corniche vigoureuse. Des épanchements volcaniques en plateau (des trapps ) y ont donné les excellentes terres violettes.
Les altitudes valent aux «hautes terres atlantiques» une originalité climatique: pluies abondantes, en particulier sur les versants exposés aux alizés humides de l’océan, et modération des températures. Ces caractères sont assez bien circonscrits aux lieux élevés et proches de l’Atlantique. À l’intérieur de la région, outre que les altitudes sont moindres, la position d’abri explique une pluviométrie inférieure. Alors qu’à Santos, le port de São Paulo situé à 240 de latitude, les pluies atteignent 2 331 mm par an (janv. = 319 mm, août = 122 mm), aucun mois n’étant biologiquement sec, Belo Horizonte, à 800 m d’altitude et avec une température moyenne de 20 0C, reçoit par an 1 412 mm de précipitations, distribuées selon l’alternance d’une saison sèche et d’une saison humide. L’extrémité nord du Minas Gerais, le long de la vallée du São Francisco, présente des traits d’une plus grande sécheresse annonciateurs du Brésil semi-aride. Il faut donc distinguer au moins un climat tropical littoral chaud et humide, un climat tropical d’altitude plus frais, un climat tropical classique à saison sèche et saison humide alternées et un climat tropical à nuance plus sèche. Enfin, dans la partie la plus méridionale de ce Sud-Est, l’hiver peut être affecté de véritables coups de froid qui provoquent des gelées.
La végétation naturelle traduit les différences climatiques. Elle comprend des couvertures forestières, soit à feuilles pérennes sur le littoral et les versants d’où est absente la saison sèche, soit à feuilles caduques à l’intérieur dès lors qu’est bien marqué le climat tropical à saisons alternées, et la savane arbustive, le cerrado , dans le Nord-Ouest du Minas Gerais. En outre, des taches de brousse à épineux, la caatinga , correspondent au milieu plus sec du Nord.

en plus ils m'on dit "ypur message is too long..." :D :D ;)





je suppose que tu l'écris de tête !!;) quelle mémoire !
 

Pedro Cabral

Kubake
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hé j'ai encore toutes mes dents :D :D

(on arrete quand meme, le duo du spamm doit s'arreter un peu... :D ;) )
 

Pedro Cabral

Kubake
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bon une chose de reglée :)
 

Pedro Cabral

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tu me cherche Karl... !! :mad: :D :D
 

unmerged(2920)

Dark Surcouf ne meurt jamais
bon j'avais deja epuré le thread mais le spamm revient au galop.
comme se qui est dit consiste plus a se faire des politesses qu'autre chose je ferme le thread.
 
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