Chapitre Neuvième
Napoléon est de retour en France. Son éclatante victoire sur l’Archiduc déchu fait de lui un homme craint par toutes les grandes puissances.
L’Espagne sera sa prochaine victime. Il n’en a pas fini avec les Bourbons. Il veut réitérer le coup du duc d’Enghien, montrer à la face du monde que les Capet sont finis.
97 000 jeunes hommes sont appelés aux bureaux de conscription. Lannes prendra l’armée de l’Est stationnée en Languedoc, tandis que Murat s’occupera de la région Léonaise avec son armée d’Espagne.
Mais l’Europe n’est pas la seule à subir les attaques des vieilles monarchies. La Martinique est attaquée par une force de 8000 Espagnols. Voyant la défense impériale trop puissante pour eux, leur lâcheté les fait retourner à l’eau. Mais le blocus Français, Hollandais et Américain leur empêche de fuir. Les flottes coalisées sont repoussées, et les troupes terrestres doivent se rendre…
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Le 24 juillet 1808, au Nord-Est de l’Europe, une bataille vient bouleverser les plans de l’Empereur, pour un temps. A l’aube, la cavalerie Prussienne attaque par surprise l’armée du Rhin de Moreau stationnée à Plock, en Pologne. Les troupes de Moreau n’étaient pas préparées à faire la guerre en rase campagne. La supériorité ennemie dans le domaine des troupes montées aura peut-être des conséquences.
France
Armée du Rhin
Moreau
37 000
16 000
115
Prusse
Leibgarde
500
39 000
La bataille commence dès 6h30 du matin. Alors que le soleil pointe à peine, les avant-postes français autour du camp subissent les premières attaques ennemies. Les lâches Prussiens exécutent leurs victimes dans leur sommeil. A peine les premières minutes passées, les messagers français partent en direction du lieu de stationnement de l’armée. Il faut à tout prix réveiller les généraux afin d’éviter le pire des massacres et se préparer au choc. Les avant-postes tombent l’un après l’autre, augmentant encore le nombre des victimes.
Moreau et les siens se réveillent. Le clairon sonne, les soldats se lèvent, les armes sont sorties en hâte, on selle les chevaux afin qu’ils puissent être montés par les milliers de dragons qui courent à eux. L’armée s’organise en toute hâte.
A 7h25, les lignes sont prêtes à avancer. L’artillerie tire ses premiers boulets qui tombent sur les Prussiens, qui n’avaient aucunement prévu un tel sursaut de la part de leurs ennemis. La première vague de hussards Prussiens s’écrase contre les baïonnettes françaises. Plus de 5000 cavaliers ennemis tombent. La situation semble enfin se retourner.
A 8h30, seconde attaque. Les 1000 cuirassiers ennemis sont anéantis. Les Prussiens semblent démoralisés et repoussent leur prochaine attaque.
La réorganisation s’effectue dans l’armée Française qui dans l’action du combat s’était éparpillée dans la campagne. La plaine qui forme le champ de bataille se dévoile aux yeux des deux armées. En 2 heures, le terrain s’est couvert de corps humains et de cadavres de chevaux ensanglantés. On dénombre près de 2000 morts. Les blessés ne se comptent pas. Ici, un régiment ennemi est capturé. Là, on envoie des officiers blessés dans l’hospice le plus proche. Mais la guerre ne laisse pas de répit, et bientôt les combats reprennent, plus vigoureux encore.
Une charge massive est alors tentée par l’ensemble de la cavalerie ennemis, chasseurs en tête. Le galop est sonné, la cavalerie se rapproche de plus en plus… du piège que leur tend les Français. La proie est une cible de choix pour les généraux Allemands inexpérimentés. Une brigade entière de fantassins, perdus à proximité d’un ruisseau infranchissable. Une boucherie en perspective. Mais le grand général Moreau a eu le temps de prévoir sa stratégie. L’artillerie française s’est placée dans le dos de l’ennemi, en bordure de forêt, camouflée par les feuillages denses.
Le général ennemi comprend dans quoi il est tombé. Mais il est trop tard. L’ordre est donné de faire feu de tous les canons. Le mortier s’en donne à cœur joie, les billes du tir de barrage fusent de tous coin, les cratères se font de plus en plus nombreux, là où quelques minutes auparavant la puissante cavalerie ennemie faisait course vers la piétaille française.
Le repli est ordonné pour les quelques milliers de survivants. La boucherie a bien eu lieu, mais pas dans le sens prévu. Dix milles corps supplémentaires jonchent le sol rougi. Cinq milles cavaliers sont tombés. Les défections sont de plus en plus nombreuses.
Puis c’est une nouvelle attaque. Les cavaliers Prussiens retraitent, par peur de la disparition totale de leur armée. Ils s’éloignent du champ de bataille, démoralisés, la peur au ventre. Ils font bien d’avoir peur. Moreau ne leur laisse pas la chance de partir pour revenir, plus nombreux, mieux préparés. Les dix milles dragons et les six milles chasseurs, qui avaient été tenus en écart, ont ordre de poursuivre l’ennemi. La chasse est meurtrière.
L’ennemi, qui lançait l’assaut il y a encore une heure sur une armée française bloquée contre un ruisseau, se retrouve à son tour bloqué. Mais la machine de guerre Française arrive, il n’est plus temps de réfléchir.
Les chasseurs se séparent du groupe d’attaque… pour mieux revenir quelques minutes plus tard, sur le flanc gauche des Prussiens. Les ennemis sont poussés dans leurs derniers retranchements. Et le choc à lieu. Les cri fusent, le sang emplit la plaine, recouvre les visages des soldats enragés. De tous côtés, des hommes tombent, abattus, découpés, décapités. La victoire est proche.
A 12h15, en pleine bataille, le général allemand qui observe au loin donne l’ordre de sortir les drapeaux blancs. C’est la fin, la victoire est Française ! Moreau a une fois de plus prouvé son savoir faire sur le champ de bataille.
La bataille aura fait près de 12 500 morts, dont seulement 1000 Français et Polonais. 20 000 prisonniers sont retenus. Le combat de ce jour aura démontré que la cavalerie Prussienne ne fait plus le poids, seule face à l’armée Française surentraînée.
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Le 1er août 1808, l’ordre est donné. Murat et Lannes franchissent les postes frontières des Pyrénées. La Navarre et la Catalogne sont envahies.
France
Armée d’Espagne
Murat, Masséna
60 000
10 000
50
Armée du Nord
Lannes
75 000
16 000
50
Espagne
Armée de Murcie
Castanos
35 793
22 733
0
Angleterre
Royal Army
Bedford
0
7000
0
La supériorité numérique française n’est pas à vérifier. Mais ces régions montagneuses ne sont pas propices à l’offensive d’une telle armée. L’attrition est forte en ces régions désertiques de l’Ibérie.
Murat et Lannes arrivent respectivement à Pampelune et à Gérone les 6 et 7 septembre. L’assaut est ordonné conjointement. Le 10, Gérone tombe, et Lannes poursuit sa route vers Barcelone, la ville la plus riche du sol national espagnol. Le 21 septembre, c’est au tour de Pampelune de céder. Saragosse sera la prochaine cible de Murat, pour ensuite poursuivre vers Madrid.
Le 1er octobre, l’Armée du Nord est devant Barcelone. L’ordre est donné de saper les murailles pour une prochaine invasion de ce grand centre de commerce de la Méditerranée.
Les colonies sont la cible de représailles de la part des coalisés. La Guadeloupe voit débarquer un corps expéditionnaire Britannique. Mais les Anglais déchante vite. Une sortie rondement menée les forces à se rendre à la garnison de la place de Pointe-À-Pitre
Le 8 octobre, Barcelone cède enfin. Les quais, où plusieurs grands voiliers de guerre espagnols étaient en construction, sont détruits. Lannes préfère partir vers Valence et continuer vers le Sud, que de s’éterniser dans cette ville mise à feu et à sang par les troupes Françaises enragées.
Le 26 octobre, l’Armée d’Espagne s’attaque à Saragosse, tandis que le 29, Lannes canonne Valence. Le 4 novembre, Murat est victorieux en Aragon. La ville se rend, puis il poursuit vers la capitale Espagnole. Valence tombe à son tour le 10, et l’armée du Nord poursuit vers Murcie.
Pendant ce temps, l’armée espagnole se réunit vers Grenade, sous les ordres de Castanos. Une fois réunie, l’armée à ordre de marcher sur Murcie afin de stopper l’avance française de Lannes dans cette région de l’Est espagnol.
Le 10 décembre, Murat s’en prend à Madrid. Elle tombe le 15. Mais le roi a eu le temps de fuir à Séville. La ville est pillée, les palais sont brûlés et les œuvres d’art et autres richesses de la capitale ennemie sont emmenées à Paris. Les cartes du monde espagnol nous sont révélées. Lannes s’installe à Murcie le 15 décembre afin de reprendre quelques forces après l’avancée phénoménale, en attendant l’arrivée de Castanos et de ses milliers d’hommes.
Murat arrive à Salamanque le 6 janvier 1809 et doit faire face à un groupe de 6000 Espagnols, tous exterminés le soir même. Il monte alors à l’assaut des fortifications de la ville.
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Aux premières lueurs de l’aube, les Espagnols, après une longue marche forcée de 400 kilomètres à travers la montagne, arrivent en vue de Carthagène. Castanos réalise alors l’une des plus grosses erreurs tactiques des guerres de Révolution… En effet, contrairement à ses ennemis Français, qui privilégient l’infanterie dans ces zones rocailleuses, Castanos a décidé de tenter une nouvelle stratégie, vouée à l’échec : la charge de cavalerie en montagne escarpée. Voyant cette armée étrange menée par un général inexpérimenté et insouciant (ou tout simplement fou), Lannes explose de rire et met ses troupes en formation.
A 9h15, la bataille commence par une rafale d’artillerie, qui fait feu sur le versant opposé à celui où elle se trouve, et d’où la cavalerie ennemie « tente » de descendre vers la plaine. Les Espagnols tombent comme des mouches. L’infanterie Espagnole pendant ce temps, descend tranquillement la montagne pour se retrouver dans la plaine, à son tour. Au bout de dix minutes de feu intensif, la cavalerie ennemi se résume à une dizaine de cavaliers sans monture, qui demande de l’aide aux Français afin de retrouver une épée perdue durant l’attaque, et appartenant à la famille de l’un d’eux depuis des centaines d’années.
A 12h, les fantassins hispaniques ont enfin terminé leur marche en direction des basses terres. L’artillerie joue encore (méchamment) des siennes. Alors que le campement est dressé pour le repas du midi, les canons Français s’approche à distance de feu des Espagnols. Voyant les bouches de feu approcher, les Espagnols demandent une trêve afin de pouvoir terminer leur repas. Lannes, dont les muscles zygomatiques encore endoloris par la dernière attaque, et qui ne sont pas près de se décoincés.
La trêve s’achève à 12h50, le repas enfin terminé, la bataille reprend. La cavalerie Française était descendue à son tour dans la plaine afin de s’attaquer à l’ennemi. Mais elle n’a pas le temps d’assouvir son noir dessein. Un incendie se propage dans le camp ennemi. Les soldats fuient comme des lapins, apeurés par le feu brûlant, criant des « Agua ! Agua ! » et autres joyeusetés dans le but d’implorer la clémence aux Français afin que ceux-ci leur donne un peu d’aide et surtout l’eau qu’ils réclamaient tant.
Un officier se rapproche de Lannes, qui on ne sait pour quelle raison se roulait par terre, accepta que l’on envoie des hommes, chargés de seau d’eau, aider les malheureux espagnols.
La bataille se termine, Castanos offrant son épée en guise de remerciement pour le soutien apporté. Lannes est emportés dans sa tente par ses médecins, le soupçonnant malade et souffrant, en raison d’une contorsion abdominale continue et incompréhensible…
Le bilan est loin d’être aussi réjouissant que les évènements relatés. 19 796 cavaliers espagnols tués dans la première attaque, 8 000 grands brûlés et autres blessés légers… Du côté français, le nombre de victimes se monte à 7000 hommes hors de combat en raison d’une épidémie de diarrhée qui se répandit comme une traînée de poudre après la bataille. Il y eut aussi 3 Français morts brûlés alors qu’ils tentaient d’éteindre l’incendie du camp ennemi. Après avoir retrouvé ses esprits, le général Lannes demanda qu’une cérémonie soit célébrée en l’honneur de ces « soldats du feu », expression qui restera, on l’espère tous, dans l’Histoire afin de désigner ces militaires qui vouent leur vie au sauvetage des autres individus…
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Lannes, après s’être remis de ses émotions, entre dans Carthagène le 3 février après avoir frôlé l’échec et que 7000 Français soient tombés sur les fortifications de la ville. Murat quant à lui, prend Salamanque le 28 janvier 1809 et part en direction de Bilbao.
Les Espagnols s’entêtent à vouloir occuper nos colonies. Une nouvelle force de 15 000 hommes s’attaque à la Trinité, sans pouvoir résister aux forces françaises en place.
Murat affronte dès son arrivée en Cantabre 5000 cavaliers qui posent vite le pied à terre en voyant arriver dans leur direction. Il monte quelques heures plus tard en tête du groupe d’assaut lancé sur Bilbao, qui tombe le 1er mars, en fin de journée. La prochaine victime de la machine de guerre Murat sera la région du Cap Finistère.
Tolède cède à Lannes le 20 mars. Il reste quelques heures avant de repartir pour Séville où le roi d’Espagne s’est réfugié. Il prend place sous les murs de la ville le 11 avril. Malheureusement, au cours d’une attaque menée contre les forteresses avoisinantes, le Grand Maréchal d’Empire est tué le 1er mai 1809...
Le 10 mai, le maréchal Bernadotte quitte l’armée Française et prend le titre de roi de Suède. La perte de ses services ne sera pas un problème insurmontable pour nos hommes.
Napoléon Ier décide de la levée de 110 000 hommes dans le Sud de la France afin de porter secours aux troupes déjà en Espagne, et dont les effectifs se réduisent comme peau de chagrin. En effet l’armée de feu Lannes est en très mauvaise posture, et risque à tout moment de disparaître du champ de bataille. Quant à Murat, il butte sur les fortifications très puissantes de la Corogne.
Le siège de Séville prend fin le 5 juin. Dès les premiers jours, le combat semblait mal engagé. L’armée fatiguée par le chemin parcouru, les batailles menées (??) et les murailles imposantes de la ville en avait découragé plus d’un. Les assauts contre la ville, qui aurait dû être facilités par le soutien de la puissante artillerie française s’étaient révélés être de véritables boucheries.
Dès les premières attaques, la situation se dégrada pour l’armée du Nord. De deux contre un en faveur des assiégeants, le rapport des forces se renversa et se modifia en un contre trois.
Le 1er mai 1809, un autre problème survint. En route pour couper le ravitaillement de Séville par le fleuve, Lannes et sa cavalerie tentèrent de prendre une forteresse. Mais les lâches Espagnols, ceux-là même qui avaient été sauvés par les Français à Carthagène, prirent la Garde à revers et annihila le groupe. L’officier fut lui-même touché pendant l’affrontement et décéda à son retour au camp. L’annonce de la mort du « Grand Maréchal » comme le surnommaient ses hommes, vétérans de Sardaigne et de Corse, fut un coup terrible pour les troupes qui avaient survécu aux récentes attaques.
Le roi d’Espagne monta alors une attaque contre les assiégeants, par une sortie en masse de la garnison. La cavalerie Française, ou plutôt les survivants de la cavalerie, s’étaient éloignés pour intercepter une caravane de vivres, prenant la direction de Séville, afin de ravitailler la ville et le Roi. Ayant abandonné son poste, elle laissait l’armée Française désemparée et sans réelles défenses, hormis quelques canons et 5000 fantassins épuisés et meurtris par des semaines de siège éprouvant.
La sortie eut lieu le 4 juin aux alentours de 15 heures. La piétaille ne s’attendait en aucun cas à pareille attaque de la part des assiégés. Le combat se déroula dans le plus grand désordre, les lignes et les régiments à peine formés, dans un camp ou dans l’autre. Les messagers demandant des renforts à la cavalerie étaient sauvagement abattus alors qu’ils s’éloignaient du champ de bataille.
Mais le jeune général Maximilien, qui avait pris la direction de l’armée après la mort du Maréchal Lannes, avait entendu des tirs de canons et de fusils provenant de Séville. Il prit alors le galop avec son armée et parvint sur les lieux du combat en quelques minutes.
Mais la situation semblait désespérée. Un groupe ennemi prit à partie les dragons Français déjà aux prises avec un bataillon de chasseurs ennemis. La fusillade qui suivit cette altercation fut meurtrière. A peine 500 cavaliers en réchappèrent. Maximilien, à contre cœur sonna la retraite. L’armée du Nord avait bel et bien subit une déroute en Espagne, là où elle avait tant vaincu…
Au total, ce sont près de 30 000 victimes qui sont à dénombrer sur le sol de Séville, sans compter les pertes civiles de près de 15 000 personnes, causées en partie par une épidémie de peste. La dernière bataille aura causé la mort de 12 000 personnes à elle seule. Les Français, au soir du regroupement à quelques kilomètres du carnage, ne seront plus que 2000 dont environ 200 cavaliers…
Au nord, le premier assaut contre la Corogne est aussi arrêté net au soir du 25 juin, par une sortie espagnole, qui ne parvient toutefois pas à faire lever le siège. Cette première attaque en Galice aura causé la perte de 30 000 hommes en armes.
Aux Antilles, la Trinité succombe finalement sous le siège de 15 000 Espagnols. La Campagne après un départ en flèche semble bien diminuer en intensité. Poursuivant sur leur lancée, les Espagnols débarquent à Fort-de-France, mais grâce à un sursaut de la part des quelques milliers de défenseurs, les ennemis sont repoussés.
Le 23 novembre, malgré une victoire contre les Espagnols en Andalousie, Maximilien doit à nouveau lever le siège et s’enfuir pour Tolède. En Galice, les renforts arrivent le 26 novembre, et l’assaut peut être relancé. La ville résiste mais tombe tout de même le 18 décembre.
Suivant une autre tactique que celle visant à faire tomber les places fortes les plus importantes en premier, les deux armées préfèrent attaquer les villes secondaires afin de couper l’approvisionnement ennemi. L’armée d’Espagne fait alors route vers Badajoz, tandis que celle du Nord part en direction de Grenade.
L’assaut est donné sur Grenade le 15 février 1810, et la ville tombe le 26. L’armée du Nord prend le chemin de Cadis le même jour pour y initier le siège. L’armée d’Espagne, arrivée en Estrémadure le 28 mars, doit lutter contre une armée espagnole d’environ 9000 hommes. Celle-ci est exterminée très vite malgré la perte d’environ 2000 Français. L’assaut est lancé sur Badajoz le 7 avril. Maximilien arrive le 22 en Andalousie et se met en place pour assiéger la ville. Murat et son armée se dirigent vers Séville afin de bloquer le Roi d’Espagne dans se murs, après que Badajoz soit tombée le 3 mai, et ayant essuyé de lourdes pertes.
Le 10 mai, une sortie espagnole hors de Cadis est détruite, rajoutant à la liste déjà longue des morts 1000 nouveaux noms. Le 19 mai, Murat se positionne sous les murs de la nouvelle capitale Espagnole. La région Andalouse est totalement bouchée par 71 000 Français, qui pille continuellement la province.
En France, l’Empereur ordonne la construction de 100 canons destinés à faciliter le siège de Séville et de Cadis, puis à poursuivre plus tard vers Gibraltar, aux mains des Anglais.
Dès lors, la campagne d’Espagne peut être considérée comme terminée, et elle finie par une victoire totale des Français malgré de lourdes pertes, et un moment incertain dans la guerre.
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Le 23 septembre 1810, 6h45. Des cavaliers Polonais entrent en trombe dans la tente des officiers de l’armée du Rhin. L’annonce terrible qu’ils leur font fait sonner le branle-bas de combat dans le camp de l’armée. L’armée Prussienne est en vue. Celle-ci est deux fois plus importante que l’armée qui a été vaincue il y a deux ans, le 24 juillet 1808.
France
Armée du Rhin
Moreau, Ney, Bessières
36 676
15 767
112
Prusse
Wylich
1 000
65 735
0
Moreau fait sonner le clairon. A 8h32, toute l’armée est prête au combat. Les canons se préparent à faire feu. Le lieu qui a été choisi pour l’affrontement est le même que celui de la précédente bataille, Plock, à quelques dizaines de kilomètres de Varsovie, encore possession Russo-Prussienne.
La bataille s’annonce difficile. Ce n’est pas la direction qui fait défaut, mais la cavalerie. Au moment des premiers échanges de feu, le rapport des forces de cavalerie est de presque cinq contre un en faveur des Prusse. Le combat semble inégal. Les Prussiens ont su tirer les conséquences de leur dernière défaite qui les avait privé d’armée pendant près de deux ans. Ils savent quelles sont les techniques Françaises, comment les combattre sans rien risquer.
Les squelettes humains jonchent encore la plaine de Plock en cette matinée du 23 septembre. Les traces laissées par les derniers combats sont encore visibles. Trous d’obus, cratères, uniformes en lambeaux, canons détruits, os humains… Le tableau fait peine à voir. Et ce n’est pas près de s’arranger avec la boucherie qui se prépare…
L’engagement débute réellement à 9 heures, lorsque l’artillerie française fait feu pour la première fois. Les avant-postes, confiés aux Polonais afin de regrouper l’ensemble de forces françaises, n’ont pu résister très longtemps face à l’offensive ennemie. La cavalerie se lance au galop contre les rangées de soldats apeurés, et fatigués par tant de temps passé loin de chez eux.
Les victimes sont nombreuses parmi les ennemis. Le peu d’infanterie qu’ils possédaient, et qui servait surtout de preneur de places fortes, est balayée par les canons. Mais les hussards continuent sur leur lancée. Le corps à corps fait bientôt rage, et les Français se trouvent vite surpassés par la masse de leurs opposants.
C’est un massacre. Les têtes sautent, les membres sont découpés, le sang se réuni au centre de la plaine en une rivière rouge. La boucherie ne peut s’arrêter que lorsque le retrait est ordonné par le général allemand qui fait regrouper ses forces en arrière du champ de bataille. En moins de 20 minutes de combat, ce sont près de 15 000 Français qui se retrouvent au sol, pour la plupart morts…
Bessières refuse longtemps de prendre part à la bataille. Mais les appels répétés du Maréchal Ney finissent par le convaincre, et à 10 heures 22, il se lance enfin dans le combat. La charge est impressionnante. Ceux qui avaient sauvé la dernière bataille de Plock semble avoir encore progressé dans leurs techniques. La distance qui les sépare de l’ennemi est vite parcourue, et les armées s’entrechoquent. Mais leur ennemi n’est que composés de la moitié de sa cavalerie. Le piège tendu se referme sur Bessières. L’autre partie de l’armée Prussienne arrive par l’arrière, et bloque la zone d’échappatoire des Français. Bessières ordonne le repli en se taillant un chemin à travers la masse ennemie. C’est chose faite vers 10h50. Mais en se retournant, Bessières s’aperçoit qu’un tiers de ses hommes a été englouti par « l’ogre de Prusse ».
La bataille semble dès lors perdue. L’artillerie tire ses dernières salves à 11 heures. Les armées sont composées de 35 000 Français et 45 000 Prussiens. Moreau laisse encore le temps au destin de se modifier, mais à 11 heures 15, voyant que rien ne se passe, il fait sonner le clairon. Le retraite vers Poznan est ordonnée, afin de se regrouper en vue d’une contre-offensive.
C’est la deuxième grande défaite Française depuis le commencement de la guerre. En moins de trois heures, 40 000 Franco-Polonais sont tombés, contre à peine 20 000 Prussiens. La région de Gniezno et Plock est abandonnée au pillage par les hussards Allemands et Austro-Hongrois venus en renfort…
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Le 10 octobre, Cadis tombe enfin, suivie le 11 de Séville. Le roi est fait prisonnier, malgré une tentative de fuite (cela est chose commune dans la famille Bourbon) et rattrapé quelques temps plus tard sur le chemin le menant vers Gibraltar. La conquête de l’Espagne s’achève enfin. Les armées d’Espagne et du Nord sont regroupées sous les ordres de Murat.
Le 12 octobre, Napoléon Ier et Ferdinand VII se rencontrent à Madrid pour étudier les clauses du traité de paix entre les deux nations, qui devrait mettre fin une bonne fois pour toute à la guerre entre les deux pays, ainsi qu’entre la France et la Prusse, malgré la défaite du 23 septembre.
Les deux souverains trouvent vite un accord. La Navarre et une partie de la Catalogne passent sous autorité Française, et tout le reste du territoire Ibérique est rendu à leur souverain. De fortes indemnités de guerre sont offertes en compensation à la France pour les pertes causées. Le roi de Prusse et l’Empereur de France signent quant à eux un retour au Statu Quo initial.
Murat rentre alors en France, accompagné de toute son armée, et la cavalerie Prussienne lève le siège de Gniezno.