1448-1460 : La France s'enhardit
Pendant douze ans, les pays héréditaires vont connaître une longue période de paix. Les Habsbourg en profitent pour consolider leur pouvoir malgré l'opposition des nobles et des paysans. Frédéric II doit de plus faire face à l'expansionnisme de grandes puissances qui menacent l'équilibre du Saint-Empire. L'annexion du Palatinat sera le déclencheur de la deuxième guerre austro-françaises.
La pacification des pays héréditaires
Après une campagne épuisante en Italie, Frédéric III éprouve le besoin de renforcer encore son pouvoir dans les pays héréditaires. L'Autriche n'a pas été trop affectée par les combats, seule l'Istrie a été occupée. L'armée compte 20 000 soldats, bien entraînés. Par contre la flotte de guerre s'est révélée fragile, et un effort de recontruction de galères est programmé. Toutefois, les Habsbourg jugent que la priorité doit être l'amélioration de l'infrastructure des pays héréditaires, aux dépends de la marine autrichienne : le budget est ajusté en conséquence en janvier 1448. Décidé à ne pas renoncer aux réformes centralisatrices, Frédéric III promulgue de nouvelles ordonnances en décembre 1451, ce qui ne manque pas de provoquer de nouveaux troubles parmi les familles nobles, bien vite apaisés grâce à quelques subsides versés par la monarchie. Ainsi, en octobre 1452, Frédéric III n'hésite pas à donner 750 000 florins à un de ses vassux, un puissant baron de Styrie dont les riches territoires avaient été ravagés par la guerre et qui ne pouvait faire face à ses créanciers lombards (Evénement aléatoire : Grant nobles aid).
Depuis les nombreux conflits qu'ont menés les Habsbourg, le joug qui pèse sur les paysans s'est aloudit et ces derniers ressentent de plus en plus durement leur condition servile. De nombreuses révoltes se produiront pendant cette période. Tout d'abord, en août 1455, l'Istrie, où les ravages de la guerre ont laissé des traces, et la Basse-Autriche se soulèvent. Certes les Habsbourg n'ont aucun mal à mater les rebelles, mais il ne s'agit là que d'une répétition générale. En février 1458, une nouvelle vague de troubles frappe les pays héréditaires ; les armées autrichiennes auront cette fois-ci besoin de plus d'un an et de pas moins de quatre tentatives pour disperser les paysans retranchés dans les montagnes au dessus de Trieste.
La modernisation des pays héréditaires est lente mais certaine. En 1459, à la veille de la guerre contre la France, de nombreux progrès ont été réalisés. Grâce à un effort constant de la monarchie, l'armée est parmi les plus modernes d'Europe (Tech Land = 3) et les voies de communications autrichiennes rendues plus sûres (Tech Infrastructure = 3).
Enfin, les Habsbourg renforcent leur position dans le Saint-Empire. En novembre 1457, Ladislas Posthumus, neveu de Frédéric III et fils unique d'Albert V, meurt à 17 ans. Il avait été élu Roi de Bohême mais, jouet des nobles tchèques, n'a jamais eu de pouvoir réel. C'est Georges de Podiébrad, régent du royaume, qui prend sa place. Frédéric III en profite pour se faire couronner Empereur à Rome par le Pape (Voir note). Il sera le dernier à recevoir cet honneur suprême.
Le monde musulman en crise
De bonnes nouvelles parviennent aux oreilles de Frédéric III en 1448 : deux pays musulmans, la Horde d'Or et le sultanat mammelouk, sont en pleine décomposition : de nombreux territoires ont pris la décision de se révolter et de déclarer leur indépendance face à ces mastodontes devenus trop gras. Surtout, c'est l'Empire ottoman qui va montrer de rassurant signes de faiblesse.
En juillet 1450, décidément bien affaibli par les guerres incessantes, il décide de payer un tribut de 540 000 florins à la République de Venise afin de pouvoir obtenir la paix. En janvier 1451, il met victorieusement fin au dernier conflit qu'il devait mener. La Moldavie, épuisée, bien qu'ayant tenu de nombreuses forteresses turques pendant de longs mois, doit accepter de payer 390 000 florins au nouveau Sultan, Mehmed II. On murmure que ce dernier est extrêmement brillant et a l'ambition de redresser la barre. Sa première tâche consistera à mater les nombreuses révoltes qui se sont produites dans son pays. Malheureusement pour lui, les troupes du grand vizir s'emparent de son Palais en juillet 1453 (Chute du gouvernement ottoman). Le sultan est alors obligé de se plier à sa volonté et, bien qu'il demeure à la tête de la Sublime Porte, perd tout pouvoir réel (Les caractéristiques du souverain sont fortement diminuées). L'armée turque, démoralisée, ne permettra pas à l'Empire ottoman de résister efficacement aux vélléités aggressives de Venise. Dès la fin de la trêve, en octobre 1455, après avoir obtenu l'alliance de la Hongrie (cette dernière ayant absorbé la Croatie en 1453), la République déclare la guerre aux Turcs, bientôt suivie par ses alliés.
Des alliances dangereuses pour le Saint-Empire
Les Habsbourg considèrent que le titre impérial leur confère un immense prestige mais qu'ils ont en contrepartie le devoir de protéger le Saint-Empire et son équilibre. Malheureusement, ils manquent cruellement de moyens pour faire face aux appétits de grandes puissances hors de l'Empire et au sein-même de la nation germanique. La Diète impériale est très réticente à toute action militaire (Pas beaucoup de CB) et surtout n'accorde aucune aide financière ou militaire à l'Empereur, autre que le droit naturel de faire traverser les Etats du Saint-Empire à ses troupes.
En décembre 1447, quelques mois après que la paix mettant fin à la deuxième guerre d'Italie ait été signé, le Pape, suivi par ses alliés du nord de l'Italie, décide de punir Sienne d'avoir refusé de s'engager dans la guerre contre les Habsbourg. Tenu par ses engagements, Frédéric III ne peut qu'assister à l'annexion de ce petit territoire par les Etats papaux en novembre.
En janvier 1448, les Habsbourg décident enfin de conclure un mariage pour renforcer les liens entre les Jagellon de Pologne et l'archimaison. En effet, le principal danger est maintenant la France, qui a déjà montré par le passé qu'elle projetait d'étendre son influence en Italie, où l'archimaison a de nombreux intérêts. L'Ordre teutonique, allié de longue date de la Pologne, décide de se mettre sous la protection des Jagellon en octobre 1448. En échange, il devra verser un tribut annuel prélevé sur ses revenus. Cette nouvelle fait désormais craindre à Frédéric III que les Jagellon osent faire subir le même sort à leurs alliés du Saint-Empire, Bohême et Brandebourg, deux électeurs, ce qui mettrait en danger la légitimité des Habsbourg à la dignité impériale. Ce sera le cas en novembre 1449, le Brandebourg cédant devant les promesses mielleuses de la monarchie polonaise. Heureusement pour les Habsbourg, la Bohême, lassée de devoir s'engager dans des campagnes de plus en plus coûteuses, décide de quitter l'alliance en janvier 1456, alors que le Danemark a déclaré la guerre contre le Brandebourg. Aussitôt, des émissaires autrichiens proposent aux Tchèques de se rapprocher des Habsbourg : les partenaires tombent vite d'accord et un pacte confirmant l'entrée de la Bohême dans le giron impérial sera signé quelques jours plus tard. Un mariage royal, conclu en avril, avait préparé le terrain.
L'alliance bourguignone, qui comporte aussi la Saxe et la Suède, donne des soucis à Frédéric III. En août 1448, la Bourgogne hérite du Luxembourg, ce qui ne peut qu'inquiéter Frédéric III : Phillippe le Bon peut s'avérer être un rival pour le titre de Roi des Romains. En novembre 1452, la suède remporte une victoire décisive sur le Danemark. Ce royaume est entrée en décadence depuis quelques années, et doit cette fois céder 4 provinces à sa rivale, dont la plupart sont en Norvège. En janvier 1453, c'est Münster qui devient vassal de la Saxe. Celle-ci accepte finalement un mariage royal avec les Habsbourg en avril 1455, après de très nombreux refus au cours de ces dernières années. La diplomatie autrichienne a montré toute son efficacité à cette occasion, la modération des archiducs dans le règlement des affaires impériales étant devenue légendaire. Malheureusement une guerre dans la Saint-Empire va permettre à l'Electeur de Saxe d'assurer définitivement sa préhéminence en Allemagne du Nord.
En août 1455, Novgorod impose à sa rivale Moscou un lien de vassalité après les nombreuses campganes désastreuses des princes de Moscovie. La Suède refuse de voir naître une grande puissance à proximoté de ses frontières, et décalre la guerre à la ville russe en ajnvier 1456. Le jeu des alliances fait que le Saint-Empire va se retrouver divisé en deux camps ennemis : d'un côté la Bavière, le Wurtemberg et le Würzbürg, alliés de Novgorod, de l'autre la Saxe, la Bourgogne et Münster, qui soutiennent la Suède. La campagne va rapidement tourner à l'avantage du duc de Saxe, qui va accroître ses possessions en procédant à l'annexion des Etats vaincus : Würzbürg en mai 1458 et Würtemberg en février 1459. Seule la Bavière résistera et, en juin 1461, le Duc de Saxe doit faire des concessions : l'Anhalt et le Wütemberg deviendront bavarois. Toutefois, les annexions ne sont pas remises en cause, ce qui ne manque pas d'irriter Frédéric III.
La guerre de Lorraine
Bien que les princes de Baden aient insulté, en juin 1450, Sigismond du Tyrol, le cousin de l'Empereur chargé d'administrer les domaines du Haut-Rhin, Frédéric III décide de ne pas envenimer la situation ; il a en effet d'autres soucis en tête, car le Roi de France vient de remporter de nouvelles victoires contre l'occupant anglais. En septembre en effet, les Valois parviennent à obtenir de la part d'Henry VI un traité de paix stipulant que la Normandie et l'Orléanais doivent retourner sous le contrôle direct de Charles VII. Cette guerre, que désormais l'on nomme "la guerre de cent ans", semble enfin tourner à l'avantage du royaume de France. Il est évident pour Frédéric III qu'il lui faudra dorénavant surveiller les Valois de près. Des mariages royaux avec l'Irande et l'Ecosse sont conclus.
Comme une querelle dynastique absorbe toute l'attention de la dilpomatie anglaise dès le mois de janvier 1455 (La guerre des Roses), les Valois ont les mains libres pour s'étendre. Charles VII ne dissimulera pas son jeu bien longtemps : en janvier 1456, rejoint étrangement par ses alliés byzantins et géorgiens, il déclare la guerre à la Bretagne, déclenchant un conflit qui déchirera le Saint-Empire jusqu'en 1461 et sera à l'origine de la seconde guerre franco-autrichienne. Bien qu'effrayés par la puissances des Valois, le Palatinat et la Lorraine décident alors de reespecter leurs engagements et se joignent à la Bretagne. La guerre tourne court et en janvier 1458, le Duc de Lorraine doit céder le Nivernais en échange de la paix. C'est alors que son suzerain, le Duc de Bourgogne, décide de profiter de la situation pour s'emparer de Nancy. Il déclare la guerre à son vassal en février 1458 et en novembre, il est maître de la Lorraine. Cette dernière s'ajoute aux nombreuses possessions de Philippe le Bon, qui désormais dispose d'un Empire d'un seul tenant.
En Bretagne, les troupes françaises soumettent une à une les places fortes, aidées par un petit contingent byzantin. La guerre se termine mal pour le Palatinat : écrasé par la France, il doit capituler en avril 1458. Mais Charles de Valois est insatiable et confisque les domaines du Comte palatin. L'émotion est grande dans toutes les cours du Saint-Empire : c'est un Electeur que les Valois ont chassé de ses terres. A Vienne, le choc est terrible. L'Empereur convoque immédiatement le Conseil de Guerre et décide la mobilisation immédiate de toutes les forces diponibles : 10 000 hommes supplémentaires viendront s'ajouter à l'armée autrichienne. La guerre sera inévitable si Charles VII refuse de faire marche arrière. La Diète impériale voit toutes ses demandes rejetées par le Roi de France et recommande donc à l'Empereur de prendre les mesures nécessaires au règlement de ce différend (CB de 2 ans contre la France). Toutefois, les Princes allemands, l'Electeur de Saxe en tête, divisés par les conflits qui déchirent le Saint-Empire, refusent d'accorder une aide quelconque à l'Autriche, qui ne pourra compter que sur ses propres forces et celles de ses alliés.
L'Autriche se prépare au conflit
En vue du conflit qui se prépare, Frédéric III utilise les réserves du trésor pour mobiliser le plus de troupes possibles dans les Etas héréditaires. Il sait que la Bohême, engagée dans un conflit contre la Horde d'Or, ne pourra pas lui fournir l'aide qu'il aurait souhaitée. Par contre, ses vassaux, Baden, qui algne 17 000 hommes, et la Confédération Helvétique, avec une armée qui dépasse les 20 000, peuvent contribuer efficacement à l'effort de guerre. Frédéric III cherche aussi des appuis contre la France. Il obtient la neutralité de l'Aragon et de la Castille. De plus, les rencontres sont l'occasions de conclure et de célébrer en grandes pompes des mariages royaux avec les familles régnantes de ces deux pays. En juin 1452, les dernières révoltes de paysans en Istrie sont écrasées, les troupes autrichiennes convergent vers Innsbrück. En septembre, l'armée impériale est prête : avec l'introduction de la halebarde comme arme d'hast, les forces autrichiennes sont désormais aussi performantes que celles de France ou de Bourgogne (Technologie terrestre 3). L'ultimatum expire à la fin de l'hiver.
Note historique : Frédéric III a été élu Roi des Romains à la mort d'Albert V en 1440. Le fils du défunt Empereur, Ladislas Posthumus, bien qu'élu Roi de Bohême, n'a jamais gouverné et est mort à 17 ans. En 1452, Frédéric III a été couronné solennellement Empereur à Rome par le Pape ; il fut d'ailleurs le dernier à recevoir cet honneur. J'interprète les VP donnés à l'Autriche en 1457 à la mort de Ladislas comme le résultat du prestige que Frédéric III a retiré de ce couronnement.