1424 - 1437 : La guerre en Italie
Les ambitions des Habsbourg
Au début de l'année 1424, l'Archiduc Albert V a de grandes ambitions. Tout d'abord, les finances de l'Etat sont au plus haut : 3 millions de florins (300 ducats) emplissent les caisses autrichennes. Ensuite, l'armée est encore nombreuse malgré les campagnes précédentes : plus de 25000 hommes, mais elle coûte horriblement cher à entretenir (capacité d'entretien maximum de 15000). Il est donc temps d'en faire usage. Enfin, l'entrée en guerre des voisins les plus dangereux des Habsbourg, qui se désintéressent alors de l'Autriche et lui laissent le champ libre, va inciter Albert V à se lancer dans une campagne qui ensanglantera l'Italie du Nord, la Suisse et le sud de la France pendant plus de 12 ans.
L'Archiduc pense plus que jamais à la dignité impériale. Il est toujours dévoré par l'ambition de redonner le prestige d'autrefois à la couronne du Saint-Empire : les Habsbourg croient qu'il appartient naturellement à leur maison d'accomplir ce glorieux destin. Conscient du fait que cette tâche immense ne peut être menée à bien que par de nombreuses générations successives, Albert V opte pour une stratégie prudente. Il est en effet inconcevable d'avoir simplement recours à la force et aux conquêtes militaires pour assurer la prédominance autrichienne. Cela ne manquerait pas de priver définitivement les Archiducs des suffrages des princes électeurs, indispensables pour pouvoir obtenir la couronne impériale. Celle-ci permettra ensuite de disposer de la légitimité nécessaire pour pouvoir convaincre les nombreux Etats du Saint-Empire de reconnaître la suprématie des Habsbourg.
Albert V est persuadé de la nécessité de s'affirmer comme un candidat crédible à la dignité impériale en faisant preuve d'une grande fermeté vis-à-vis des Etats qui rejettent son autorité. Il conçoit alors le projet de forcer la confédération helvétique, avec qui les relations sont très tendues, à se soumettre. Le souvenir du cuisant échec de la bataille de Sempach en 1386, qui mit un coup d'arrêt aux prétentions légitime de la maison en suisse alémanique, est encore présent dans la mémoire de l'Archiduc.
1424-1426 : la chute de Milan
Malheureusement pour Albert V, la Confédération helvétique est membre d'une alliance comprenant la Savoie et Milan. L'Archiduc mise sur une stratégie visant à envahir la Suisse et à prendre ses forteresses tout en repoussant les assauts de ses alliés afin de les décourager. Lorsque toutes les villes suisses auront été envahies, l'Autriche sera alors en position de force pour négocier une paix avantageuse. Les troupes d'Albert V sont envoyées au Tyrol et reçoivent des renforts de 5000 piquiers, ces derniers étant nécessaires pour les longs sièges qui s'annoncent. Venise s'est engagée dans une campagne contre la Tunisie et l'alliance Bohême-Pologne-Lithuanie a déclaré la guerre à la ligue hanséatique et à la Prusse, l'Autriche dispose donc d'une situation idéale pour agir. En août 1424, un émissaire des Habsbourg arrive à Bern ; il annonce que l'Archiduc est décidé à faire valoir ses droits légitimes (CB contre Helvetia) et enjoint les autorités helvétiques à ouvrir leurs places fortes aux troupes autrichiennes. Le refus des Suisses entraîne le déclenchement immédiat des hostilités. L'Autriche, sûre de sa victoire, ne fait pas appel à ses alliés. Il s'agit en effet d'un conflit strictement privé qui ne concerne en rien ses partenaires.
Le début du conflit est difficile pour Albert V. L'armée d'invasion des Habsbourg se heurte aux troupes suisses, plus aguerries, qui profitent de l'avantage que leur confère la connaissance du terrain pour repousser les envahisseur au Tyrol en octobre 1424. La deuxième armée autrichienne, destinée à forcer les alliés des Helvètes à se retirer du conflit, connaît plus de succès : elle entre en Lombardie, décime les troupes de secours levées en hâte par Milan grâce à la supériorité de sa cavalerie et pille le pays. L'hiver force les forces autrichiennes, qui se sont imprudemment aventurées au Piémont, à revenir devant les murs de Milan où elles détruisent la nouvelle armée levée en hâte par la ville. Malgré les défaites, les Lombards obstinés refusent la paix blanche généreuse offerte par Albert V de Habsbourg.
A la fin de l'hiver, l'Archiduc décide de rassembler ses forces pour faire face à la menace des troupes savoyardes qui se dirigent vers le Tyrol. Le choc a lieu devant Innsbrück en avril 1425 : les forces autrichiennes, fatiguées par la marche forcée à travers les montagnes, sont vaincues par des troupes inférieures en nombre et doivent faire retraite à Salzbourg après avoir perdu près d'un quart de leurs effectifs. La défaite est terrible et les Savoyards mettent le siège devant la ville. Aveuglés par leur extraordinaire succès, ces derniers font savoir qu'ils sont prêts à accepter la paix en échange de la province d'Istrie. L'Archiduc refuse bien évidemment ces conditions exorbitantes mais subit un nouvel échec en essayant de briser le siège d'Innsbrück en septembre. La campagne de Suisse apparaît désormais bien compromise...
La troisième bataille en janvier 1426 sera la bonne, les forces suisses n'ayant pas pris la peine de renforcer celles de Savoie. Profitant de son succès et de l'inertie helvétique, Albert décide de forcer Milan à capituler : il envahit de nouveau la Lombardie et met le siège devant la ville après avoir balayé une fois de plus les maigres troupes milanaises. En août, la ville doit se rendre. Elle accepte les conditions d'Albert V : elle se soumet à l'autorité des Habsbourg (Vassalisation forcée), quitte l'alliance suisse et paye un million et demi de florins d'indemnités (150 ducats). La victoire des Habsbourg est totale et Albert a désormais les mains libres contre la Suisse.
1426-1429 : L'intervention française
En mars 1426, Albert V a vu avec satisfaction que la Provence a déclaré la guerre à la Savoie, entraînant avec elle l'Ecosse et surtout la France et ses vassaux dans un conflit contre l'alliance suisse. Toutefois, il est loin de se douter des conséquences dramatiques de cette déclaration de guerre dont il ne mesure pas encore l'ampleur. Le refus de la France de conclure un mariage royal avec l'Autriche en juin 1426 aurait pourtant dû lui faire prendre conscience des ambitions françaises en Italie et en Allemagne : profitant d'un différend frontalier entre la Bretagne et la Provence et par le jeu des alliances, Charles VII s'est engagé en décembre 1426 dans une guerre contre de nombreux Etats du nord du Saint-Empire.
Après la capitulation de Milan, les forces autrichiennes, rejointes par quelques renforts, attaquent en force la province de Schwyz. La détermination des Suisses leur permettent de repousser le premier assaut en octobre 1426 aisi que le deuxième attaque autrichienne en janvier 1427 mais les forces helvétiques, isolées, ne peuvent pas réister à la formidable machine de guerre des Habsbourg, qui disposent encore de nombreux ducats dans leur caisses et peuvent financer un effort de guerre sans avoir recours à des impôts exceptionnels ou à l'emprunt. En juin 1427, les troupes suisses sont enfin vaincues, le siège est mis devant la ville. Celle-ci tombera en janvier 1428, et malgré la résistance héroïque de l'Helvétie, qui parvient même à vaincre une armée autrichienne en mars 1428, Bern subira le même sort en mars 1429. La campagne aura coûté très cher à l'Autriche, mais la Suisse est enfin forcée à reconnaître la suprématie des Habsbourg (Vassalisation forcée). Albert V, conscient que la Suisse est totalement ruinée, décide de renoncer à une indemnité de guerre et préfère obtenir un accord de passage qui lui donne accès à la Savoie et à Baden.
Pendant que l'Autriche utilise un temps précieux à soumettre la Suisse, les Français et ses vassaux ne sont pas restés inactifs, bien au contraire. La France assiège déjà la Savoie et menace le Piémont. En décembre 1427, les troupes auvergnates parviennent à capturer Milan, depuis peu vassal des Habsbourg. Dans un accès de mégalomanie, le duc d'Auvergne décide d'annexer purement et simplement la Lombardie, provocant l'indignation des petits Etats italiens et du Pape. Albert V assiste impuissant à l'ajout d'un Etat du Saint-Empire à la zone d'influence française. Il se promet de mettre fin à l'arrogance des pairs de France. Toutefois, il n'a pas de motif valable pour cela (Pas de CB contre l'Auvergne ni contre la France), il est encore engagé dans la campagne de Suisse, et décide donc d'attendre le moment propice.
1429-1432 : La campagne de France
En janvier 1429, alors que la campagne d'Helvétie s'éternise et que l'alliance française est victorieuse en Italie du nord, une nouvelle stupéfiante parvient au palais d'Albert V : la France, vaincue par la Lorraine, a dû accepter de céder deux provinces au duc pour mettre fin à une guerre désatreuse et sauver Paris. Vexé d'avoir été ainsi humilié, le Roi de France, qui capture Turin en février 1429, impose une paix inacceptable à la Savoie : il annexe le Piémont, une province du Saint-Empire, et obtient 1 millions de florins de frais de guerre. Un an plus tard, ne réfrénant plus son ambition démeusurée, il permet à son vassal auvergnat, qui vient de terminer victorieusement le siège de Chambéry, de mettre fin à la dynastie des ducs de Savoie (Annexion forcée de la Savoie par l'Auvergne). Cette fois, la coupe est pleine : Albert V est bien décidé à arrêter la progression de l'alliance française, quel qu'en soit le prix. Toutefois, il préfère attendre la fin du conflit contre la Serbie dans lequel il s'est laissé entraîné par son alié hongrois en janvier 1429. En avril 1430, la Serbie met fin à la guerre en payant plus d'un demi-million de florins dont l'Autriche perçoit une partie. Les Etats héréditaires connaissent leur première période de paix depuis bien longtemps. Il était temps, car la lassitude de la guerre pouvait laisser craindre la naissance de jacqueries (La War Exhaustion avait atteint +3).
Plutôt que d'intervenir directement, Albert V décide alors d'aider son vassal helvète, toujours en conflit contre l'Auvergne, en lui concédant une aide financière conséquente, ce qui a pour effet d'améliorer les relations, tendues depuis la fin de la guerre (Deux State Gifts à l'Helvetia). La confédération hélvétique manque en effet de troupes pour mener le siège de Milan, après que ses armées aient pénétré en Lombardie et vaincu une imposante force rebelle. De plus, Albert V décide de se rapprocher des Etats italiens et conclut un mariage royal avec Gênes. En 1429, il avait déjà profité d'une embellie des relations avec Mantoue (Diplomatic move : +50 de relation) pour conclure un mariage royal.
C'est alors qu'en juin 1430, Modène, effrayée par les progrès de la l'alliance de la France, bientôt suivie par ses alliés (tous les Etats italiens du nord de l'Italie et les Etats du Pape), déclare la guerre à l'Auvergne. Effrayés par la perspective d'affronter le Saint Père, l'Aragon et le Bourbonnais décident de déshonnorer l'alliance. C'est une occasion inespérée de mettre fin à l'impertinence française ! Profitant de l'excommunication du Duc d'Auvergne (CB des Etats catholiques contre l'Auvergne), Albert V lui déclare la guerre. L'objectif avoué est de récupérer Milan, de protéger la Suisse et les Etats italiens du Saint-Empire. L'alliance française fait front à part la Provence qui rejoindra la guerre un an plus tard.
Bousculant les quelques troupes auvergnates stationnées en Lombardie, l'armée autrichienne met rapidement le siège devant Milan en mars 1431. Les nombreuses tentatives de briser le siège se soldent par des échecs et la ville tombe en juillet 1431. L'Auvergne refuse de reconnaître sa défaite, ce qui contraint l'Archiduc à chercher à forcer la décision : il envoie un détachement à travers le sud de la France pour attaquer directement la capitale auvergnate. Il arrivera en novembre 1431, mais devra se contenter de piller la campagne, car les soldats ne sont pas assez nombreux pour entamer un siège. Pendant ce temps, un petit contignent autrichien traverse la Suisse et attaque un détachement français au Piémont en février 1431. Elle remporte la victoire et se dirige vers la province de Savoie où elle va aider la Suisse à prendre Chambéry ; la ville tombe en semptembre 1431 et la petite troupe va pouvoir renforcer les forces stationnées en Auvergne afin de mettre à genoux le duc. La principale armée autrichienne, après avoir pris Milan, se dirige vers le Piémont où elle écrase des recrues françaises et met le siège devant Turin. L'armée française, qui assiégeait Gênes, éprouvée par l'hiver et à court de vivre, est alors contrainte de lever le siège en décembre 1431. Elle fait retraite au Piémont en janvier 1432 mais ne parvient pas à briser le siège de Turin. C'est le début d'une longue série de défaites pour la France.
Les forces autrichiennes du sud de la France, enfin réunies, se mettent à piller le Lyonnais et l'Auvergne, écrasant systématiquement les contngents de recrues levés en hâte. Pendnat ce temps, en juin 1432, le Piémont tombe enfin, permettant à l'Autriche d'utiliser de nouveau sa force principale. Comme la France et l'Auvergne s'obstinent à refuser une paix honorable malgré la défection de leurs derniers alliés, la décision est prise de capturer les places fortes auvergnates et françaises. C'est alors qu'un contingent français réussi à débarquer en Istrie et se met à assiéger Trieste. La modeste flotte autrichienne a été prise au dépourvu, mais une armée récemment levée au Tyrol parviendra à expulser les intrus. Les défaites françaises s'accumulent, en Savoie, dans le Dauphiné, dans le Lyonnais... Finalement, Charles VII propose la paix à Albert V en échange de 2 millions et demi de florins de dédommagement. L'Archiduc accepte en octobre 1432 mais il ensuite regrette son geste : il a laissé le Piémont à la France et sa domination militaire pouvait lui permettre d'exiger un tribut plus lourd. Toutefois, l'Archiduc se console en se disant qu'une province telle que le Piémont aurait été difficile à conserver sans un gros investissement pour des gains plus que modestes (Nationalisme et nombreux malus au revenu de la province). Désormais, l'Auvergne est seule dans la guerre : elle est à la merci des Habsbourg qui vont pouvoir lui imposer leur volonté.