J'ai découvert par hasard 2 articles portant sur la période charnière 1400 -1402 et montrant qu'une grande partie du destin Byzantin c'est peut-etre jouée a ce moment la...... et il est vrai que je n'en avait jamais entendu parlé...
Alors voila, je vous les livrent et je vous demmande si vous aussi vous pensez que l'Empire a manqué de chance à cette période et si le cours de l'histoire aurait pu être modifié...... merci
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En avril 1400, Manuel II, après avoir confié l'empire à son neveu Jean VII, accosta à Venise d'où il traversa lentement l'Italie du Nord, salué et fêté dans chaque ville où il passait. L'Italie s'était enfin rendu compte du danger, et aux yeux des Italiens, cet homme à la haute silhouette majestueuse était le principal défenseur de la chrétienté, le sauveur potentiel de l'Europe. Finalement, le 3 juin 1400, juste avant son cinquantième anniversaire, l'empereur arriva à Paris où toute une aile du vieux Louvre avait été redécorée pour le recevoir. Vinrent alors les déceptions : le roi Charles, en dépit de son chaleureux accueil, refusa d'envisager une véritable croisade internationale.
Manuel gagna ensuite Londres où le roi Henri IV le traita avec révérence et respect. La position de Henri dans son propre royaume n'était pas très assurée, beaucoup de ses sujets le considérant à juste titre comme un usurpateur et probablement aussi un meurtrier, et il ne doutait pas que recevoir l'empereur de Byzance aiderait beaucoup à accroître son prestige. Le jour de Noël, il offrit à son hôte un banquet dans son palais d'Eltham. Bien qu'il fût incapable de fournir l'aide militaire qu'il avait promise avec tant de légèreté, il semblait éprouver une sympathie sincère pour la cause byzantine ; il offrit tout de même à Manuel 4 000 livres collectées à cet effet dans les troncs des églises à travers tout le pays.
Au début de 1401, après sept semaines en Angleterre, Manuel était de retour à Paris. Il y resta plus d'un an, poursuivant ses négociations avec les rois d'Aragon et du Portugal, avec le pape de Rome et l'antipape d'Avignon. L'automne approchant, son moral était cependant bien bas. De tous côtés ne venaient que des refus et des excuses, les plus décevants de tous étant les Français, depuis que Charles VI avait sombré dans la folie. L'empereur écrivit à Venise pour suggérer que le doge Michele Steno reprenne la direction des affaires que Charles ne pouvait plus assumer. Steno refusa.
Puis, en septembre 1402, le seigneur Jean de Chateaumorand - que Boucicaut avait laissé à Constantinople avec seulement trois cents soldats français - arriva à Paris avec une nouvelle qui changea instantanément toute la situation. Les Mongols de Tamerlan avaient taillé en pièces l'armée ottomane. Bajazet était prisonnier. Pour Manuel Paléologue, il n'y avait plus aucune raison de rester en Occident. Il se mit à préparer son retour.
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Tamerlan (Timour Lenk, " le Seigneur de fer boiteux "), né en 1336, était monté sur le trône des Mongols à Samarcande en 1369 et, trente ans plus tard, ses possessions s'étendaient de l'Afghanistan aux frontières de l'Anatolie. Il était le plus grand souverain des Mongols depuis Gengis Khan et l'un des plus grands conquérants de l'histoire du monde. Rejeton d'une branche secondaire d'une petite famille de princes turcs du Turkestan, il s'était imposé pour but de restaurer l'empire géant de Gengis Khan et il y parvint amplement au terme d'une longue guerre sanglante. Après avoir soumis à son autorité l'Asie centrale et la Horde d'Or de Russie méridionale, il entreprit en 1398 une grande expédition en Inde, envahit la Perse, la Mésopotamie et la Syrie et finalement attaqua l'empire ottoman en Asie Mineure. Ses campagnes étaient accompagnées des dévastations les plus terribles et les plus cruelles. Les lieux où avaient passées ses hordes n'étaient plus qu'un désert de mort : " On n'y entendait plus l'aboiement d'un chien, l'appel d'un oiseau familier, le vagissement d'un enfant. ".
Bien qu'il eût déjà plus de soixante ans, il n'avait rien perdu de son énergie ni de son ambition. Son ultime démonstration de force contre le sultan osmanli avait eu lieu le vendredi 28 juillet 1402, juste au nord d'Ancyre. Le sultan avait commis l'erreur impardonnable de placer sa cavalerie tartare en première ligne; refusant de combattre des congénères, les cavaliers désertèrent et passèrent à l'ennemi. Au bout d'une ou deux heures, quinze mille Ottomans gisaient mort. Bajazet et ses fils se battirent courageusement aussi longtemps qu'ils le purent. Le prince Mustapha disparut et on le crut mort. Le prince Mousa fut capturé. Les autres s'échappèrent, mais leur père, cerné par des archers mongols, fut fait prisonnier et amené enchaîné dans la tente du conquérant. On dit que Tamerlan, alors qu'il avançait en Anatolie, faisait porter le sultan dans une cage de fer devant lui, et l'utilisait parfois comme escabeau pour monter à cheval. Il ne tarda pas à réserver le harem de Bajazet à son propre usage et contraignit l'épouse serbe du sultan à le servir nue à sa table. Au bout de huit mois, l'esprit de Bajazet était brisé. En mars 1403, il eut une crise d'apoplexie et mourut quelques jours plus tard.
Arrivant sur Brousse, la capitale ottomane, les hordes mongoles brûlèrent, pillèrent et violèrent dans toute la ville ; puis elles se tournèrent vers Smyrne où les chevaliers de Saint-Jean combattirent vaillamment; mais les murailles cédèrent et, en décembre 1402, la dernière enclave chrétienne d'Asie Mineure fut laissée en ruine. Si Tamerlan s'était attardé plus longtemps dans la région, il aurait pu porter un coup fatal à la maison d'Osman; mais en 1403, il quitta l'Asie Mineure et ramena sa horde à Samarcande. Il fallut quelques années aux fils de Bajazet pour rétablir leur pouvoir au cœur de l'Anatolie. En Europe, c'était une autre histoire. La Roumélie - possession européenne du sultan - restait aussi fermement que jamais aux mains des Ottomans. Néanmoins, la grande bataille avait divisé l'Empire ottoman en deux. Il n'existait plus de communications régulières entre ses provinces européennes et ses provinces asiatiques. Le sultan avait montré que lui aussi était humain, et non pas invincible. Son armée avait été vaincue une fois; elle pourrait l'être à nouveau.
Alors voila, je vous les livrent et je vous demmande si vous aussi vous pensez que l'Empire a manqué de chance à cette période et si le cours de l'histoire aurait pu être modifié...... merci
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En avril 1400, Manuel II, après avoir confié l'empire à son neveu Jean VII, accosta à Venise d'où il traversa lentement l'Italie du Nord, salué et fêté dans chaque ville où il passait. L'Italie s'était enfin rendu compte du danger, et aux yeux des Italiens, cet homme à la haute silhouette majestueuse était le principal défenseur de la chrétienté, le sauveur potentiel de l'Europe. Finalement, le 3 juin 1400, juste avant son cinquantième anniversaire, l'empereur arriva à Paris où toute une aile du vieux Louvre avait été redécorée pour le recevoir. Vinrent alors les déceptions : le roi Charles, en dépit de son chaleureux accueil, refusa d'envisager une véritable croisade internationale.
Manuel gagna ensuite Londres où le roi Henri IV le traita avec révérence et respect. La position de Henri dans son propre royaume n'était pas très assurée, beaucoup de ses sujets le considérant à juste titre comme un usurpateur et probablement aussi un meurtrier, et il ne doutait pas que recevoir l'empereur de Byzance aiderait beaucoup à accroître son prestige. Le jour de Noël, il offrit à son hôte un banquet dans son palais d'Eltham. Bien qu'il fût incapable de fournir l'aide militaire qu'il avait promise avec tant de légèreté, il semblait éprouver une sympathie sincère pour la cause byzantine ; il offrit tout de même à Manuel 4 000 livres collectées à cet effet dans les troncs des églises à travers tout le pays.
Au début de 1401, après sept semaines en Angleterre, Manuel était de retour à Paris. Il y resta plus d'un an, poursuivant ses négociations avec les rois d'Aragon et du Portugal, avec le pape de Rome et l'antipape d'Avignon. L'automne approchant, son moral était cependant bien bas. De tous côtés ne venaient que des refus et des excuses, les plus décevants de tous étant les Français, depuis que Charles VI avait sombré dans la folie. L'empereur écrivit à Venise pour suggérer que le doge Michele Steno reprenne la direction des affaires que Charles ne pouvait plus assumer. Steno refusa.
Puis, en septembre 1402, le seigneur Jean de Chateaumorand - que Boucicaut avait laissé à Constantinople avec seulement trois cents soldats français - arriva à Paris avec une nouvelle qui changea instantanément toute la situation. Les Mongols de Tamerlan avaient taillé en pièces l'armée ottomane. Bajazet était prisonnier. Pour Manuel Paléologue, il n'y avait plus aucune raison de rester en Occident. Il se mit à préparer son retour.
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Tamerlan (Timour Lenk, " le Seigneur de fer boiteux "), né en 1336, était monté sur le trône des Mongols à Samarcande en 1369 et, trente ans plus tard, ses possessions s'étendaient de l'Afghanistan aux frontières de l'Anatolie. Il était le plus grand souverain des Mongols depuis Gengis Khan et l'un des plus grands conquérants de l'histoire du monde. Rejeton d'une branche secondaire d'une petite famille de princes turcs du Turkestan, il s'était imposé pour but de restaurer l'empire géant de Gengis Khan et il y parvint amplement au terme d'une longue guerre sanglante. Après avoir soumis à son autorité l'Asie centrale et la Horde d'Or de Russie méridionale, il entreprit en 1398 une grande expédition en Inde, envahit la Perse, la Mésopotamie et la Syrie et finalement attaqua l'empire ottoman en Asie Mineure. Ses campagnes étaient accompagnées des dévastations les plus terribles et les plus cruelles. Les lieux où avaient passées ses hordes n'étaient plus qu'un désert de mort : " On n'y entendait plus l'aboiement d'un chien, l'appel d'un oiseau familier, le vagissement d'un enfant. ".
Bien qu'il eût déjà plus de soixante ans, il n'avait rien perdu de son énergie ni de son ambition. Son ultime démonstration de force contre le sultan osmanli avait eu lieu le vendredi 28 juillet 1402, juste au nord d'Ancyre. Le sultan avait commis l'erreur impardonnable de placer sa cavalerie tartare en première ligne; refusant de combattre des congénères, les cavaliers désertèrent et passèrent à l'ennemi. Au bout d'une ou deux heures, quinze mille Ottomans gisaient mort. Bajazet et ses fils se battirent courageusement aussi longtemps qu'ils le purent. Le prince Mustapha disparut et on le crut mort. Le prince Mousa fut capturé. Les autres s'échappèrent, mais leur père, cerné par des archers mongols, fut fait prisonnier et amené enchaîné dans la tente du conquérant. On dit que Tamerlan, alors qu'il avançait en Anatolie, faisait porter le sultan dans une cage de fer devant lui, et l'utilisait parfois comme escabeau pour monter à cheval. Il ne tarda pas à réserver le harem de Bajazet à son propre usage et contraignit l'épouse serbe du sultan à le servir nue à sa table. Au bout de huit mois, l'esprit de Bajazet était brisé. En mars 1403, il eut une crise d'apoplexie et mourut quelques jours plus tard.
Arrivant sur Brousse, la capitale ottomane, les hordes mongoles brûlèrent, pillèrent et violèrent dans toute la ville ; puis elles se tournèrent vers Smyrne où les chevaliers de Saint-Jean combattirent vaillamment; mais les murailles cédèrent et, en décembre 1402, la dernière enclave chrétienne d'Asie Mineure fut laissée en ruine. Si Tamerlan s'était attardé plus longtemps dans la région, il aurait pu porter un coup fatal à la maison d'Osman; mais en 1403, il quitta l'Asie Mineure et ramena sa horde à Samarcande. Il fallut quelques années aux fils de Bajazet pour rétablir leur pouvoir au cœur de l'Anatolie. En Europe, c'était une autre histoire. La Roumélie - possession européenne du sultan - restait aussi fermement que jamais aux mains des Ottomans. Néanmoins, la grande bataille avait divisé l'Empire ottoman en deux. Il n'existait plus de communications régulières entre ses provinces européennes et ses provinces asiatiques. Le sultan avait montré que lui aussi était humain, et non pas invincible. Son armée avait été vaincue une fois; elle pourrait l'être à nouveau.