L’homme est un être qui a des préoccupations. C’est là une façon parmi d’autres de définir l’animal conscient. Avec le temps, j’en suis venu à distinguer les préoccupations primaires de l’homme en tant qu’animal (celles qui ont trait à la nourriture, à la sexualité, à la propriété, à la liberté de mouvement), des préoccupations secondaires (les croyances religieuses, les appartenances politiques et tout ce qui relève de l’idéologie). Quant à la littérature, eh bien elle m’apparaît profondément et fondamentalement liée aux préoccupations primaires. C’est cela qui la distingue de l’idéologie et de la rhétorique sous toutes ses formes.
Northrop Frye, Entretiens avec David Cayley, Montréal, Bellarmin