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Thread: La folle Angleterre, une histoAARe très gaie

  1. #1
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    La folle Angleterre, une histoAARe très gaie

    Bonjour,

    Ceci est un mini-AAR tiré du multi des Grands d'Europe que nous jouons actuellement. Il était dans la partie "multijoueurs" et on m'a suggéré de le remettre ici, aussi je m'exécute .

    Niveau : hard
    IA : normale

    Style : très détendu, rien à voir avec mes Teutons

    Je mettrai ici les chapitres, ça vous laissera de quoi commenter

    Bonne lecture

    Klou

    Chapteur wouane : une légère contrariété

    Chapteur tou : La cornemuse enchantée

    Chapteur frit : Mon truc en plumes

    Chapteur fort (petit mais costaud) : Un bain de jouvencelles

    Chapteur faille'voeu : la douleur ça fait mal

    Chapteur sea(x), sex and sun(x) : la gommorrhie

    Chapteur Cévennes : crac crac

    Chapteur Aille Thé : Carte postale des îles

    Chapteur Naille Noeud : Mignons 1 - Puritains 0

    Chapteur teigne : Alerte ! Pirates en vue !

    Chapteur Hell/Heaven : Collection printemps-été

    Chapteur Toi, elle veut ! : Le retour de Lulu

    Chapteur faire "ting" ? : L'expérience interdite

    Chapteur Fort Ting (un fort perdu quelque part dans le désert d'Australie) : Bzz, bzz

    Chapteur le Fifre de Ting : Ornithorynque

    Chapteur tournoi de Sixte de Ting : GOAAAAAALLLLLLLLL !

    Chapteur Sève ultime : le cricket-trap

    Chapteur high teen (c'est mauvais pour le coeur) : gang-bang


    Suite du récit dans la conversion de la partie à Victoria : la folle Angleterre fait tchou-tchou

    Objectifs, chiffres et stats de la conversion

    Chapteur Nein ! teen : tchou-tchou

    Chapteur tout Wendy : Back in black

    Chapteur to Wayne Tiwouane : le Syndicat des Gros Bill

    Chapteur to Wendy too : Safari, 1857-1872

    Chapteur dentifrice : Spichol... pisscanal... euh du rififi chez Sigmund

  2. #2
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    Chapteur wouane : Une légère contrariété



    - Ces français sont vraiment trop contrariants, n’est-il pas ?
    - Oui, votre majesté. Cela est indéniable. Cette lignée de Valois usurpateurs nous mène la vie dure. Un nuage de lait dans votre eau chaude ?
    - Merci, oui. Répondit distraitement Henry V en caressant son mignon, qui posait sa tête délicate de bel éphèbe alangui sur les genoux du susdit monarque d’Angleterre.
    - Peut-être serait-il bon de prendre par les armes ce qui de droit nous revient? Mylord Exeter, qu’en pensez-vous ?
    - Certes, votre Majesté… Mais la guerre…c’est horriblement salissant.
    - Certes, certes. Mais nous ne sommes pas obligé de le faire nous-même. Amenez-moi donc ce bouillant jeune seigneur qui de me rendre ma couronne française se proposait.

    Des pas lourds et métalliques résonnèrent lourdement dans la salle du trône. Un géant en armure avançait d’une allure martiale vers Henry. Son crâne rasé luisait à la lueur des torches. Son visage fermé exprimait une fureur difficilement contenue. Ses yeux étincelaient de rage. Henry eut un mouvement de recul lorsque le géant s’avança et son éphèbe glissa, se reçut sur les dents et se mit à geindre doucement.
    - Vot’ sire ! fut le seul salut, plus grommelé que prononcé, auquel le roi eut droit.
    - Euh… oui, oui. Donc vous vous proposez de mener mes armées à la conquête de la France, n’est-il pas ?
    - Ouais.
    - Mais vous êtes vous-même de l’est de la France, Champenois je crois, vous n’avez pas juré allégeance aux Valois ?
    Le géant semblait sur le point d’exploser. Sa voix se fit encore plus rauque :
    - Ces crevures de Valois ! Je les hais. Je vais me les faire ces lopettes ! Craché, juré !
    Le crachat s’écrasa sur la face du mignon qui recula sous l’impact. Il jugea plus prudent d’aller se cacher derrière le trône au cas ou.
    - Ils vous ont fait du tort, n’est-il pas ? demanda finement Henry, grand observateur de l’âme humaine il savait déceler ces subtils signaux qui permettent de lire dans les cœurs. Surtout qu’en l’occurrence le signal était aussi subtil qu’une enseigne d’un casino de Las Vegas.
    - Ouais.
    - Serait-il indiscret de vous demandez quoi ?
    - Ouais.
    - Ah… euh. Bon… Enfin… cela n’a guère d’importance : vous semblez amplement motivé. Je vous donne donc le titre de Lord, les revenus du comté de Klou et vous met à la tête de mes armées.
    -‘r’ci.
    - Et ne vous embêtez pas à me faire de longs rapports de campagnes, tout cela m’ennuie terriblement. Des conquêtes c’est tout ce que j’attends de vous.
    - Ouais.
    - Encore un détail : nous ne voulons pas que nos bons sujets Français nous soient soumis par la terreur. Ils sont déjà si rétifs à l’autorité, pas la peine de les énerver davantage. Vous vous conformerez scrupuleusement au code de chevalerie en vigueur. Notre bon moine copiste Dom Boultan vous en fournira un exemplaire.
    - Pffff…
    Les pas lourds résonnèrent à nouveau, mais cette fois en décroissant, au grand soulagement des membres de la cour anglaise. Une petite voix se fit entendre de derrière le trône :
    - Il est parti ?



    England in 1419



    Lord Exeter avançait d’un pas hésitant vers le trône du jeune Henry VI, visiblement soucieux. Il relisait le papier qu’il tenait à la main.
    - Mon cher Lord Exeter, m’apportez-vous de bonnes nouvelles de notre rustaud de général ?
    - Oui, Sire mais…
    - Mais quoi ? Veuillez m’en faire la lecture je vous prie. Cela me distraira. Tout est si ennuyeux à la cour…
    - C’est que… comment dire. Le style de notre général est exécrable et les termes qu’il emploie sont particulièrement choquants. Je ne voudrais pas offusquer vos jeunes compagnons si… délicats.
    Lord Exeter à ces mots ne put retenir un reniflement méprisant en regardant la faune colorée qui gravitait autour du trône. Le jeune roi avait confié l’organisation des divertissements royaux à un(e) certain (e) Zaza qui vrombissait partout déguisée en abeille sous les applaudissements et les gloussements de la cour en folie. Une vraie cage aux folles pensa le vénérable Exeter qui n’avait jamais peur des anachronismes.
    - Vous n’avez qu’à le lire en censurant les mots choquants. Nous vous écoutons.
    - Bien. Je commence : « rapport de Lord Klou : j’ai envoyé ce * de général Bedford au sud avec l’autre * de Beauchamp. Ces deux * se sont emparés de la Guyenne et du Languedoc, sans doute un * de coup de bol. Au nord ces * de * * de Clarence et Henry ont réussi en se sortant les doigts du * à prendre la Picardie. Comme j’occupais le reste du territoire de ce * de chien galeux de Valois de * il a signé la paix en nous cédant ces trois provinces. Dans la foulée nos * d’alliés Bourguignons se sont fait piquer leur Centre de commerce de Flandern par ces * purulents de Gelre. M’étonne pas vu qu’ils sont aussi des * de Valois. Enfin pas grave : ce CoT fait maintenant partie de votre royaume. Cela fera un peu de thune pour nous payer des * et un coup à boire. Euh… à ce propos j’étais rond comme une queue de pelle quand le * émissaire français de * s’est pointé pendant la 2e campagne de France et euh… je crains d’avoir signé une * de paix contre seulement 150 ducats. Comme ça m’a foutu les nerfs je suis allé vassaliser cette * de * * d’Irlandais. C’est rigolo à tuer les rouquins en jupettes. Alors j’ai aussi déclaré la guerre à ces * de Scotts dans la foulée. Voila. Envoyez de la thune pour les * euh… et pour l’armée aussi. »

    England in 1436 :


  3. #3
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    Chapteur tou : la cornemuse enchantée

    England 1436-1460

    La cour était en proie à l’effervescence. Zaza, dans une forme éblouissante, avait organisé un ballet pour fêter les victoires de Lord Klou sur l’Ecosse. La cour applaudissait à tout rompre pour le tableau final : la soumission de Mc Scott. Un groupe de jeunes gens en kilts roses et mauves à carreaux, les visages peints en bleu de motifs élégants, avançaient en sautillant des pas de deux vers leur vainqueur en chantant sur un air de cornemuse assez strident pour faire cailler du lait :
    « Nous sommes vaincus-cus-cus,
    De nos terres il faut que l’on parte,
    En te montrant nos culs-culs-culs,
    Comme dans Braveheart »
    Et tous de se retourner en relevant leurs kilts, sauf Zaza qui jouait le rôle du chef Ecossais et tendit solennellement la cornemuse sacrée à son vainqueur. C’était Herbert, le mignon du roi, qui jouait le rôle de Lord Klou, il avait revêtu pour l’occasion une longue cape en lamé argent censée figurer une armure et dissimulait sa belle chevelure sous un postiche en peau de porc qui lui faisait un joli crâne d’œuf. La cour gloussa lorsqu’il s’avança d’un air suffisant qu’il prenait probablement pour de la virilité. Il se planta devant Zaza et lui prit la cornemuse en déclamant sur le même air :
    « Au nom du roi d’Angleterre,
    Mets-toi à quatre pattes par terre,
    Et comme tes congénères,
    Montre-moi ton derrière ! »
    Puis, dans un geste théâtral, il écarta les pans de sa cape, sous laquelle il était nu, et s’apprêtait à honorer Zaza… lorsque des pas lourds et métalliques se firent entendre à l’entrée de la salle du trône. Tous se figèrent comme si la glace les avait pris en un instant. Herbert pâlit, blêmit, gémit, roula des yeux terrifiés et courut se cacher derrière le trône en tremblant.

    Le général se tenait devant le trône, les sourcils froncés il dévisagea les participants du ballet qui s’étaient relevés et se tenaient gauchement l’air gêné. Sauf un qui n’avait rien entendu et qui continuait à glousser bêtement dans la même position équivoque. Il s’aperçut enfin du silence ambiant, se releva, croisa le regard du général… et s’évanouit. Le roi Henry prit l’initiative de rompre le silence lourd de menaces :
    - Bien, bien. Cher Lord Klou, nous fêtions votre victoire euh… à notre façon. N’y voyez surtout rien d’offensant, n’est-ce pas ?
    - Ouais.
    - Ah… tant mieux, tant mieux. Et si vous nous narriez vos exploits en terre écossaise ?
    - Ouais. J’ai envoyé cette andouille de Salisbury au nord. Il a pris une branlée malgré ses trente mille hommes contre quinze mille enfoirés de rouquins puants en Northumberland. Alors j’ai secoué les puces de ce minable trou-du-cul pour…
    - Euh… pardonnez cette interruption, cher général. Mais pourriez-vous éviter d’employer des adjectifs aussi… rudes ?
    - Pfff…
    - S’il-vous plait.
    - Ouais. Je l’ai renvoyé au combat assisté de Somerset. Ils ont gagné et pris position pour assiéger trois provinces écossaises, sauf Strathclyde où se regroupait près de trente mille ennemis. Dans le même temps j’ai envoyé chercher Talbot et l’armée de Guyenne avec la flotte, vingt-quatre mille hommes, pour récupérer notre province de Meath occupée par l’Ecosse. Une fois Meath libéré il se sont emparés sans problème du reste de l’Irlande. Sauf que cet ab… ce maladroit de Talbot est mort en se noyant dans son bain. Il se serait endormi complètement bourré d’après ses officiers. Enfin c’est un détail, le général Clarence a pris le relais. Finalement l’Ecosse nous cède le Leinster, le Munster, le Connaught en Irlande qu’on leur demandait et les Highlands chez eux qu’on ne leur demandait pas. Maintenant va falloir bâtir des murailles là-bas et envoyer des collecteurs d’impôts parce qu’on a besoin de thunes pour les p…, euh… pour des trucs. C’est de la stratégie, vous pouvez pas comprendre.
    - Bravo cher général. Que tout le monde l’applaudisse.
    Une longue ovation s’éleva dans l’assemblée, depuis le temps que les Ecossais narguaient les rois Anglais, ils l’avaient bien cherché.
    - Et maintenant vous comptez faire quoi ?
    - La Bourgogne.
    - Ah… et pourquoi ?
    - Ce sont des Valois.
    - Certes, certes, mais la France aussi, non ?
    - Traité de paix en cours avec la France.
    - Ah oui… je m’y perds dans ces détails de politique. Enfin vous êtes là pour y penser, c’est bien. Allez donc cher général, vos demandes de budget vous seront accordés.
    Lord Exeter se pencha sur son roi et lui murmura quelque chose à l’oreille. Henry regarda son ministre l’air agacé, puis son regard se posa, visiblement gêné, sur son général et il reprit :
    - Euh… général. Notre ministre des finances souhaiterait une petite explication sur vos notes de frais…
    Lord Klou se tourna vers un Lord Exeter fort mal à l’aise.
    - Euh je voudrais revenir sur vos fameux « frais annexes : P. 500 ducats», subdvisés en : Grosse Lulu 150 ducats, Marie Couche-toi-là 120 ducats, Natacha 80 ducats, les jumelles Jeanne et Louise 120 ducats, Ninon Dis-jamais-non 30 ducats… cela semble quelque peu… obscur…
    - Pour vous ça ne m’étonne pas.
    - Seraient-ce les cantinières de votre armée ? Le nom de vos bombardes ? Je sais que les soldats ont coutume de baptiser leurs armes de noms exotiques…
    Lord Klou avança d’un pas vers Exeter et le toisa de façon menaçante, ce dernier trembla comme un pont de bois sous une charge de cavalerie.
    - Fais pas chier.
    Les pas lourds résonnèrent à nouveau, mais cette fois en décroissant, au grand soulagement des membres de la cour anglaise. Une petite voix se fit entendre de derrière le trône :
    - Il est parti ?



    Guerre contre Bourgogne 1 : prise d’Artois et Brabant.

    Guerre contre France 1 : prise Champagne, Nivernais et Limousin

    Guerre contre Bourgogne 2 : vassalisation du Palatinat et du Luxembourg, ce dernier sera perdu par héritage au profit de la Bourgogne.

    Guerre contre Ecosse 2 : prise de Grampians et Strathclyde

    Guerre contre France 2 : Richemont lamine toutes nos armées en début de campagne mais j’arrive finalement à le coincer derrière la Loire et à le battre, après 7 ou 8 défaites de rang. Une fois Richemont battu la France cède et je récupère Berri, Orléanais et Lorraine.

    Vassalisation de la Provence, par event, totalement inattendu.

    Event guerre des deux roses en 1456 : maison de Lancastre contre maison de York. Cela déclenche une guerre civile, 16 provinces révoltées, généraux York et Somerset passés dans la rébellion avec tous leurs hommes soit 45k. En 1460 deux provinces seulement sont encore aux mains des rebelles mais les armées de Somerset (en Irlande) et York (en Guyenne) sont quasi intactes. York a vaincu une armée de mon allié Espagnol et deux des miennes sans subir de pertes notables. La Bretagne et ses alliés en profitent pour déclarer la guerre.

  4. #4
    Je pige pas trop pourquoi tu fait un duplicata de ton AAR multi mais bon... j'attendrais les nouveaux épisodes avec curiosité.

  5. #5
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    Chapteur frit : Mon truc en plumes

    England 1460-1488

    Lord Klou étudiait attentivement les cartes dressées par son état-major avec la répartition des forces en présence. Dommage que son espion au nord lui soit revenu par colis postaux, six colis. Il ne savait pas à quoi s’attendre sur ce front et n’appréciait guère les surprises. Aussi se retourna-t-il en hurlant quand il entendit du bruit à l’entrée de sa tête de commandement :
    - QUEL EST L’ENFOIR… ah, c’est vous Sire ??? finit-il un peu penaud.
    Henry arborait une armure vernie en turquoise du plus bel effet avec son heaume surmonté de plumes d’autruche du même vermeil flamboyant que sa cape et la garde ouvragée de son épée décorée de rubis. Herbert se tenait à son côté droit, à moitié affaissé sous le poids d’une cotte de mailles dorée aux reflets irisés, la main maladroitement posée sur la garde de son épée, paume vers l’avant. Il arborait une cape de la même couleur que l’armure de son roi et des chausses roses à pompons. Son casque doré à cimier turquoise glissait en permanence sur ses yeux et il devait le remettre en place sans cesse de son autre main. Au côté gauche d’Henry se tenait Zaza dans la même tenue qu’Herbert mais avec l’air encore moins martial, si c’était possible. En fait son regard disait clairement : « Ce n’est pas mon idée, je ne voulais pas faire ça, je préfèrerais encore être changé en haguish en plein match de soule plutôt que d’être ici. »
    Henry s’exclama joyeusement :
    - Ha, mon cher général je suis fort aise de vous voir ! J’ai pensé que ma présence à vos côtés sur le front ragaillardirait l’ardeur de nos troupes. Si leur roi est à leur tête nos hommes sauront pourquoi ils se battent… Euh, vous devriez fermer la bouche général.
    Lord Klou referma sa bouche béante de stupeur et grommela indistinctement :
    - Mieux vaudrait qu’ils n’aient pas la moindre idée de pour qui ils se battent…
    Heureusement l’attention très fluctuante d’Henry était déjà tournée vers la table des cartes
    - Ho, mais qu’est-ce que vous avez là ? Comme c’est mignon toutes ces petites figurines colorées… Zaza, Herbert, venez voir ! Cria-t-il joyeusement.
    - Regardez-moi cet amour de cavalier jaune et rouge…
    - Ho, l’adorable fantassin blanc avec sa petite croix de Saint-André…
    - Boum, boum, je suis la grosse bombarde, hi hi hi…
    - Ho, celui-là c’est mon préféré avec sa jaquette verte sur ses chausses jaunes rayées…
    - Mais non : regarde plutôt ce beau cavalier bleu ciel sur son superbe cheval blanc !
    - Ho…
    - Ha…

    Lord Klou tentait de s’éclipser discrètement lorsque le roi se détourna de la table pour le rattraper et le prendre par le bras. Henry était si enthousiaste qu’il ne remarqua pas le regard assassin que lança son général sur la main qui le tenait.
    - Venez avec moi, cher général. Vous allez voir que nos pensées se sont rencontrées, je viens de le comprendre grâce à vos figurines.
    Henry l’entraîna vers les chariots qu’il avait amenés en poursuivant sa péroraison :
    - Moi aussi je me suis dit que notre armée devait refléter l’élégance de notre nation et notre richesse. Alors nous avons amené tout un chariot de plumes d’autruche multicolores pour orner les cimiers de nos hommes. Regardez ça, dit-il en ouvrant la bâche du premier chariot. Le regard stupéfait de Lord Klou se posa sur un amoncellement de plumes et sa bouche béa de nouveau.
    - Et ce n’est pas tout, reprit le roi. Nous avons également des tissus pour faire des couvertures de chevaux, des rubans pour décorer la hampe des lances, des pompons pour les vareuses, des galons pour les plastrons. Nous aurons la plus belle armée d’Europe ! Et nos soldats ressembleront enfin à vos figurines au lieu d’arborer tous ce rouge sang de bœuf fort peu seyant.
    Le général ferma la bouche et se passa la main sur les yeux comme pour chasser toutes ces couleurs chatoyantes. Il s’assit à l’arrière du chariot et se massa lentement le front des deux mains. Il se sentait comme un œuf oublié dans une poèle à frire : complètement cuit. Puis commença à parler à son roi interloqué par cette attitude.
    - Sire… je sais que les détails vous ennuient… mais… je vais… devoir… vous donner une… petite explication stratégique. Revenez avec moi regarder cette carte.
    - Mais qu’y a-t-il ? Cela ne vous plait pas ? Enfin nous avons pourtant le meilleur choix de couleurs du royaume ? Qu’est-ce…
    - Sire, je vais avoir besoin de toute votre attention…
    - Bouh, attention je t’attaque avec mon palefroi pêche et carmin, Zaza !
    - Ah, ah, mon petit fantassin mauve va t’arrêter, Herbert !
    - J’ai également besoin de votre attention messieurs, cracha Lord Klou d’un ton assez glacial pour permettre le passage de la Manche à pied. Herbert, par réflexe, chercha des yeux un trône où se cacher mais la tente ne comptait que quelques tabourets. Il soupesa quelques instants la possibilité de se dissimuler derrière l’un d’eux. Le chef des armées anglaises commença son explication :
    - Toutes ces couleurs que vous appréciez tant servent à différencier les différentes armées. Nos régiments sont en rouge ici, là et là…
    - Mais alors pourquoi l’ennemi arbore-t-il toutes ces couleurs différentes ? Hein ? Interrompit Henry d’un ton suffisant, certain d’avoir cloué le bec de son arrogant général.
    - Parce qu’il n’y a pas UN ennemi. Mais dix-sept ! Nous sommes en guerre avec tous nos voisins européens sauf l’Empereur Germanique et ses alliés. Sans compter les rebelles Yorkistes.
    - Dix-sept ! Mais c’est beaucoup trop ! L’ennemi n’est pas raisonnable…
    - C’est le moins qu’on puisse dire, Sire. En fait nos ennemis ont profité de vos démêlés avec vos cousins York pour nous fondre dessus tous en même temps. C’est bien joué de leur part, remarquez, j’aurais fait pareil à leur place.
    - Mais cela est indigne d’un chevalier !
    Lord Klou regarda son roi droit dans les yeux. Il était temps de remettre certaines choses à leur place :
    - Vous me payez pour être chevaleresque ou pour vaincre ?
    - Hum, certes. Je vais me charger de la chevalerie. Mais à propos de vaincre ça semble assez mal parti, n’est-il pas ?
    - Assez mal en effet. La France occupe la Champagne, le Nivernais et l’Orléanais. La Bourgogne nous a pris le Berri. L’Aragon s’est emparé du Languedoc, du Limousin et assiège le Leinster avec l’aide de Gènes et du Portugal. La Castille a pris position en Guyenne. La Bretagne… Herbert vous pouvez me rendre votre cavalier blanc et noir en hermine ? Merci. Donc, la Bretagne assiège la Normandie et a pris également position en Flandres. Kleves s’est emparé de l’Artois. La flotte Papale renforcée par la Toscane et la Frise bloque la mer d’Irlande. La Navarre assiège le Poitou. Une armée coalisée de Gueldre, Frise Cologne et Palatinat ravage le nord. J’ajoute que les rebelles Yorkistes tiennent encore le Connaught et la Provence.
    Le roi Henry commença à pleurer doucement puis sanglota de façon déchirante.
    - Bouhouhouh, mon beau royaume. Ouin, ils m’abîment mon beau royaume. C’est pas juste !
    Herbert et Zaza se précipitèrent sur lui pour sangloter en chœur avec leur malheureux souverain.

    Lord Klou les regarda un moment avec le même air que s’il venait de marcher dans une fiente de putois. Poussa un gros soupir. Et interrompit les lamentations.
    - Sire nous n’avons pas encore perdu.
    Le pauvre Henry releva vers lui des yeux trempés de larmes et demanda d’un air implorant :
    - Vraiment ?
    - Vous ne m’avez pas laissé le temps de finir mon exposé de la situation. Notre première armée s’est emparé du Lyonnais et assiège la Franche-Comté. La deuxième armée vient d’être renforcée et fonce sur Paris. La troisième armée est en cours de constitution à Londres. Si vous m’en donnez les moyens financiers je me fais fort de vaincre tous nos ennemis les uns après les autres. Cela suppose de consacrer la totalité du revenu des impôts pour l’armée pendant les deux ou trois ans à venir. Nos généraux sont excellents, ils vaincront si on leur donne les troupes dont ils ont besoin.
    Le roi se redressa d’un bond, laissant choir piteusement Herbert et Zaza l’un sur l’autre.
    - Parfait général ! Vous aurez tout l’argent nécessaire. Je retourne tout de suite à Londres pour prendre les mesures qui s’imposent.
    Il releva Zaza et se dirigea vers la sortie d’un pas décidé en lançant par-dessus son épaule :
    - Ha, et je vous laisse Herbert comme aide de camp. Il fera la liaison entre la cour et l’armée finit-il dans un grand sourire doublé d’un clin d’œil éloquent : Il adore les soldats.
    Le pauvre Herbert se mit à gémir et à sangloter devant cet abandon manifeste. Trop tard : le roi avait quitté la tente. Il regarda Lord Klou avec de grands yeux mouillés de Lamantin pris dans des filets blessants et d’un ton larmoyant il pleurnicha d’une toute petite voix :
    - Il est parti ?

    Angleterre en 1488



    Bilan : aucune défaite malgré les tentatives du castillan de nous forcer à céder des provinces à l’Aragon. Prise de l’Armor sur la Bretagne, du Lyonnais et de la Franche-Comté sur la France. Diploannexion des vassaux Ulster et Provence. Vassalisation de l’Ecosse. Aucun territoire perdu face aux rebelles. Seulement cinq provinces gagnées pour respecter la nouvelle règle de limite de BB à 25.

    Tech : niveau 3 atteint en infra, niveau 4 atteint en land. Sliders maintenant bien mieux réglés grâce aux events de sortie de guerre civile.

    Construction de deux distilleries : une en Champagne et une en Guyenne. Le roi a offert une tournée générale aux souverains d’Europe.

    Diplomatie : alliance avec l’Empereur sur une base très solide, longuement négociée, qui devrait perdurer vu le succès du premier conflit mené en commun. La menace d’une coalition anti-anglaise ne pèse plus sur nos têtes.

  6. #6
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    Quote Originally Posted by Disturbman
    Je pige pas trop pourquoi tu fait un duplicata de ton AAR multi mais bon... j'attendrais les nouveaux épisodes avec curiosité.
    "on" m'a suggéré de le faire.

    De plus sa présence ici permet les commentaires qui n'étaient pas permis dans l'autre enfilade. Et je pense que cela prète à commentaires .

  7. #7
    Alternateur de présence
    Hearts of Iron 2: Armageddon

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    Qu'est ce que je me marre...

    Le coup des petits soldats couleur carmin et des mignons:

    Et c'est vrai que contrairement à Dist, je pense que cet AAR a largement sa place ici.

    Continue sur ce ton
    Le Dogme Crusader Kings : une manière originale de jouer
    AAR CK Comme dans une histoire pour dames de Somerset MaughAARm 1066-1166. AAR Terminé
    et son DictionAAiRe ;
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    AAR Vicky AARlerte Rouge, une fanfic hautement culturelle abandonné
    AAR HOI Le destin du MAARéchal Laake, un AAR au pays du saumon

    But if we fail, then the whole world, including the United States, including all that we have known and cared for, will sink into the abyss of a new Dark Age made more sinister, and perhaps more protracted, by the lights of perverted science.Let us therefore brace ourselves to our duties, and so bear ourselves that if the British Empire and its Commonwealth last for a thousand years, men will still say, 'This was their finest hour. Winston Churchill, 18 juin 1940

  8. #8
    Quote Originally Posted by Lieutenant_Dan
    Et c'est vrai que contrairement à Dist, je pense que cet AAR a largement sa place ici.
    V'là le procés d'intention! Non mais je vous jure!

    J'ai jamais dit qu'il n'avais pas sa place c'est juste que je me demandais pourquoi Klou mettais son AAR ici alors que les autres AAR de la partie restaient dans le coin des multijoueurs.

    Autant tout mettre ensemble ou pas... Moi j'avoue que ça me perturbe un peu mais en même temps je m'en fout.

  9. #9
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    Et d'ailleurs je lui avais aussi conseillé de mettre son AAR Victoria "guerres Hanse/Chine" tiré de la conversion du multi aberration. Quand je revois certains AAR qui n'ont même pas dépassé la première année, je me dis qu'il pourrait nous faire un truc light et sympa avec la Hanse à Vicky!
    Le Dogme Crusader Kings : une manière originale de jouer
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    et son DictionAAiRe ;
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    AAR Vicky AARlerte Rouge, une fanfic hautement culturelle abandonné
    AAR HOI Le destin du MAARéchal Laake, un AAR au pays du saumon

    But if we fail, then the whole world, including the United States, including all that we have known and cared for, will sink into the abyss of a new Dark Age made more sinister, and perhaps more protracted, by the lights of perverted science.Let us therefore brace ourselves to our duties, and so bear ourselves that if the British Empire and its Commonwealth last for a thousand years, men will still say, 'This was their finest hour. Winston Churchill, 18 juin 1940

  10. #10
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    Quote Originally Posted by Disturbman
    ... Moi j'avoue que ça me perturbe un peu
    Tu veux dire : plus que d'habitude ?

    J'ai pas pu m'en empêcher

  11. #11
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    Pff, moi-même je n'ai pas osé...

    En tout cas, Lord continue, j'aime beaucoup ton style (et il est un peu plus travaillé que le mien, quel plaisir de lire tes écrits )
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    But if we fail, then the whole world, including the United States, including all that we have known and cared for, will sink into the abyss of a new Dark Age made more sinister, and perhaps more protracted, by the lights of perverted science.Let us therefore brace ourselves to our duties, and so bear ourselves that if the British Empire and its Commonwealth last for a thousand years, men will still say, 'This was their finest hour. Winston Churchill, 18 juin 1940

  12. #12
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    Merci c'est sympa. C'est surtout parce que je raconte assez peu ce qui se passe dans la partie en fait : pour moi c'est juste un prétexte pour inventer une histoire. Formation de lettreux oblige

  13. #13
    Quote Originally Posted by Lord_Klou
    Tu veux dire : plus que d'habitude ?

    J'ai pas pu m'en empêcher
    Cool, je vais manger du pigeon ce soir!!!

    Miam Miam Miam

  14. #14
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    Bon je ne résiste pas à la tentation : j'ai écrit mon chapitre de la semaine prochaine mais il va très bien à la suite du trois, donc le voilà.

  15. #15
    Quote Originally Posted by Lord_Klou
    Bon je ne résiste pas à la tentation : j'ai écrit mon chapitre de la semaine prochaine mais il va très bien à la suite du trois, donc le voilà.
    Oublis pas les teutons quand même Klou.

  16. #16
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    J'ai plus envie de rigoler en ce moment que de faire dans le sérieux. Mais je compte écrire encore deux épisodes pour les teutons.

  17. #17
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    Chapteur fort (petit mais costaud) : un bain de jouvencelles

    Angleterre 1480- 1488

    - J’en ai ras-le-bol !
    Herbert se tenait face à Lord Klou. Il était visiblement furieux mais pas à sa manière habituelle. Au lieu de sangloter et de battre l’air de ses poings il se tenait une main sur la hanche et l’index tendu vers son chef. Il était également couvert de boue de la tête au pied et dégoulinant de… quelque chose répandant une odeur infecte semblable aux latrines du camp et d’une couleur pizza oubliée dans un coin du frigo.
    - Ras-le-bol ! Je suis votre aide de camp, nom d’un petit pompon ! Pourquoi vous me faites faire toutes ces conneries ?
    Le sourire du général s’élargit encore d’un cran. Il allait bientôt atteindre les oreilles et semblait enclin à les dépasser.
    - Quel langage pour un jeune homme si bien élevé.
    - Ah ça suffit maintenant ! Passe encore de me faire galoper d’un bout à l’autre du camp pour me faire porter des messages idiots…
    - Tss, tss, tss : la communication est primordiale dans une armée…
    - Ah ouais ? Alors vous m’expliquerez l’importance stratégique de celui que j’ai porté ce matin à l’aube. Je cite de mémoire : « Tenez ce bouffon occupé pour la journée. » Je vous signale d’ailleurs que je suis extrêmement blessé par ce qualificatif injurieux.
    Le général eut le bon goût de paraître gêné devant les larmes qui commencèrent à couler sur les joues du jeune homme et de ne pas lui faire remarquer que décacheter des ordres écrits était passible de la cour martiale. Mais à sa grande surprise ce dernier se ressaisit aussitôt et repris sa diatribe véhémente :
    - Vous savez comment il m’a occupé le capitaine Norfolk, hein ? Vous ne savez pas ?
    - A votre mise je gagerais qu’il vous a fait le coup du parcours du combattant chronométré : c’est sa marotte. En revanche pour l’odeur…
    - Chaque fois que je mettais plus de trois minutes il m’obligeait à récurer une latrine ! Avec mon chapeau en guise de serpillière ! Et les planches de la onzième latrine étaient pourries : je suis passé au travers !
    - Hum… Vous avez finalement réussi le parcours ?
    - Bien forcé : il ne m’a pas lâché avant ! C’est une horreur : vous avez vu à quoi je ressemble ?
    Le sourire s’élargit, fit le tour de la tête et disparut pour laisser la place à un air faussement grave. Lord Klou posa la main sur l’épaule du pauvre Herbert sans paraître dégoûté le moins du monde.
    - A un soldat, voilà ce à quoi tu ressembles Herbert.
    - Ah oui ? Et bien ils sont dégoûtants vos soldats ! Je veux retourner à la cour !
    - Dans cet état ?
    - …
    - Bon, Herbert je suis désolé de t’avoir joué ce vilain tour. Tu vas aller à la grande tente bleue près de la rivière, tu vois laquelle ?
    - Euh… oui, je crois. C’est pourquoi cette fois ?
    - Pour te baigner dans un bon bac d’eau chaude. Tu vas leur remettre cette lettre de ma part pour être certain que tout se passe bien.
    - Je peux la lire avant ? demanda le jeune homme d’un ton visiblement méfiant.
    - « Occupez-vous de ce garçon comme si c’était moi. Lord Klou. » C’est vraiment gentil, général. Je ne m’y attendais pas. Je peux y aller tout de suite ?
    - Va mon garçon.
    - Chic, chic, chic. Merci beaucoup.
    Herbert ne remarqua pas le petit sourire ironique qui accompagnait son départ.

    A l’entrée de la grande tente bleue la Grosse Lulu se tenait fermement les mains sur ses hanches débordantes. Elle s’adressa à un Herbert penaud avec sa délicatesse coutumière :
    - File de là le morveux. C’est réservé aux officiers ici.
    - Mais, madame, je suis l’aide de camp du général ! C’est lui qui m’a dit de venir ici.
    - C’est ça oui. On me l’a jamais faite celle-là. Dégage je te dis : tu pues plus qu’un cadavre de chameau malade.
    - Mais j’ai une lettre. Tenez, madame.
    La Grosse Lulu fronça les sourcils en se concentrant pour déchiffrer la missive. Cela ne lui laissait pas le moindre doute sur ce qu’elle devait faire. Elle fit une révérence que ne lui permettait guère son embonpoint et ouvrit largement la tente.
    - Veuillez vous donner la peine d’entrer, Messire.
    Puis elle beugla à tue-tête :
    - Les filles ! On a un client. On doit s’en occuper comme du général en personne. Au boulot.
    Aussitôt Herbert fut entouré d’un bataillon de jupons froufroutants et de corsages fort bien remplis quoique plus qu’à moitié dénoués.
    - Ho, mais il sent très mauvais le jeune sire… tu as eu une rude journée mon beau monsieur ? demanda Ninon, la jolie brunette, d’un air coquin.
    - Il est timide ce jeune garçon, on dirait. Ne t’inquiètes pas mon petit on va bien s’occuper de toi, renchérit la blonde Natacha en lui faisant un grand sourire éclatant de fraîcheur innocente. Enfin innocente ce n’était plus vraiment le cas depuis ses onze ans mais les hommes, allez savoir pourquoi, appréciaient cet air et Herbert n’était guère en mesure d’y voir malice. Manque de points de comparaison.
    - Euh… C’est vraiment gentil de votre part, mesdemoiselles… mais je … euh… je sais me déshabiller tout seul…
    - On est payé pour ça mon mignon, reprit la flamboyante rousse qui venait d’apparaître dans son dos. Je m’appelle Marie et toi ?
    - Euh… Herbert, mademoiselle… mais je… enfin pas mes chausses, je vous prie…
    - Il m’a dit « mademoiselle ». Comme il est mignon. Et tu comptes te baigner tout habillé mon petit Herbert ? Dit-elle en faisant glisser son plastron par-dessus sa tête. Mais il est bien tourné ce garçon, s’exclama-t-elle ravie.
    - Ouh, les jolis muscles fins reprit Ninon. Je sens que ça va être beaucoup mieux qu’avec tous ces gros balourds d’officiers. Allez on va dégager le plus gros.
    Herbert se prit quelques seaux d’eau délicieusement chaude sur la tête. Il se laissa ensuite diriger vers le bain. Puis remarqua quelque chose d’anormal. Agréable cela dit. Quelque chose de très doux qui remonta soudain la tête hors de l’eau.
    - Euh, mademoiselle… puis-je savoir pourquoi vous êtes dans mon bain ?
    - Chut… laisse-toi faire…
    - Mais c’est que… euh vous vous trompez… je ne suis pas… enfin non pas là. Mademoiselle ! Ho ! Mesdemoiselles ! NNNNNOOOOOOOONNNNNNNNNNNNNNNNNNN !



    Lord Klou était soûl comme un cochon. Disons plutôt soûl comme un troupeau de cochons tombés dans la cuve principale d’une brasserie. Il appréciait beaucoup les vins et alcools tirés des nouvelles distilleries dont il avait ordonné la construction en Champagne et en Guyenne. Et puis il fallait bien marquer le coup pour la nouvelle alliance avec l’Empereur Germanique. L’Empereur s’était bien gavé aux dépends de Kleves et nous aux dépends de la Bretagne. Déjà on avait appris à ces insolents nordistes à ne plus renvoyer les espions anglais par la poste. Restait plus qu’à leur faire quand même payer les timbres. La soirée dégustation s’était vraiment bien passée : il était le dernier à avoir vomi. Donc c’était les autres qui paieraient la tournée. Hé, hé, ces idiots de rosbeefs pensaient pouvoir lutter contre un champenois, pensa-t-il avec la fierté du pochtron qui a bravement accompli son devoir : rester debout au comptoir. La plupart de ses officiers ronflaient bruyamment dans la tente de commandement mais il n’avait pas trop sommeil. Il se sentait… stimulé. Il se dirigea en titubant vers la tente de la Grosse Lulu. Un peu de distraction ne lui ferait pas de mal.
    - Salut ma belle, dit-il en flattant par habitude la croupe charnue de la mère maquerelle. Quoi de… hic, de neuf ?
    Lulu jaugea en un instant l’état de son client favori. Il était mûr.
    - Du tout neuf, général : nous avons une nouvelle fille qui devrait vous plaire.
    - Ah… hic, ah ouais ?
    Lord Klou s’installa confortablement dans les moelleux coussins en dodelinant de la tête. Finalement ces alcools étaient trompeurs… ou alors la brume de la rivière s’était infiltrée dans la tente. Il vit s’approcher une jeune femme blonde, délicate mais outrageusement maquillée.
    - Bonsoir, Monseigneur. Je me nomme Bertie.
    - Ah… très joli… hic, nom. Approche ma toute… hic, belle.
    - Oh, oui Monseigneur.


    Il était près de midi quand le grand général émergea des brumes du sommeil. Une cohorte de légionnaires défilait sous son crâne en faisant des claquettes. Il était seul dans le lit. Il aurait pourtant juré s’être couché avec une fille… une certaine… euh… Bon. On ferait le point plus tard. Première étape : retourner à la tente de commandement et avaler quelque chose de chaud. Mais pourquoi la terre bougeait comme ça, bon Dieu ! Je ne boirai que de l’eau jusqu’à ma mort se jura-t-il pour la centième fois. Bon. Faut prendre des mesures pensa-t-il. Et il se jeta dans la rivière, but la tasse, crachota, toussa et regagna la berge. Arrivé dans sa tente il se déshabilla et se frictionna consciencieusement. Puis mit des habits secs et confortables. Il s’assit sur son tabouret habituel. Grimaça. Etrange cette douleur. Comme s’il avait chevauché toute la journée d’hier mais en plus… localisé. Il mit un coussin sur son tabouret et n’y pensa plus. Son aide de camp entra dans la tente pour prendre les ordres de la journée. Lord Klou remarqua son sourire éclatant.
    - Tiens, Herbert. On dirait que vous avez apprécié votre petit séjour chez Lulu ?
    - Oh, oui Monseigneur. Répondit le jeune éphèbe avec un clin d’œil qui figea sur place le général. Ce dernier passa par toutes les couleurs répertoriées de l’arc-en-ciel et quelques autres seulement visibles par les insectes. Il se précipita hors de la tente en hurlant.
    Herbert fit une petite moue et soupira :
    - Pffff… il est parti…

  18. #18
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    Très bien ton AAR, par contre avise toi pas de toucher à l'Aragon, je risque de pas être gentil.

  19. #19
    Vas-y dépèce l'Aragon!!!

    Mais comment se fesse que ton screenie soit aussi mauvais dans le dernier chapitre?

  20. #20
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    Quote Originally Posted by Disturbman
    Vas-y dépèce l'Aragon!!!

    Mais comment se fesse que ton screenie soit aussi mauvais dans le dernier chapitre?
    J'ai un peu trop modifié l'image, surtout le grossissement a fait perdre de la netteté.

    J'aime beaucoup le "se fesse" Tu te mets au style de la cour d'Angleterre ?

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