Il n'y pas si longtemps il y avait eu un débat concernant la pertinence de l'Histoire de Belgique, de l'Histoire de la Flandres, de la Wallonie etc...
1. L'Histoire de Belgique: la référence sur ce sujet c'est Henri Pirenne: son histoire de Belgique date du début du XXeme. Son objectif: écrire un monument et mettre en évidence pour les périodes avant l'indépendance de l'existence d'un "sentiment" belge.
Ce point fort de son travail est devenu son point faible. L'histoire c'est affinée, c'est normal mais ce qui est plus dommage c'est que la critique de Pirenne a nourri les propos des séparatistes...[qui ont versé dans l'effet inverse]
Disons que ce qui apparait maintenant, c'est que le sentiment "belge" il apparait au 18eme mais que ce n'est pas une priorité à l'époque, puisque jusque là, nos "occupants" étaient loin [Madrid, Vienne...] ce qui nous garantissait une certaine "autonomie".
Le seul problème c'est la guerre [surtout les guerres de religions et puis les guerres de Louis XIV]....pour toutes les puissances européennes, Bruxelles est une bonne base pour menacer Paris, donc peut importe qui est à Bruxelles, du moment que ce n'est pas la France
2. Les histoires "regionales" [Flandre, Wallonie,...]
En fait, le même problème survient que pour l'histoire de Belgique, avant l'indépendance, on a à faire à de multiples principautés, à des familles qui se partagent des terres mais il y a peu de traces de "sentiment régional".
Une exception peut-être, la principauté de Liège, qui est vraiment à part, le territoire coupe les Pays-Bas en deux, le prince évêque est un memebre du Saint Empire et contrôle un état qui sera indépendant du reste des Pays-Bas jusqu'au 18eme...
Les historiens qui tentent de faire de l'histoire "régionale" font donc plus de l'anti-pirenne...et tombent dans la simplification et l'amalgame. D'ailleurs, il n'y a plus beaucoup d'historien "régionaliste", ils sont devenus politiciens.
Pour l'histoire régionale après l'indépendance, c'est ridicule puisqu'on ne peut éviter la "Belgique" pour la période contemporaine.
3. actualité, séparatisme etc...
La possibilité existe réellement...ce n'est pas du domaine de l'impossible et on n'est pas à l'abri. On évoque plus le modèle Tchecoslovaque que le modèle Yougoslave.
Mais en fait, il est vrai que ca ne soulève pas les montagnes, le séparatisme c'est devenu la toile de fond des partis flamands mais on pourrait dire la même chose de la sécurité sociale pour les socialistes: on en parle beaucoup, c'est au choeur des discussions, mais on y touche plus trop après les élections.
Par contre, c'est devenu un bon moyen pour les hommes politiques de trouver des lampistes. L'autre communauté est un bon bouc émissaire.
En fait, le plus gros problème qui nous menace, c'est la non connaissance de "l'autre". Il n'y a plus/pas de médias communs et on traite, dans l'info, l'autre communauté comme on traite un pays étranger.
Ilest d'ailleurs amusant de constater que les Wallons connaissent bien la politique française [grâce aux chaines de télés françaises qui réalisent des cartons chez nous] et ne connaissent qu'un ou deux ministres flamands (maximum !).
Le corolaire à cette situation, c'est que les communautés se renferment sur elle-même: le folklore local connait une grande vague d'enthousiasme et devient un nouveau terrain politique, ca c'est la partie la plus "sympathique". l'autre versant, beaucoup moins amusant, c'est la montée du racisme et de la xénophobie [haine de l'étranger, du vieux, du citadin (le "Bruxellois")...]
Mais on est loin d'être les seuls à connaitre ca en Europe